‹ Vie de M. Olier, fondateur du Séminaire de Saint-Sulpice [microforme]Chapitre 281 sur 332 · VAUGIRARD. LE'FRÈRE CLAUDE · texte numérisé non relu

VAUGIRARD. LE'FRÈRE CLAUDE

la mort, durant la cruelle famine qui ravagea la Lorraine sa patrie. Pour gagner sa vie, il travaillait, à Paris, chez un artisan de sa profession ; et là quoique occupé de son métier, il jeta un si grand éclat par sa vertu, qu'il devint bientôt célèbre. Des personnes de la plus haute condition accouraient en foule à sa boutique, pour l'entendre discourir des choses d” Dreu; et les jours de fêtes et de dimanches, où trère Claude ne travaillait pas, on voyait toujours une longue file de carrosses devant la maison de son maître. Les hommes, même les plus consultés, allaient à leur tour le consulter comme un oracle; et enfin, pour le rendre plus utile, on l'obligea, comme malgré lui, de sortir de sa boutique et d'entrer au service de M. Le Gauffre, qui,en 1641, venait de succéder au Père Bernard dans ses œuvres de charité. Ce fut auprès de M. Le Gauffre. que sa vie parut plus extraordinaire encore. Quoique d'un naturel fort gai, il était si occupé de Dieu, et cette application absorbait tellement les facultés de son âme, que, dans les rues de Paris, une des villes les plus tumultueuses qui soient au monde, il n'entendait ni bruit, ni fracas, ni carrosses, ni les cris de ceux qui l’avertissaient de se retirer, et ne distinguait presque rien de ce qui était sur son passage. Il était heurté, foulé, jeté par terre: on le croyait mort ou brisé, il se relevait à l'instant, et quoiqu'il fût souvent blessé, il se trouvait guéri sans le secours de personne (1). » C'est un homme d'une sainteté éminente, dit M. » Olier : il a presque perdu l'usage des yeux, tant

Mère de Dieu (2). Quoique si universellement mort aux choses de ce monde, Leglay était engagé dans l'état du ma-

‘ riage; sa femme lui survécut et trouva dans la charité du

séminaire un soutien et un appui jusqu'à sa mort. M. de Bretonvilliers légua même une somme à la veuvedu frèrè Claude, demeurant à Vaugirard, dans une maison appartenant au séminaire de Saint-Sulpice, avec prière à M. Tronson de la lui distribuer selon ses besoins (3).

(1) Vie de H.

Boudon,parCollet, t.1, p. 54 et suiv. — Le saint esclavage de la Mère deDieu,par Boudon, ïn:12, 1823, p. 188 et suiv,

(2) Le saint Esclavage,in 12, 1823, p. 1823 et suiv.

(3) Archives de l'Empire, sect.

domaniale 5, 7015, 10 juin 1676, codicile.

mn mt PSE

(2) Mém. aut.

de M. Olier,t.u, pag. 353, 337, verso.

Le frère Claude connait la vucationdeM.

Olier.

» il est absorbé par la présence divine, qui le retire » de la vue de toute créature; car il ne peut se » conduire seul dans les rues, ne voyant presque » point les lieux par lesquels il marche. C'est un » personnage dont l'intérieur est celui d'Elie, au » rapport de Marie Rousseau; et, comme d'ailleurs » ses actions, ses sentiments et ses dispositions le » font voir, il éprouve une impatience extrème de » sortir de ce monde pour aller à Dieu, à peu » près comme l'éprouveraient des âmes bienheu- » reuses si elles venaient habiter des corps mortels. » Il est semblable à ces flammes, qui, par des » mouvements incertains et rapides, se poussent, » s'agitent de tous côtés et s'élèvent toujours en » haut. Cet homme est un feu brülant et ar- » dent: il est tout embrasé du désir de voler en » Canaaa, et il disait dernièrement, tout ravi en » Dieu: Allons, allons à notre Maître, allons où il » nous veut, allons dans cette nouvelle église, » voulant parler de Montréal (1).

» Le mercredi, 16 juillet 1642, fête de Notre- » Dame du Mont-Carmel, étant allé dire la » sainte Messe dans l'église de Notre-Dame des » Champs +, je vis, pour la première fois, cet » homme vraiment rempli de l'esprit d'Elie. Plu- » sieurs personnes se rencontrèrent dans ce même » lieu: ce sont elles qui se préparent pour aller » en Canada, et qui s'occupent des affaires de la » religion dans ce pays. Frère Claude y vint aussi » de son côté; pendant toute la Messe, il ne fit » autre chose que demander à Notre-Seigneur ce » que je lui avais tant demandé moi-même de- » puis longtemps, c'est-à-dire, que je fausse tout » consommé en lui, et que tout mon vieil homme

+ C'était, comme on a déjà dit, l’église du monastère des Carmélites, aujourd’hui rue d'Enfer. Cette Eglise a été démolie, pour ouvrir la rue, appelée depuis du Val de grâce, et il n’en reste plus que le Vestibule, qui sert actuellement de chapelle aux Religieuses,

le retire peut se presque c'est un Elie, au l'ailleurs itions le trème de U, à peu bienheumortels.

, par des poussent, ujours en it et arvoler en it ravi en llons où il le église,

le Notre-

dire la Dame des fois, cet "Elie. Pluce même pour aller ires de la vint aussi |'il ne fit eigneur ce nème deisse tout eii homme

nastère des se a été déal de grâce, ctucllement

Page 1