SÉMINAIRE D'ALETH
Nicolas Pavillon ayant été nommé en 1637 à l'évêché d'Aleth, saint \’incent de Paul qui l'estimait et l'aimait lui donna deux d:. ses prêtres pour l'aider en ces commencements. On voit par une lettre du serviteur de Dreu, citée plus haut, (1) que le prélat les appliqua surtout à commencer un séminaire. Voici le passage de cette lettre qui est du 9 février 1622, « Et pour ce néanmoins que le saint concile de Trente » recommande les séminaires, nous nous sommes donnés à » Dieu aussi en cela partout où nous le pourrons. Vous » avez commencé à Annecy, Monseigneur d'Aleth qui a de » nos prêtres, fait de même; Monseigneur de Saintes a » même dessein et nous allons commencer à Paris pouren ce » faire un essai de douze » : à quoi Monseigneur le cardinal nous a aidés de miile écus (2)
Après avoir cité cetie ictire, le dernier historien de saint Vincent ajoute : « Ainsi au commencement de février 1649 » le séminaire des Bons-enfants allait naître, le séminaire » d'Aleth existait, ainsi que celui d'Annecy(3). »
Nous venons de voir combien en ce qui regarde Annecy cette conclusion était loin de la vérité. Elle n'est pas plus fondée pour le séminaire d'Aleth, si nous en croyons les biographes de M. Pavillon et l’auteur de la vie de M. Raymond Bonal.
Tous ces écrivains, en effet, nous parlent de cet établissement comme d'un séminaire-collége, dans lequel on recevait indistinctement des humanistes et d'autres clercs plus avancés; ils nous apprennent que, lorsque après deux ou trois ans de séjour à Aleth, les prêtres de Saint-Lazare quittèrent ce pays, et firent remplacés au séminaire par M. Raymond Bonal ecclésiastique du Rouergue, cet établis sement n'était encore qu'ébauché, qu'il resta longtemps dans cet état avant d'arriver à sa perfection, et qu'alors même on continua à y recevoir des élèves auxquels on donnait e:core des leçons de latin.'« Il n’y reçut plus, dit » l'historien de Monseigneur Pavillon en parlant de cette » seconde période, que des gens de dix-huit à dix-neuf ans; » et quant aux jeunes clercs répandus dans la campagne » sous la conduite des curés, dès qu'ils étaient en âge de » profiter on les y envoyait pour les perfectionner dans le » latin (4). »
Cet état de choses dura assez longtemps ct probablement bien au delà de 1648, époque où M. Bonal qui était chargé de donner des leçons de latin aux plus jeunes et des notions de théologie aux plus avancés, quitta l'évêque d'Aleth
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| | DU LIVRE NEUVIÈME * 499 ( pour retourner à Villefranche de Rouergue où il dirigea un (1) Vie Ms. de | k séminaire du même genre comme nous ledirons ailleurs(1). P. Bonal. Vie || 1 Noûs sommes donc en droit de conclure que dans salettre des quatre évêq., | | du 9 février 1642 le saint fondateur de la Mission, en par- AA € | 1 à l'évêché lant du Séminaire commencé à Aleth, n'entendait, comme , ” ; : dirait lui pour celui d'Annecy, qu'un séminaire-collége et nullement | ommence- un séminaire exclusivement affecté à des clercs ayant tercitée plus miné leurs études d'humanités. C'est donc sans fondement mencer un que son dernier historien s'est appuyé sur ce mot pour u 9 février mettre cet établissement dans la catégorie des grands sémide Trente nairés, et que, plaçant celui d'Annecy au même rang, il ; donnés à s'est cru autorisé à tirer cette conclusion : « De là il réns. Vous » sulte que c'est à tort que le séminaire de Vaugirard a été (9) Saint Vinh qui a de » dit le premier grand séminaire; les noms d'Annecy et cent de Paul,ete. Saintes a » d'Aleth tranchent tout (2). » ton, p. 172,175. pour en ce * le cardi- | $ TV. SÉMINAIRE ÉTABLI AU COLLÈGE DES BONS- | n de saint | évrier 1642
séminaire