‹ Vie de M. Olier, fondateur du Séminaire de Saint-Sulpice [microforme]Chapitre 297 sur 332 · VL. À son retour de Vendôme, M. du Ferrier, sans · texte numérisé non relu

VL. À son retour de Vendôme, M. du Ferrier, sans

Les MM. de différer davantage, alla voir M. de Fiesque. Celui-

bas cr uv ci l'ayant aperçu, lui demanda aussitôt quelle ré-

de S.- Sulpice. ponse il venait lui faire. «J'ai communiqué votre

Oppositions » proposition à mes amis, lui dit-il, ils n'en sont pas

contre ce des- » éloignés; et m'ont chargé de savoir de vous sein.

ccès de de leur ose : la dépenliction, que de la suite t la saat ainsi es auant sur it fallu conseil ire, ce e il cût brcices, pour le monon aue cette

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Celuielle révotre

ont pas vous

» votre dernière conclusion , et les conditions que » vous y mettez ». M. de Fiesque répéta ce qu'il avait dit, et, sans autre discours, lui donna sa parole(1). A peine eut-on connaissance, dans Paris, de la proposition faite à M. Olier, qu'il se forma, pour le supplanter, une cabale secrète (2); mais, d'une parole, Marie Rousseau la déjoua, ou plutôt la tourna en moyen de succès. « Le 22 de Mai, » dit M. Olier, elle vit, dans une lumière intérieure, » deux ecclésiastiques, qui, à l'autre bout de Paris, » prenaient enkemble leurs mesures pour faire » échouer ce dessein, et sur l'heure, elle en fit » part à une personne qui demeurait avec elle. » Le lendemain l'un d'eux venant la voir, elle » alla à sa rencontre, comme il entrait dans la » maison, et lui dit aussitôt en toute simplicite: » Hé bien, Monsieur, vous allez remuer beaucoup; » vous voulez donc empêcher l'œuvre de Notre- » Seigneur? Hier, entre quatre et cinq, vous ct » telle autre personne, vous vous en occupiez vive- » ment. Je vis bien que le démon, travaillant à » la rompre, sut faire une forte impression sur » votre esprit; mais prenez garde à ce que vous » allez faire. Ces paroles changèrent tellement les » dispositions de cet ecclésiastique, ajoute M. » Olier, qu'il vint à Vaugirard: et nous pressa lui- » même d'accepter la cure (3). »

Cependant on fut étonné à Paris de cette entreprise. Chacun était persuadé que la réforme d’une paroisse aussi vaste et aussi dépravée que l'était le faubourg Saint-Germain, surpassait de beaucoup les forces de M. Olier et de ses coopérateurs ; et M. du Ferrier rapporte mème que leurs meilleurs amis s'en fâchèrent. M. Renar, dont on a déjà parlé, vint à Vaugirard leur faire une vive réprimande sur la témérite qu'ils avaient eué, disait-il, d'entreprendre la construction de cette tour, qu'ils n'étaient pas capables d'achever, n'ayant, aûcune des qualités nécessaires

(1) Hém. deM.

du Ferrier, p.

Olier, par M. de Bretonvilliers,t.

(3) 1b. p. 427, 428.— Mémoires aut. de M.Ulier.

(1) Mém.deM.

du Ferrier, p.

NII.

M. Olicr refuse de se charger luiméme de la Cure.

(2) Mém. aut.

de M. Olier,t.u, p. 6.

ct avec tant d'imprudence, qu'ils exposeraient toutes les personnes de piété au mépris et à la moquerie de ceux qui verraient ce dessein tomber dès sa naissance. Lorsqu'il leur eut parlé sur ce ton, ils le remercièrent de ses avis, lui dirent qu'ils n'avaient pas agi sans consulter la volonté divine, ajoutant qu'ils méritaient la confusion qu'il prévoyait devoir tomber sur eux, et qu'ils le conjuraient de demander pour eux la grâce d'en faire un bon usage. Il se récria là-dessus, en disant : Voilà justement ce que nous avions dit: quand on les avertira de leur conduite imprudente, ils croiront en étre quittes en faisant un acte d’'humiliation; et cependant, la piété sera décriée, et les gens de bien méprisés, parce qu'il plaît à ces Messieurs de tout entreprendre, sans avoir de quoi soutenir. Ils le prièrent, néanmoins, de leur pardonner, et de les secourir de ses conseils, afin que l'œuvre de Dieu n'échouât pas (1).

En se rendant favorable au projet de la cure sur la réponse du Père Tarrisse, M. Olier n'avait pas dessein de s'imposer à lui-même personnellement un si lourd fardeau, quoiq :: , dès la première entrevue, Marie Rousseau lui eût déclaré, que c'était lui qui devait être curé de Saint-Sulpice. « Le premier jour que je lui parlai de la cure, je » lui exposai, dit-il, le désir que j'avais de la faire » tomber entre les mains d'un homme de bien:

» ajoutant que j'étais disposé à céder l'un de mes » bénéfices,’ pour permuter avec M. de Fiesque, » comme il nous l'avait demandé. Non, me dit- » elle, il faut que ce soit vous-même qui preniez » la cure de Saint-Sulpice (2) ». Néanmoins trop faible à ses propres yeux pour s'imposer une telle charge, il essaya de la faire accepter par quelqu'un de ceux de ses prêtres qu'il jugeait plus capables que lui de la porter; et tous ceux à qui il s'adressa la refusèrent. Quelques uns, touchés par l'espérance des grands fruits que pour-

seraient et à la tomber sur ce | dirent volonté on qu'il le conen faire disant :

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cure, je la faire bien :

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rait produire, dans une si vaste paroisse, une compagnie d'ecclésiastiques gouvernée par un homme telque M. Olier, étaient d'avis qu'il l'acceptât pour lui même : maïs il n'osait pas s’y résoudre par un effet de sa profonde humilité : La vue des témoignages d'estime, d'honneur et d'affection dont il serait l'objet dans cette cure, surtout de la part des grands, lui inspirait les plus vifs sentiments de crainte, et le portait même à prier Dieu avec instance, de l'éloigner de lui, pour le soustraire par là à ce danger (1). Ce qui le confirmait encore dans cette disposition, était l'opposition de plusieurs de ses confrères contre l'acceptation de la cure. Aussi se croyant fort de leurs raisons, alla-t-il les exposer à Marie Rousseau.

« La veille de l’Ascension 28 Mai, dit-il, lui pro- » posant les difficultés qu'on m'objectait à moi- » même, elle me dit: Faites ce qu'il vous plaira ; » mais, malgré l'avis contraire de tant de personnes, » vous serez curé. Que d'autres vous disent ce qu'ils » voudront : toutefois, vous serez curë de Saint- » Sulpice, Dreu le veut. Elle me dit de plus, qu'une » personne qui traversait notre dessein, nous obli- » gerait de donner à M. de Fiesque, plus que nous » n'étions d'abord convenus (2).» La chose en effet arriva ainsi : car, au lieu d’une pension de quatorze cents livres(3), il en exigea dix-huit cents. (4) « Elle m'a assuré depuis, dit-il encore, que Dieu » voulait que je fusse curé de Saint-Sulpice ; que » cela serait ainsi (5); et que je devais m'abandonner » courageusement à Dieu pour le servir dans la con- » duite de cette paroisse. Qu'à la vérité je devais » m'estimer heureux d'avoir été associé, par Notre- » Seigneur, à une Compagnie aussi capable de me se- «courir que la nôtre, mais sans m'appuyer pourtant » sur elle ; et que je demeurasse ferme quand même » tous ces Messieurs viendraient à m'abandonner, »et se sépareraient pour aller servir Dieu ail- » leurs(6), Elle à même déjà écrit le bien, que D'Eu

(1) Mém partivuliers,

Maric Rousscau assure que M. Olier doit étre lui méme curé,

(2) Mém. au.

de M.Olier,t.u, p. 4. — flemarques historiques, t.1, p. 221.

(3) Mém. deM.

du Ferrier, p.

(4) Mém. sur la Vie de M. Olier, parM. Baudrand, p. 19.

(5) Mém. aut.

de M. Olier , 1.

un, p. Î.

(6) Mém. aut.

de M. Olier, t.u, p. à.

(1 Mém. aus. ? dit-elle, fera par nous dans cette paroisse, selon la de M.Olier,t.u, » lumière qu'il a plu à Dieu de lui en donner (1). » Le Fi Mais ceux des prêtres de M. Olier, qui

L'avis de Ma- étaient opposés au projet de la cure, ne pouric Rousseau vaient prendre aucune confiance aux promesses

vivement de succès que leur donnait Marie Rousseau ; il combattu. en était de même de tous les autres à l'exception

de M. Olier, de M. de Foix et de M. Picoté.

Tous étaient effrayés des difficultés morales et matérielles que présentaient l'établissement du séminaire à Paris et la réforme du faubourg Saint- Germain. S'étant épuisés pour fournir à l'essai de Chartres, et à l'établissement naissant de Vaugirard, et se voyant alors sans ressources assurées pour i'avenir, ils regardaient comme une tentative imprudente et téméraire de se charger de ces deux nouvelles œuvres qui exigeraient de grandes dépenses de leur part. Ils opposaient les plus forts arguments aux lumières de Marie Rousseau ; ils lui demandaient quelles preuves elle avait à leur donner de la certitude de ses promesses; et comme elle n'alléguait que la simple assurance des effets qui arriveraient un jour, dont ils seraient eux-mêmes témoins, ilsne pouvaient prendre aucune confiance en ses paroles.

X. Au milieu de ces contestations, qui depuis près iérapiile à à d'un mois tenaient l'affaire de la cure en suspens, par ses anci- DIEU voulut, sans doute pour diminuer les défianens direc- ces de ces Messieurs, dont la plüpart connaissaient teurs. peu Marie Rousseau, que les anciens directeurs de

celle-ci, au nombre de trois, allassent conférer avec eux sur le sujet même de ses lumières, dont.ils avaient été instruits les premiers. Ce fut d'abord le Père André, du couvent des Petits-Augustins, en grande estime parmi les personnes de piété, qui la connaissait depuis vingt-quatre ans, et l'avait toujours considérée comme une âme sainte, aux lumières de la quelle il avait eu lui-même recours, pour connaitre la volonté de Dieu dans les, cir-

Sclon la ner (1). »

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Picoté.

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constances les plus importantes de sa vie. Lesecond, fut le Père Ignace, Carme déchaussé, qui passait pour être favorisé de communications spéciales avec Dieu. C'était ce même Religieux que M.Olier, durant ses grandes épreuves, avaitinstamment prié de célébrer une neuvaine de Messes à son intention. et qu'il appelle, dans ses Mémoires, un homme fort doux, simple, caché au monde, un grand serviteur de Dœu. 1l avait tant de respect pour sa sainteté, que ce Religieux lui ayant écrit une lettre après cette neuvaine : il était allé la lire à genoux au pied de l'autel. Le troisième, fut un Religieux de la compagnie de Jésus, différent du Père Armand, qui était décédé. Ces trois Religieux allèrent donc conférer avec les prêtres de Vaugirard, sur cescommunications contre les quelles ils étaient si fort prévenus, et dont Marie Rousseau leur avait longtempsauparavant donné connaissance à eux mêmes. Ils firent, chacun de son côté, tout ce qui tait en leur pouvoir, pour la soutenir et la défendre contre leurs attaques, et aussi pour leur communiquer quelque chose de la confiance parfaite qu'elle leur avait toujours inspirée.

On ne saurait méconnaître dans ces oppositions la conduite de la divine Providence. Comme le séminaire qu'il s'agissait de fixer définitivement à Paris, devait servir de modèle et donner l'impulsion à tous les diocèses de France, pour la formation d'établissements semblables, Dieu, pour être reconnu seul auteur de cette œuvre, permit sans doute qu'elle füt regardée comme tout à fait impossible, par ceux mêmes qui étaient appelés à la réaliser. Du moins en permettant ainsi que la plupart des membres de la nouvelle société se montrassent d'abord défiants et incrédules, il fit en sorte que l'œuvre une fois accomplie fût regardée par tous ceux qui l’auraient traitée de chimère, non comme un dessein concerté par

les hommes, mais comme un ouvrage de sa sa-

Sur l'ordre des PèrcsTarrisse ct Bataille, M. Olier

accepte la cure,

(1) Beatif. et canonizat. Vincentii de Paulis, posit. super introduct. cause, cap. 11, heroïcitas virtutum omnium CXLI, p. 31, Romæ,infolio, 1709,

(2) Recueil d'hommes illustres, par Dum Boudier, Ms.in.

4°,p. 7, Bibliot.

Mazarine.

(3) Esprit de M. Olier.

* NOTE 3, p.

(4) Mém. aut.

de M. Olier, t.

1, pe 4.

Les compagnons deM.

Olier entrent dans ses vues, touchant la

cure ct la translation du séminaire,

gesse ct desa puissance, quine pouvait être attribué qu'à lui seul.

Indépendamment des assurances que cestrois Religicux donnaient aux prêtres de Vaugirard, d'autres personnes graves et d'expérience dont la prudence et le parfait désintéressement étaient connus, employaient auprès d'eux les plus vives instances, pour les déterminer à se rendreaux sollicitations de M. de Fiesque, que celui-ci, sans être rebuté de leur indécision, renouvelait toujours. De ce nombre était, selon toutes les apparences, Saint-Vincent de Paul, puisqu'on lit dans les procédures de sa canonisation, qu'il s'entremit avec succès, pour faire conférer à M. Olier la cure de Saint-Sulpice (1). M. Bourdoise, le Père Tarrisse, le Père Bataille, lui conscillaient aussi de s'en charger lui-même(9). Et enfin ces deux derniers que la Providence avait donnés pour directeurs à M. Olier, finirent par lui faire un commandement exprès de l'accepter et de conclure avec M. de Fiesque(3). Ne doutant plus alors de la volonté divine, il comprit que l'honneur qu'il recevrait en qualité de pasteur, et qui lui avait fait d'abord refuser cette charge, devrait lui servir d'occasion pour combattre en lui les saillies de l'amour propre, et pour donner toute gloire à Dreu seul. Dans cette disposition il alla s'offrir à la Trèssainte-Vierge, la priantde l'aider elle-même à porter ce fardeau. « Prosterné à ses pieds, dit-il, je me suis » trouvé en esprit comme une pauvre victime, aban- » donné à sa conduite, pour devenir ce qu'il lui plai- » rait; car il me semble que c'est dans cet esprit » que DrEu veut queje le serve, c'est-à-dire, d'hostie » dédiée à sa gloire, toute prête d'être égorgée et » immolce pour son amour (4).° »

Après qu'il eût ainsi accepté la cure de Saint- Sulpice, Dieu qui l'avait tenu jusques là dans l'ignorance de ses desseins, les lui découvrit clairement comme nous le dirons bientôt; et M. Olier ne négligea rien pour déterminer ses coopérateurs

attribué

rois Red'autres rudence 18, emstances, ions de suté de ombre cent de a canor faire (1). M.

lui con- .Etendonnés aire un nclure rs de la lil reit fait servir de l'aà Dieu à Trèsporter e suis abani plaiesprit hostie rée et

Baint— 'ignoment er ne teurs

à les exécuter avec abandon et confiunce; ce qu'il leur persuada aisément : car ces ecclésiastiques, qui avaient généreusement renoncé au monde pour gagner des âmes à DrEu, considérant que la cure de Saint-Sulpice leur offrait un moyen comme assuré de satisfaire ce désir: les plus défiants, aussi bien que les autres, entrèrent avec joie dans ses vues, résolus de se dévouer tout entiers à la sanctification de la paroisse et à l'œuvre du séminaire. Instruits des desseins de Dieu sur lui et sur sa société, M. Olier conclut donc avec M. de Fiesque, le % juin durant l'octave de la FÊTe-Dieu, le traité de permutation de la cure de Saint-Sulpice (1), dont il ne devait néanmoins prendre possession qu'après avoir reçu ses provisions de Rome, selon l'usage de ses prédécesseurs. En attendant, il chercha, pendant près d'un mois, l'occasion de se présenter à l'abbé de Saint-Germain, Henri de Bourbon, évèque de Metz. « Enfin, le jeudi 31 juillet, dit- » il, je lui fus présenté, seul de notre Compagnie, » pour servir la cure de Saint-Sulpice. 11 témoigna » une grande satisfaction de l'offre que je venais lui » faire, et me reçut à bras ouverts; et ce jour-là » même, sans aucun dessein prémédité de notre » part, les Messieurs de notre société, au nombre » de douze, vinrent à l'église de Saint-Sulpice, » comme pour ratifier, sans y penser, l'offrande » que j'avais faite le matin au nom de tous (2)°. »

Lorsqu'on lui objectait qu'avec le petit nombre de prêtres qui s'étaient joints à lui, il était impossible de convertir un peuple aussi nombreux que celui qui habitait le faubourg Saint-Germain : <Dru, répondait-il, qui m'a inspiré ce désir » par sa bonté infinie, ne peut-il pas l'inspirer à » d'autres, et leur donner la pensée de venir se » joindre à nous? Au reste, quand il nous laisse— » rait seuls, celui qui a su gagner tout le monde avec » douze Apôtres, ne pourra-t-il pas attirer à soi

(1) Factum pour M.de Fiesque, Ms. de la Bibliothèque HN.

Dupuy, 361, fol.

432, et auiv. — Mém. aut. dehf.

Olier, t. n, pag.

(2) Mém. aut.

un, p. 451, 455, 457; Liv, p.

* NOTE #4, p.

Oler, par M.de Bretonvilliers,t.

(2) Esprit de M. Olier.

Olier, par M. de Bretonvilliers,t.

1, pe 429,430, — Vie de M. Olier, par le P. Giry, partie 1'°, chap.

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