‹ Vie de M. Olier, fondateur du Séminaire de Saint-Sulpice [microforme]Chapitre 253 sur 332 · s’'empressa d'aller visiter ses amis à Vaugirard · texte numérisé non relu

s’'empressa d'aller visiter ses amis à Vaugirard

(3) Mémoires Comme il était d'une humeur fort enjouée, il leur

tr ‘Ter: demanda, avec sa gaîté ordinaire, ce qu'ils se pro-

posaient donc d'entreprendre sur ce nouveau théà-

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VAUGIRARD. M. AMELOTE 359

tre, et si c'était à Vaugirard qu'ils prétendaient réformer le clergé de France. Cet entretien sembla n'être d'abord qu'une agréable et innocente récréation. Mais dès qu'ileût entendu parler M. Olier, ne doutant plus alors que leur réunion ne fût l'ouvrage de Dieu, ilse sentit pressé de se joindre luimême ä eux, pour concourir de concert au même

dessein (3). « Il nous semblait impossible, dit M. (3) Mémoires » Olier, de le voir se réunir à nous, à cause de ses %#:Baudrand,

» liaisons avec un autre, que nous ne devions pes

» recevoir dans notre Compagnie, et dont \l sem- » blait qu'il ne püût se séparer jamais. Lors donc » qu'il fût venu pour nous voir, notre Maître me fit » parler avec tant d'efficace, qu'il fut contraint » d’avouer que Dieu était avec nous, et qu'il se réso- » lut de devenir l'un des nôtres (4). » M. de Bas- (4) Mémoires sancourt quittant en effet l'air d'enjouement qu'il auf. de M. Olier, ÿ ; * LP TT . t.1. p. 238, avait pris d'abord : « Messieurs, leur dit-il , je suis » convaincu que je trouverai plus sûrement Notre- » Seigneur dans votre maison, que dans celle de » ma Mère; non ce n'est pas au milieu de leurs » proches que les ecclésiastiques peuvent recevoir » son Esprit. Mon parti est donc pris de vous de- » mander une cellule, et de vivreavec vous. » Comme il apercevait un colombier à l'extrémité de la maison où il savait que tout était rempli, il pria qu'on le laissât le maître d'en faire son appartement. « Vous le prendrez comme il vous plaira, ajouta-t- »il; mais je vous déclare que je ne retourne plus » chez ma Mère, et, dès ce soir, je prétends que » vous me donniez un lit dans votre maison. » Une déclaration si franche et si ingénue plut extrèmement aux nouveaux solitaires. Ils s'assemblèrent . (3) Mémoires pour un moment afin d'en conférer entre eux; et q. Baudrand, la conclusion fut, qu'il était leur ami, leur frère, et p: 15, 16. qu'il demandait les choses de trop bonne grâce XXVII. pour être refusé (1). A L'entrée de M. de Bassancourt dans la commu-

; + | .… mande à être nauté eut beaucoup d'éclat à Paris, où sa famille reçu.

EE

jouissait d'une grande considération, et ne fit guère moins de bruit que les longues instances de M. Amelote pour y être reçu lui-même. Après la mission de Normandie, M. Amelote voulut visiter à son tour les solitaires de Vaugirard; et, convaincu que leur société était l'ouvrage de Drev, il les supplia de le recevoir, non plus comme leur Supérieur, mais comme leur simple confrère. Sa réception devait offrir des difficultés. On peut se rappeler que l'année précédente, d'après un entretien avec la Sœur du Père de Condren, Religieuse Carmélite à Chartres, M. du Ferrier demeura convaincu que M. Amelote, à qui le Père de Condren n'avait jamais parlé de l'œuvre du séminaire, n'était point appelé de Dieu à y travailler ; et que M. Meyster avait déclaré la même chose à ses amis et aux Ora-

(2) Mémoires toriens dela maison de Saint-Magloire (1). Quoiqu'il

de M.duFerrier, p. 136, 141.

dût leur en coûter pour exclure de leur Compagnie un ami si vertueux, ils ne purent se déterminer à l'y admettre, et répondirent à M. Amelote qu'ils ne le croyaient point appelé à concourir avec eux au même dessein. Loin d'être arrêté par ce refus, il revint une multitude de fois à la charge, et pressa instamment M. Olier, que la Compagnie nomma bientôt supérieur. Personne n'était plus cher au serviteur de Dieu, que ce digne ecclésiastique, dont il connaissait l'érudition, la sagesse et la vertu; et ce qui l'attachait à lui plus fortement, était l'opinion qu'il en avait conçue depuis l'apparition du Père de Condren que nous avons rapportée, et dans laquelle ce saint homme lui avait dit qu'il le laissait héritier de son esprit ainsi que deux autres, dont l'un était M. Amelote. Dès ce moment. M. Olier avait regardé cet ami comme destiné par la Providence à être l'une des pierres fondamentales du nouvel édifice, et il avait persévéré dans cette opinion, jusqu'à ce que, pendant sa retraite, avant l'établissement de Vaugirard, il connut que Dieu avait sur lui d'autres desseins : car comme il offrait

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