‹ Vie de M. Olier, fondateur du Séminaire de Saint-Sulpice [microforme]Chapitre 296 sur 332 · MADAME DE VILLENEUVE ET MADEMOISELLE BELLIER · texte numérisé non relu

MADAME DE VILLENEUVE ET MADEMOISELLE BELLIER

NOTE 8, p. 417. — Les maîtresses d'école de. Vaugirard, à qui M. Olier adressa une exhortation, étaient celles que formait Madame de Villeneuve. Le serviteur: de Dreu estimait singulièrement cette pieuse fondatrice, non-seulement pour sa haute vertu, mais parce qu'il voyait en elle quelque chose de l'esprit et des maximes de saint François de Sales; et il aimait à lui entendre raconter les particularités de sa vie qu'elle avait remarquées. Madame de Villeneuve suivait elle-même, dans la direction de ses filles, les principes de ce saint évêque, son ancien guide ; et, empruntant le langage ingénieux qu'il parle à sa Philotée: « Ce grand Saint, disait-elle, coupe le cou au vieil » homme avec un couteau de sucre; car il n’y a rien de » si doux que ses écrits, et, toutefois, la mort de soi-même » s'ensuit en les pratiquant (©) » L'estime que M. Olier faisait de Madame de Villeneuve attira sans doute, dans sa communauté naissante, Mademoiselle Bellier, dont nous avons déjà parlé, et qu'il avait convertie à Illiers, près de Chartres, dans l'une de ses missions. Cette généreuse fille, après avoir quitté la maison paternelle, et renoncé au monde pour toujours, vint en effet à Vaugirard pour s'offrir à Madame de Villeneuve, qui conçut pour elle les sentiments de la plus tendre ct de la plus sincère affection. M. Olier continua aussi de la fortifier par ses conseils et ses avis; et peut-être parle-t-il d'elle, en terminant l'endroit de ses Mémoires, que nous avons cité plus haut: « Après cet entretien que je fis aux maîtresses » des petites écoles, dit-il, j'excitai l'une d'elles à retenir »une pratique pour l'instruction de ses pauvres: Mélas, » disait-elle, cela me touche trop le cœur pour l'oublier (3).» Au moins, l'éloge de Mademoiselle Bellier, publié après sa mort, nous permet de faire ici cette conjecture; voici ce qu'on y rapporte: « Souvent des personnes de grand mé- » rite et de vertu faisaient de ferventes conférences chez » les Sœurs de la Croix, qui, en éclairant l’entendement, » échauffaient aussi ardernment le cœur. Celui de Made-

nata est moveri immediatè a natura spirituali secundum locum : unde philosophi posuerunt suprema corpora moveri localiter a spiritualibus substantiis ; undè videmus quod'anima moy ?t cor: pus primô et principaliter locali motu.

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3ELLIER.

> Vaugient celles de Dreu on-seulet en elle nt Franles pardame de \ de ses n guide :

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en teryons cité aîtresses . retenir 3: Mélas, lier (3).»

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localiter Dy ?1 Cor:

» moiselle Bellier était fort Susceptible à l'amour divin, et » prenait feu lorsqu'elle entendait parler de Dieu, ou qu'elle » en parlait elle-même, ayant l'esprit actif et bon. Et M. »1 abbé Olicr témoigna un jour à quelques messieurs, » zélés comme lui du salut des âmes, avoir bien de la joie » de celle-ci, la regardant comme engendrée à Jésus-CHrisr > Par son ministère. Mademoiselle Belljer entra à la Visi-

»tation en 16514, où elle mourut saintement sous le nom » de sœur Marie-Joseph (1), »

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Tom. 1. 08

(1) Vie desReligieuses de la Visitation, tom.

Le Curé de Saint-Sulpice à Paris, désespérant de réformer sa paroisse, veut la quitter.

(1) Année Domin. elc.—Rem.

hist, t. 11, p.

Olier, par le P.

Giry, part. 1°, ch, xut, p. 525.

(2) Mém. sur laVie deM.Olier, par M. Baudrand, p. 19.— Vie de M, Olier, par le P, Giry, part. 1°°,ch. x1v.

Remarques histor., t, it, p.

le

(3)Bibliothèque de la ville de Paris. Vol. infolio, paroisse S.-Sulp. grar.

du Portail.

MONSIEUR OLIER ACCEPTE LA CURE DE SAINT-SULPICE A PARIS, ET Y TRANSFÈRE LE SÉMINAIRE FORMÉ A VAUGIRARD.

L'établissement du séminaire, formé à Vaugirard avec tant de bénédictions, devait cependant être consommé ailleurs. La Providence avait résolu de le fixer dans la capitale même, et de mettre M. Olier à la tête de la paroisse de Paris la plus nombreuse et la plus déréglée,afin d'offrir,en sa personne, à tous les prêtres qu'il devait former, le modèle d’un vrai pasteur des âmes (1). La paroisse de Saint-Sulpice, alors d'une étendue immense +, était devenue la sentine de la capitale, ou plutôt de toute la France. L'hérésie, l'impiété et le libertinage y régnaient impunément ; et l'ignorance des vérités de la religion y était à son comble (2). Une paroissienne, connue par son noble dévouement, la duchesse d'Aiguillon, affligée de tant de désordres qu'elle avait sans cesse sous les yeux, conjura saint Vincent de Paul de venir au secours de cette paroisse, et obtint de lui, quoique avec peine, une mission, qui eut lieu l’année 1641, et fut prèchée par les

+ Sans parler de la paroisse du Gros-Caillou ni de l'Hôtel des Invalides, on en a formé, depuis la révolution, les paroisses de Saint-Sulpice, de Saint-Germain-des-prés, de Saint-François-Xavier, de Saint-Thomas d'Aquin, de Sainte Clotilde, de Notre Dame des champs: et pour tout dire en un mot, avant que la nouvelle Eglise de Saint-Sulpice commencée par M. Olier eût été achevée, on comptait plus de quatre cent cinquante mille personnes sur cette seule

paroisse (3).

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ecclésiastiques de la conférence de Saint-Lazare, ayant à leur tête M. de Perrochel”* (1). Mais cette mission, malgré les sentiments depénitence qu'elle inspira à un grand nombre de pécheurs, sembla n'avoir servi qu'à montrer la grandeur du mal, et, en quelque sorte, l'impossibilité d'y appliquer un remède efficace (2).

Aussi, depuis ce temps, M. Julien de Fiesque, curé de Saint-Sulpice, qui n'avait jamais osé atta— quer de front, ni par lui-même, ni par ses coopérateurs, les désordres de ses paroïssiens, désespérant enfin de les réformer, prit la résolution de quitter sa cure, en la permutant contre quelque bénéfice qui fût à sa convenance. *

Il avait souvent entendu parler des ecclésiastiques réunis avec M. Olier à Vaugirard, qui avaient déjà donné tant de preuves de leur zèle pour le salut des âmes. Il connaissait même personnellement M. Olier; il avait pour lui une estime et une affection particulières (3); et il désira de l'avoir pour successeur. Une procession, que sa paroisse faisait tous les ans à Vaugirard, selon l'usage, le jour de saint Marc, 95 du mois d'Avril, fut l'occasion naturelle pour lui en faire la première ouverture (4); car ces ecclésiastiques remplaçant le curé de Vaugirard, toujours absent, devaient recevoir eux-mêmes dans l'église de ce lieu le curé et la procession de Saint-Sulpice. Après la cérémonie, il entra donc en conversation avec ces Messieurs: mais il trouva en eux plus d'éloignement pour cette charge, qu'il ne se l'était sans doute figuré. Non seulement M. Olier la refusa pour lui-même, maïs tous ses confrères imitérent son exemple: chacun redoutant trop un fardeau si pesant. On doit conclure de là que ni les Pères

+ M. Olier, dit Collet dans la Vie de saint Vincent de Paul, fit dans toutes les parties de cette vaste paroisse, ce que la mission, toute féconde qu’elle avait été, n'avait guère pu faire que dans une seule (à)

‘NOTE 1, p.

(1) Vie de S, Vincent de Paul, par Abelly, liv.

u,ch, ui, sect.1v, p. 261.—Vie du même , par Collet, Lu, t.1,p.

203.-Matér.de la main de M, Leschassier, pour la Vie de M. Olier, p.9.- Rem.

hist., t,1, p.24, etc

(2) Rem hist., t.1,p. 168.

* NOTE 2, p.

IT

M. Olicr et tous ses confrères, ignorant encorc le

dessein de Dreu sur cux,

refusent la cure de Saint- Sulpice.

(3) Copie des Mém. aut. de M.

Olier,t.1, p.122.

—Rem.hist., 1, p. 167, 168. — Vie de M. Olier, par le P. Giry, part. 1'°, ch.xur.

— Rem. hist., 1.

nt, p. b25.

(4) Ibid. Remarques historiques,t.1,p. 168.

(5)Collet, Vie in-4°,t.1, p.203.

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(UMém. de M.

du Ferrier. — Lebœuf, tn, p.

Tarrisse et Bataille, ni Marie Rousseau, ne leur avaient encore rien dit des desseins de Dreu sur eux, touchant la cure de Saint-Sulpice ; et ce silence absolu de leur part, est une preuve frappante de la sagesse toute surnaturelle avec laquelle ils se conduisaient dans cette affaire, pour que son accomplissement fût l'ouvrage de Dreu seul.

Mais peu après, les circonstances firent naître une nouvelle négociation. Comme Vaugirard est aux portes de Paris, et qu'il y venait souvent des paroissiens de Saint-Sulpice, pour se confesser à ces ecclésiastiques, M. du Ferrier alla demander à M. de Fiesque, s'il approuvait que ses paroissiens s'adressassent à eux. Celui-ci, après en avoir témoigné sa satisfaction, prit de là occasion de renouveler ses instances. « Mais, que faites-vous-là, Messieurs ? » dit-il. Si vous avez dessein de travailler au salut » des âmes, et d'assembler des ecclésiastiques, ne » leur donnez donc pas l’incommodité d'aller vous » trouver si loin; venez ici, je vous donnerai ma » cure, où vous aurez tout ce qui vous manque à » Vaugirard, et vos amis seront auprès de vous. » M. du Ferrier rejeta de nouveau sa proposition, sans vouloir l'écouter : le curé insista néanmoins, et le pria sérieusement d'y penser. « Vous pouvez, » dit-il, m'accommoder : je demande mille écus de » revenus : M. Olier possède le Prieuré de Clisson, » en Bretagne d'où je suis ; ce bénéfice rapporte » seize cents livres; joignez-y quatorze cents li- » vres de pension, et nous voilà d'accord +. » M. du Ferrier ne voulut jamais l'écouter paisiblement, et ils se stparèrent: M. de Fiesque le conjurant d'y penser, et l'autre rejetant sa proposition , par la considération d'un si pesant fardeau ; car la paroisse de Saint-Sulpice, surpassait alors en étendue, ct en nombre d'habitants, les plus grandes villes du royaume, après la capitale (1).

+ L'auteur de la vie de M. de Foix est inexact sur les circonstanzces de cet accord. Vies des évêques etc, tom. 11, p.190.

ne leur DIEU sur et ce si— “appante laquelle

irard est vent des nfesser à mander à roissiens ir témoinouveler essieurs ?

r au salut ques, ne aller vous ineräi Ma manque à de vous. »

oposition, sanmoins, s pouvez, le écus de e Clisson, rapporte cents li- .» M.du ement, et jurant d'y , par la la paroisse due, cten villes du

sur les cirm. 11, p.120.

Ce fut peut-être à la suite de cette visite, qu'arriva ce que rapporte M. Olier. « Un de nos Mes- » sieurs, dit-il, après avoir conféré avec M. de » Fiesque sur le sujet de la cure, eut la pensée d'en » informer Marie Rousseau » (qui demeurait dans le voisinage de l'Eglise de Saint-Sulpice). « Il fut » bien surpris à son entrée chez elle : car elle lui » rapporta toutes les circonstances de leur entre- » tien. Ce matin à neuf heures, dit-elle, vous étiez » avec M. le curé ... Il vous a parlé le premier de » la cure, et vous a fort sollicité de prier M. Olier de » s'y rendre favorable.» Si celui qui visita ainsi Marie Rousseau était M. du Ferrier, comme on peut le penser avec beaucoup de probabilité, il est bon de faire remarquer, que naturellement prévenu contre tout ce qui s'écartait des voies ordinaires, il avait déjà conçu contre elle des sentiments d'éloignement et de défiance, qui n'avaient fait que se fortifier depuis le commencement de l'établissement de Vaugirard : et dont-lui même rend compte avec ingénuité dans ses Mémoires. « Comme elle » recevait de grandes et extraordinaires grâces de » Dieu, et qu'à cause de cela elle avait beaucoup de

. » réputation et de crédit auprès du chancelier et

» des gens de considération : j'appréhendais ses » voies extraordinaires. Le Père de Condren » m'avait fait tant de leçons sur les voies qui s’éloi- » gnent du commun, que toute ma vie la crainte de » l'illusion est demeurée dans mon esprit; et que » j'ai fui les gens qui passent pour extraordinaires, » comme on évite les pestiférés. J'avais donc de la » peine à faire connaissance avec elle ; néanmoins » M. Picoté et M. Olier me pressant de la voir, > j'allais chez elle, quoiqu'en souhaitant de ne pas » l'y rencontrer ; et il arrivait qu'elle n'y était ja- » mais : de quoi j'étais bien aise. Enfin après quel- » ques mois, elle s’y trouva, et me dit, que toutes » les fois que je m'étais mis en chemin pour aller » chezelle, Dieu lui faisait connaître qu'il voulait

Dispositions défavorables de plusieurs des MM. de Vaugirard, à l'égard de Maric Rousseau.

(1) Mém. de M. du Ferrier, p.

Marie Rousszau déclare à M.Olier quele séminaire doit être transféré à S.-Sulpice.

» qu'elle sortit; ce qu'elle avait fait fidèlement. Je » sais par expérience qu'elle connaissait les choses » occultes : car un jour elle m'avertit qu'une con- » férence que j'avais préparée, et mise par écrit, » pour la faire à nos ecclésiastiques, et que per- » sonne n'avait vue, était trop forte et trop relevée; » me marquant de quelle manière je devais l'adou- » cir. Je puis rendre ce témoignage à sa vertu : que » quoique sa vie fùt toute extraordinaire, sa con- » duite était fort régulière,et que j'ai vu en elle une » très grande humilité et une fidélité exacte à sa ma- » nière de vivre, n'y ayant jamais reconnu tant soit » peu d'intérêt (1).» Mais M. du Ferrier ne forma ainsi son jugement sur Marie Rousseau , que peu à peu, à mesure qu'il eut occasion de la connaître davantage; et ses premières défiances persévérèrent toujours avant la translation du séminaire de Vaugirard à Paris, non moins que celles de plusieurs de ses confrères, comme on le verra bientôt.

Depuis l'arrivée de ces Messieurs à Vaugirard, elle avait l'esprit occupé presque sans cesse de leur future translation à Saint-Sulpice. Dans ses oraisons, il lui semblait que le nouveau séminaire, formé à Vaugirard, lui était montré sous l'image du jardin fermé du Cantique des cantiques; et ces premiers séminaristes , la plupart destinés par la divine Providence à former eux mêmes des prêtres, sous celle de fleurs, les quelles, quittant ce lieu où elles étaient écloses , allaient se réunir dans le jardin de la cure de Saint-Sulpice. Elle voyait aussi que d’autres fleurs, venant à leur tour de toutes parts, formaient, par leur réunion, un riche parterre, qui fournirait en abondance des plants de tous côtés. Elle était occupée de ces pensées, lorsque le 18 mai, qui fut un dimanche, elle se sentit poussée intérieurement, après la sainte communion, à faire à M. Olier les premières ouvertures de ce dessein, dont il ne connaissait rien encore.

. Elle lui déclara donc, que Dieu voulait, que le

nt. Je choses e conr écrit, le perelevée; l'adouu : que a CON-— lle une sa maint soit forma ue peu nnaître Tr sÉVÉninaire de pluientôt.

girard, de leur >s orai— re, forage du et ces s par la prêtres, lieu où s le jart aussi toutes riche plants ensées, se sen-

comertures encore.

que le

séminaire commencé à Vaugirard, fût transféré à Paris sur la paroisse de Saint-Sulpice; que son ministère y procurerait le salut d'un grand nombre d'âmes; et que l'offre faite et plusieurs fois réitérée par M. de Fiesque ; était un moyen ménagé par la Providence, pour développer et conduire à sa perfection cette œuvre si nécessaire à l'Eglise de France, et qui était destinée à servir de motif et de modèle pour la formation d'autres semblables établissements. (1) L'ayant enterdue parler de la sorte, M. Olier qui avait en elle une parfaite confiance, était tout disposé à consentir aux propositions de M. de Fiesque, qui le pressait jusqu'à l'importunité par de nouvelles instances (2), pourvu que de son côté, le Père Tarrisse son propre directeur fût de ce sentiment. Ce Religieux se trouvait alors à Vendôme, avec le Père Bataille, pour le Chapitre général de leur Congrégation ; et il est à remarquer qu'ils y furent maintenus l’un et l'autre dans leurs charges, ce qui n'arriva pas ainsi sans un dessein particulier de la Providence qui, comme nous l'avons déjà dit, voulait procurer par eux l'accomplissement de l'œuvre de Saint-Sulpice.

M. Olier, M. de Foix et M. du Ferrier, résolus donc de consulter le Père Tarrisse, s'assemblèrent auparavant , pour délibérer entre eux sur ce qu'ils auraient à lui exposer. M. du Ferrier rapporta à ses confrères son dernier entretien avec M. de Fiesque; et comme ils examinaïient la chose et que chacun donnait son avis : M. de Foix, marquait avec un crayon, sur le dos d'une lettre, les raisons pour et contre, afin d'aller les communiquer au Père Tarrisse. La cunclusion fut que le lendemain, dès le grand matin, M. du Ferrier partirait pour Vendôme. Il sortit en effet au point du jour, vers deux heures, et se rendit à Paris pour dire la sainte Messe et prendre ensuite la poste (3). Dans le chemin, il aperçut un météore qui, descendant du ciel, sembla fondre sur l'Eglise de Saint-Sulpice, et

(1) Him. particuliers, 1642.

(2) Vie Ms. de M. Bourdoise, in- 4°, liv.iv,ch.iv.

DomTarrisse consulté, est d'avis que le séminaire soit transiéré à S.-

Sulpice.

(3)Mém. de M.

du Forrier, p.

lui rappela ce que dit Notre-Seigneur dansl'Evangile (au sujet des effets puissants de la prédication des apôtres : videbam satanam sicut fulgur de cælo (1) Luc., eh. Cadentem : je voyais satan tomber du ciel, comme la x, v, 18. foudre (1); et quoiqu'il sût que c'était un effet naturel, il ne laissa pas d'adorer Dieu sur le sujet de son voyage, qui pouvait réjouir l'Eglise et confondre le démon. Il arriva le soir même à Vendôme. Aussitôt que le Père Tarrisse eût appris le sujet de son voyage, il lui déclara, que c'était un ouvrage de la main de Dieu, pour l'établissement du séminaire ; qu'il fallait l'exécuter sans perdre de temps. Il fit plus encore : il lui offrit pour assurer le succès de cette œuvre, tout ce qui pourrait dépendre de leur Congrégation, ce qui n'était pas peu de chose : la paroisse de Saint-Sulpice, immédiatement dépendante alors de Rome, étant sous leur juridiction, et tout à fait exempte de celle de l'archevèque de Paris. « Cette circonstance , » écrivait dans la suite M. du Ferrier, « a fait paraître visiblement la sa- » gesse de Dreu et sa providence, applanissant ainsi » toutes les difficultés, qu'on aurait trouvées au- » près du conseil de l'archevêque, en se fixant sur » une autre paroisse de Paris. Car il aurait fallu » non seulement convaincre et persuader le conseil » de la possibilité de l'entreprise du séminaire, :ce » qui eut été alors bien difficile ; mais encore il cût » fallu lui faire goûter ses pratiques , ses exercices, » et lui faire agréer le choix des personnes pour le » conduire. Enfin, on aurait eu de plus à surmon- »ter tout ce que la jalousie et la prévention au- (2) Mém.deM. » raient suscité chaque jour d'obstacles contre cette

A Ferrier, p. » œuvre (2). »

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