‹ Vie de M. Olier, fondateur du Séminaire de Saint-Sulpice [microforme]Chapitre 239 sur 332 · Vie Ms, de M. Olier, par M.de Bretonvil · texte numérisé non relu

Vie Ms, de M. Olier, par M.de Bretonvil

‘ hiers, ton,

* NOTE 1, p 306,

(3) Mém. de M. du Ferrier, p. 154. — Analyse du 11° cahier des Mém.

aut, de M. Olter.

(4) Mém. de M. Baudrand, p. 13.

et RE

(1) Analyse du 11° cahier des Mém. autog. de

(2) Année Dominicaine, etc.

Remarques hi:toriques, t. 1, p. 466.

(3) Vie Ms. de M. Olier, par I.

Leschassier. p.

Là.

4) Remarques historiques, t. 1, p. 29

*NUTE Sf p.

(5) Vie Ms. de M. Bourdoise, in folio, livre 1", chap. iv. -- Vie de M. Oii:r, ai le P. Giry, 1"° part. ch, XU — Remarques historiques,t. in, p.

Olier, par M: de Bretonvilliers,t.

Otier, p. 136.

{\ Histoire de la Banlieue ecelésiastique de Paris,par l'abbé Lebæuf,in-12,t, ui, p. 170,

334 PARTIE 1. LIVRF Vir!. — 1641

une seconde retraite pour consulter Dieu de plus en plus, et se retira à la campagne le 90 de décembre, dans le même lieu où il avait été comblé de tant de faveurs (1). La maison qu'il avait louée à Vaugirard (2), et qui était située près de l'église (3) et de l’ancien cimetière (4), était peutètre la plus pauvre du village et la plus incommode*. Pour pouvoir y loger tous les ecclésiastiques qu'on espérait y recevoir, il fallut pratiquer des petites cellules dans un vieux colombier (5), et celui de tous qui était le mieux partagé, occupait une chambre qui en méritait à peine le nom. Ce fut pour eux un puissant motif de confiance, d'avoir été réunis par la Providence dans un lieu spécialement consacré à la très-sainte Vierge +. Il y avait alors dans l’ancienne église de Vaugirard, une statue miraculeuse de cette patronne de la paroisse, devant laquelle M. Olier allait se présenter tous les jours, et il témoigne qu'i! ne sortait jamais du lieu saint sans avoir récité à genoux un Ave Maria, aux pieds de cette image. « Je pensais au pouvoir ad- » mirable de la très-sainte Vierge, et à sa charitc » pour nous, écrivait-il quelque temps après ; er » qualité d'épouse du Pére éternel, elle est. corime » les autres épouses, dans l'usage de tous les biens » de son époux ; et comme sa bonté, sa douceur, sa » tendresse, ne sont pas moindres que sa puis- » sance, elle ne peut rien nous refuser. J'étais si

miérs compagnons. au commencement du mois de décembre de l'année 1641: et c'est par une pure omission de la part de l’imprimeur, qu'on lit dans la vie du serviteur de Dirt par le père Giry : au commencement de l’année 1641 (6).

+ Ce ne fut que dans le XV: siècle qu'on forma à Vaugirard une confrérie en l'honneur de S. Lambert. évêque de Maestricht, lequel fut regardé depuis comme second natron de cette paroisse (7). Vaugirard est même qualifié, dans le Catalogue d'entrée des ecclésiastiques du grand séminaire de Saint-Sulpice: Oppidum beatæ Mariæ Vallis Girardi. Voyez aussi les Réglements de la communauté de Saint-Sulpice, p. 2, note.

EU de plus 20 de dété comblé avait louée près de tait peutlus incom- ecclésias- : pratiquer bier (5), et , occupait om. Ce fut ce. d'avoir u spéciale- Il y avait d, une stala paroisse, ter tous les sais du lieu Maria, aux ouvoir adà sa charité aprés ; el est. cor\ime s les biens douceur, sa e sa puis- J'étais si

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ma à Vaugi- . évêque de cond natron ifié, dans le d séminaire lis Girardi.

le Saint-Sul-

» vivement convaincu de cette puissance, toujours » prête à se répandre, qu'il me semblait inutile » de lui rien demander , sa grande sagesse lui dé- » couvrant tous nos besoins, mieux que nous ne » les connaissons, et que c'était mème trop que » d'exposer nos désirs ; en sorte que j'étais content » et en paix de me tenir simplement devant cette »auguste et magnifique Maitresse des t: sors du » ciel(1) +. »

La nouvelle société n'était encore composée que de trois membres, M. du Ferrier, M. Olier et M. de Foix, qui en fut d'abord le supérieur (2); car M. Picoté, occupé de l'établissement de Madame de Villeneuve, ne put alors se joindre à eux”. Momme ils avaient épuisé leurs ressources. et s'étaient re duits à manquer même du nécessaire pour fournir aux missions et aux frais du séminaire de Chartres (3), ils ne vivaient presque que des aumôûnes que cette pieuse veuve leur envoyait. « Nous allâmes » à Vaugirard, sans domestiques, dit M. du Ferrier. »et nous y vivions fort petitement. Madame de » Villeneuve, qui faisait l'office de Marthe et pour- » voyait à tout (4), nous envoyait pour notre diner. » dans un petit chaudron, du potage et du bouilli, »et le soir un peu de mouton rôti. Nous étions » dans une satisfaction singulière (5). » Les occupations de ces pieux solitaires étaient la prière, la lecture de l’Ecriture sainte, l'étude; ils récitaient l'oraison du très-saint Sacrement, avant leurs contérnces (6), et leur dévotion pour Jésus-Christ. résidant dans cet adorable mystère, les portait mème à passer à ses pieds une partie du temps de leurs récréa’1ons (7). « Nous ne cornprenions encore »rien à ce que Dieu voulait de nous, dit M. du » Ferrier ; le Père de Condren avait toujours dit

+ Cette statue miraculeuse a été brisée pendant la Révolution. On raconte encore à Vaugirard que celui qui la frappa reçut dans ie bras un éclat de bois qui le laissa long temps infirme, à la vue de tout le pays.

(1) Mém, aut.

de M. Olier t. 1, p. 271.

(2) 1bid.t.1,p.

“NOTE 9, p.

Olier, par le P.

Giry, partie L°<, chap. xu. Remarques historiques,t. 111, p.

Olier, par M. de Bretonrilliers,t.

» Mém. de M. du Ferrier, p. 154.

6\ Analyse (du 1° cahier de:

Mémoires tie 31.

Olier.

7) Mém. sur laxiedeM.Olier, par M. Baudrand, p. 14.

(1) Mém. de M. du l'errier, p. 154.

(2) Mém. aut.

de M.du Ferrier, p. 155.—Vie de M. Olier, par M. de Bretonvilhiers,t. n1,p. 51.

M.Olier prend pourdirecteur le Père Dom Grégoire Tarrisse, et pour confesseur le P. Dom Bataille.

(83) Mém. de M. du Ferrier, Pe 177.

(4) Essai sur l'influence de la Relig.en l'rance pendant le xvit S.t.1, p. 452.

(5) Vie d'Alain de Solminihaec,

\G Essai, Ibid,

» qu'il le mettrait par écrit, et il était mort sans » l'avoir fait (1); mais nous étions persuadés que » DIEU agréait notre séjour à Vaugirard, par les » témoignages sensibles qu'il nous donnait de son » assistance, et doucement nous attendions qu'il >» nous manifestât ce qu'il désirait de nous (92). »

Dreu netarda pas à le leur faire connaître. Depuis la mort du Père de Condren, ils n'avaient pas de directeur à proprement parler; peu de jours après leur arrivée à Vaugirard, ils s’adressérent de concert au supérieur général des Bénédictins de la congrégation de Saint-Maur, Dom Grégoire Tarrisse+. On ignore de quel moyen se servit la bonté de Dieu pour ménager ce choix qui devait avoir tant d'influence sur l'œuvre de Saint-Sulpice. Le Père de Condren avait souvent parlé à ses disciples de ce Religieux comme d’un saint personnage (3), et il passait en effet pour l'un des hommes de ce temps les plus recommandables pour sa haute vertu, la sagesse de se: conseils, et son rare discernement des esprits. La Reine Anne d'Autriche. le cardinal de la Rochefoucault (4), M. Alain de Solminihac (5) en faisaient une estime singulière: saint Vincent de Paul le traitait comme un ami avec lequel il se plaisait à conférer sur les projets utiles à la religion (6). Mais quoiqu'il en soit des motifs qui déterminèrent les trois solitaires de Vaugirard à prendre de concert le Père Tarrisse pour leur directeur, on ne peut douter qu'ils ne l'aient fait par une conduite particuliére de la Pr vidence : et il en fut de mème à l'égard de M. Olier dans le choix qu'il fit aussi du Père Bataille pour son confesseur.

+ T'arrisse est l& vraie orthographe de ce nom, comme le prouvent deux lettres originales de ce saint Religieux. conservées aux archives du royaume. Section historique, L. carton 1978. Remarques de dom Luc d'Achery sur dom Gregoire Tarrisse, p. 8 et 27.

mort sans uadés que d, par les at de son dions quil us (2). »

tre. Depuis ent pas de jours apres rent de conctins de la ‘égoire Tarvit la bonté levait avoir Sulpice. Le ses disciples sonnage (3).

mmes de ce ar sa haute on rare disd'Autriche.

M. Alain de singulière, me un ami r les projets en soit des solitaires de ère Tarrisse ter qu'ils ne e de la Pr de M. Uher bataille pour

> nom. COMME hint Religieux.

historique, L.

L sur dom Grt-

VAUGIRARD. DOM TARRISSE 857

« C'est une merveille, disait plus tard le serviteur » de Dieu, en rappelant cette circonstance de sa vie, » comme la-miséricorde divine m'a mis entre leurs » mains. Dix-huit mois avant d'avoir pour Direc- » teur et Supérieur le Père Tarrisse et le Père Ba- » taille, Dieu me les montra en esprit : car me » voyant alors abandonné de mon directeur à cause » des mauvais bruits dont on l’entretenait, Notre- »* Seigneur me montra le Père Bataille à côté du Père » général de son Ordre que sa sainte Mère me » destinait (1).»

M. Olier, dans ses mémoires, revient plusieurs fois sur ce sujet : Il ne se lassait pas d'admirer la Providence, qui avant mème de leur faire connaître l'œuvre à laquelle ils étaient appelés, les adressa à ces deux Religieux auprès desquels ils allaient trouver tout le secours nécessaire pour le succès de leur entreprise. La paroisse de Saint-Sulpice, en effet, dont ils allaient être chargés et sur laquelle ils devaient établir le séminaire, dépendait, aussi bien pour le spirituel que pour le temporel, de l'abbaye de Saint Germain dans laquelle dom Tarrisse et dom Bataille, l’un comme supérieur général et l'autre comme procureur de la Congregation de Saint-Maur, avaient une autorité considérable. Et ce qui n'était pas moins important, ces deux Religieux avaient un désir immense de procurer l'amélioration spirituelle du faubourg. Dom Tarrisse, depuis surtout qu'il résidait à l’abbaye Saint-Germain, déplorait avec douleur la dépravation où était la paroisse Saint-Sulpice, et sa peine était d'autant plus amère qu'il se voyait dans l'impuissance d'opposer à un mal si universel et si effrayant des remèdes efficaces , quoiqu'il s'efforçât d'assister spir ‘uellement les paroïssiens, par quelques uns de ses Religieux, et de suppléer ainsi, autant qu'il était en lui, à l'insouciance du curé et de ses vicaires (2). De son côte le Père Bataille désirait si ardemment la réformation du faubourg,

Tom. 1. 99

(1) Mém. aut.

de .m. Olier, p.

bo, 122.

Dessein de la Providence dans le choix que M. Olier fit de ces deux hommes.

(2) Hiém. part., année 1643.

(1) Mém. part.

année 1643.

(2) Ibid. années 1641, 1642, etc.

Dom Tarrisse visite les solitaires à Vaugirard et les accom pagne.

qu'il s'était voué à Dieu en qualité de victime pour la procurer, même s'il le fallait, par l'effusion de son sang (1). Nous verrons bientôt les fruits de ces heureuses dispositions : ce que nous devons encore noter ici, c'est que l'événement semble montrer qu'une des fins principales que Dreu s'était proposées en plaçant ces deux Religieux à la tête de l'abbaye Saint-Germain, avait été de préparer une protection aux prêtres de Saint Sulpice.

Le Père Bataille, d'abord profès de l'Ordre de Cluni, se sentit attiré vers la réforme de Saint Maur, et il quitta son habit et son institut pour l'embrasser. Il y fut élu procureur général et y travailla durant plusieurs années : mais après avoir déployé toute l'énergie de son zèle pour l'établissement des œuvres de Saint-Sulpice, et quand le séminaire, nouvellement institué, eût été solennellement approuvé par l'autorité ecclésiastique et par l'autorité civile , alors il quitta la congrégation de Saint Maur et retourna à son ancien Ordre, comme si sa mission à Saint-Germain eût été remplie (2). Quant au Père Tarrisse, Dieu le retira de ce monde dès que ces œuvres furent accompiies, et avant même qu'on commençât la construction du séminaire ainsi que nous le dirons dans la suite.

Comme donc ce digne Général de la réforme de Saint-Maur, avait été destiné par la Providence divine, à concourir à l’accomplissement de son œuvre; à peine les trois solitaires de Vaugirard, lui eurentils fait connaître le motif de leur réunion, qu'il les confirma dans leur dessein, les assurant avec toute la confiance et la fermeté que donne l'Esprit de DrEu, qu'ils étaient appelés à servir utilement l'Eglise. Ii fit plus : malgré les grandes occupations de sa charge, il alla les visiter dans leur solitude; et leur donna tous les témoignages d'intérêt et de devouement les plus propres à les encourager. « Je ne

» puis assez admirer la conduite de Dieu sur moi, » dit M. Olier, voyant le soin particulier qu'il en a

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