‹ Vie de M. Olier, fondateur du Séminaire de Saint-Sulpice [microforme]Chapitre 295 sur 332 · ABANDON DE SOI-MÊME A L'ESPRIT DE NOTRE - SEIGNEUR · texte numérisé non relu

ABANDON DE SOI-MÊME A L'ESPRIT DE NOTRE - SEIGNEUR

NOTE 7, p. 405.— «Dieu m'a fait connaitre. par le chan- » gement qui s'est opéré en moi, dit M. Olier, un stratagème » de l'amour-propre: c'est de nous appliquef toujours à nous » considérer nous-mêmes, sous le beau prétexte de regar- » der notre misère pour nous en corriger: et c'est, en » effet, le moyen de n'en sortir jamais; car nous ne faisons » alors que nous décourager et perdre le temps, n'étant » pas capables de nous élever au-dessus de nous-mêmes. » Le moyen qui m'a beaucoup aidé, et qui en a aidé beau- » coup d'autres, à qui je l'ai proposé, c'estqu'étantcomme je » suppose, dans la grâce qui rend le Saint-Esprit présent > en nous, et ayant la volonté sincère de nous corriger de » nos défauts: au lieu de les éplucher +, il faut nous donner fréquemment au Saint-Esprit, afin qu'il nous élève au-des- » sus de nous-mêmes, et nous fasse agir par lui. C'est donc » à cet Esprit qu'il faut nous abandonner; nos âmes s'étant » égarées, déviées et aveuglées, il nous a été donné pour » les redresser, les diriger, les éclairer. C'est lui qui est > notre principal directeur, comme il l'était de notre Sei- » goeur JÉsus-CHRIST, de qui il est dit: Ductus à Spiritu in » desertum; rediit in Spiritu, et autres paroles semblables. » Aüssi, une âme vraiment chrétienne n'est-elle appelée spi- » rituelle, que parce qu'elle est conduite par le Saint-Esprit. » O! quel trésor que celui-là ! quel incompréhensible bien- >» fait! Combien de chrétiens laissent le Saint-Esprit im- >» puissant en eux-mêmes, pour ne pas vouloir consentir à » son opération divine ! Quel prodige que cet Esprit, tout- » puissant Prrs de nous. se tempère tellement avec nous, > que nous pouvons empêcher ses desseins. et lui résister » si nous voulons! Tous les hommes ensemble ne seraient » pas capables d'arrêter le mouvement d’une planète qui n'a » cependant pour principe que la force d’unesprit céleste +,

+ M. Olier ne veut pas exclure ici les examens de conscience, mais seulement ces retours inquietset curieux sur soi même, qui sont ordinairement le fruit de l'amour-propre, Sa doctrine, en cette matière, est analogue à celle de saint François de Sales. Introduction à la vie dévote, part. iv, chapitre 1x. — 7raité de l'amour de Dieu, liv. vu. chap. xiv.

tt C'est le sentiment des anciens sur le mouvement des astres. S. Thom. 1, p. quæst. 110. art. ur. Natura corporalis

de M. Olier, t.1, p. 4117.

ormth din.

(1) Mémi aut.

de M. Olier,t.1, p. 125, 126.

(2) Vies de:

Relig. de la Visitation, 1. XIV.

(4) Mém. aut.

de M. Olier, 1.1, p. 168.

» et un homme, quoique seul, peut, par sa liberté, s'oppo- »ser aux mouvements de l'Esprit créateur, qui attend son » consentement pour faire agir sa puissance divine. (1) »

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