EFFORTS IMPUISSANS POUR ÉTABLIR DES SÉMIN
que parut le projet d'établir, pour tout le royaume, quatre séminaires géncraux, auxquels se rapporteraient tous les autres. Mais ce projet, reçu d'abord avec applaudissement, parut'ensuite si difficile à exécuter, que l'assemblée jugea plus à propos de laisser à chaque évèque le soin de faire le mieux qu'il pourrait, dans son diocèse (1). La difficulté était de savoir quelle forme l'on devait donner aux séminaires, et à qui il convenait d'en confier le gouvernement. Selon le vœu du concile de Trente, selon les décrets de nos conciles provinciaux et les ordonnances de nos rois, les séminaires devaient être destinés pour des enfants. Le concile de Trente exigea seulement qu'ils fussent âgés au moins de douze ans, et sussent lire et écrire; et le Roi Henri III, par l'Édit de Blois publié en 1579, ayant recommandé aux Évèques de France, l'établissement de séminaires (2) : les conciles provinciaux qu'on célébra ensuite, celui de Rouen en 1581 (3), ceux de Bordeaux, de Rouen, de Tours en 1563 (4), exigèrent également que ces enfants eussent atteint leur douzième année. Mais, soit qu'on y eût reçu
+ Ce projet n'était pas tout à fait nouveau. Du moins, les évêques de la nouvelle province de Cambrai, ayant d'abord statué dans leur concile de 1565, de mettre à exécution le décret de Trente (5), furent ensuite si peu satisfaits des résultats, après essai de plus de trente ans, qu'ils ordonnèrent, dans leur concile de 1566, l'établissement, pour toute la province, d’un séminaire général, qui serait fixé à Douai à cause de l’université de cette ville, auquel l’archcvêque enverrait vingt sujets au moins; ct les évêques douze, tous choisis au concours (6). « Porro qüoad seminaria cleri- » corum, juxtà sacrosancti Tridentini saluberrimum decre- » tum institucenda : cum experientia in hac Provincia do- »cuerit, modicum fructum ex hactenus institutis prove- »nirc; neque in posterum, saltem pro præsenti Ecclesiæ » nccessitate, expectari posse : Hanc dationem quam toti » provinciæ utilissimam force confidit, hæc Synodus, incun- » dam duxit : nempè, ut in universitate studii gencralis » oppidi Duacensis ejusdem Provinciæ, unum pro tota pro- » vinciâ, communibus sumptibus Archiepiscopi, et suorum » Coepiscoporum .... erigatur. »
Tom. 1. 95
(1) Vie de .
Bourdoise, Ms.
in-folio, liv. 4, chap. 1.—Viedu même, Ms,in-4°,
(2) Explication de l'ordonnance de Blois par de Boutaric, 1145, in-4°, p. 42.
(3) Coneil.
Hard.,t.x, co.
(4) Ibid, col.
1575,1583,1638 etc.
(5) Concil.Harduini -- Concil.
Camerac., an.
1565, t. x, cap.
1v,de seminario, col. 579.
(6) Ibid. t. 1x, de seminariis, col, 2176,2177;, Vite
des sujets inhabiles à l'état ecclésiastique, ou que
(1) Vie de S. ceux à qui on en confia la direction manquassent
Lg re LL des qualités nécessaires pour en assurer le suc-
u, ch. v, p. 293. Cès (1), ces séminairés s'éteignirent d'eux-mêmes :
et si quelques-uns subsistaient encore, ils avaient
dégénéré en collèges. Saint Vincent de Paul, vers
l'an 1636, avait établi un séminaire de ce genre au
collège des Bons-enfants; et il reconnut bientôt,
qu'en formant des sujets trop jeunes encore pour
(2) Ibid. pag. Pouvoir connaître leur vocation, on ne procurerait