‹ Vie de M. Olier, fondateur du Séminaire de Saint-Sulpice [microforme]Chapitre 299 sur 332 · XIV · texte numérisé non relu

XIV

Pourquoi M.

Olier est ainsi persécuté par ses proches ?

(4) Mém. du P. Rapin, t. 1,

(1) Mém. du P. Rapin, t.1, P. 135, 136.

Sentimens divers desfrères de M. Olier, sur son acceptation de la cure.

(2) Mém. aut.

de M. Olier, t.

21, 422. — Vie de M. lier, par M .de Bretonvilliers,t.1, p.424, 426, 421.

* NOTE 4,p.

» Toute.sa famille voulut s'opposer à ce dessein : » car les gens de qualité regardaient ces bénéfices à » charge d'âmes, comme bien au dessous d'eux en » ce temps là; et sa mère ne pouvait pas se ré- » soudre, disait-elle, à voir son fils courir après un » trépassé, dans les rues de Paris, ce qui était une » des principales fonctions de son ministère. Mais » enfin il surmonta ces obstacles par le désir ar- » dent qu'il avait de servir Dieu, dans une si ample » mission qu'est celle de cette paroisse; il le fit en » effet commeil l'avait projeté (1). ».

Ces détails expliquent aussi, pourquoi l'un des frères de M. Olier, n'était pas moins indisposé contre lui, à raison de l'acceptation qu'il venait de faire. Il s'était figuré apparemment qu'il aurait chargé de la cure quelqu'un de ses prêtres, et se serait borné personnellement à la direction du séminaire, comme plus convenable à sa dignité d'abbé. « Mon frère ainé, dit-il, qui avait d'abord goûté » l'affaire de Saint-Sulpice, dans l'espérance que je » prendrais du train et paraîtrais dans Paris avec » éclat, ne peut plus me souffrir, depuis qu'il a » considéré la chose comme une cure, et sous le » titre de curé, qui semble être si méprisable au-— » jourd’hui. Il a su, d'ailleurs, que jene changerais » pas de manièrede vivre,et qu'au contraire jeretran- » cheraistouteapparenceettoutextérieur du monde; » carunprêtredoit détacher son cœur des vanités du » siècle, au moins autant qu'un religieux, qui serait » ridicule, s'il voulait prendre du train : de là vient » que, n'attendant de moi rien qui ressente l'éclat » et les honneurs du monde, il ne peut me souffrir, » ni moi, ni ma charge (2). Mon second frèré sait » que je fais profession de servir Notre-Seigneur ».en vérité, il n’en est pas choqué ; il estime cette » folie, que, par la miséricorde de Dreu, il reconnaît » maintenant être la vérité * : ce que je pense avoir » surtout été opéré par les prières de Marie Rous- » seau. J'espère qu'un jour Notre-Seigneur fera

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» encore miséricorde à mon frère aîné. Mais il n'est » pas aisé de le porter à Dieu, à raison, comme je » pense, des grandes charges et des emplois où il » prend plaisir, et qui ne lui laissent pasle loisir de > s'appliquer beaucoup à Dieu (1) #. Ilest fort dans » l'estime de l'honneur et des biens, ce qui est » l'erreur commune du monde. Je ne m'étonne pas > qu'il estime ce qu'il possède et ce qu'il voit priser » et estimer aux siens. Je suis beaucoup plus éton- » né du mépris que mon autre frère en fait, et du » dégagement dans lequel il s’avance. »

M. Olier était d’ailleurs convaincu qu'il n'aurait pu renoncer à la cure de Saint-Sulpice sans anéantir les desseins de la Providence sur lui : desseins que Dieu lui avait montrés autrefois d'une manière cachée, et dont il lui donnait alors la parfaite intelligence. « La cure de Saint-Sulpice que » je vaisoccuper, écrivait-il, me montre bien claire- » ment ma vocation, et l’état où Notre-Seigneur » désire que je le serve dans le clergé ; car, mainte- » nant, je me rappelle le songe que j'eus, il y a neuf » ou dix ans, dans lequel je vis saint Grégoire dans » un grand trône, saint Ambroise dans un autre » au-dessous de lui, plus bas la place d’un curé qui » était vacante, et bien au-dessous un grand nombre » de Chartreux. Ce songe me montrait peut-être » que je devais remplir cette place de curé, et ser- » vir l'Eglise, comme saint Ambroise et saint Gré- » goire l'avaient servie dans leurs dignités émi- » nentes ; et que le ministère curial était bien plus » utile et plus nécessaire à l'Eglise que les occupa- » tions des simples Chartreux (2). Dès qu'on m'eut » fait la proposition de la paroisse de Saint-Sulpice, » la plus déréglée de Paris, Dieu me montra qu'elle » serait tellement renouvelée par sa miséricorde et

+ Le frère aîné de M. Olier avait été Conseiller au Parlement, puis Maître des Requêtes. Il réunissait alors la charge de Président au grand Conseil, et celle de Directeur des

Mines et Minières de France.— Dictionnaire de la noblesse — Généalogies des Maîtres des Requêtes.

(1) Mém. aut.

de M. Olier,t.u, p. 406.

M.Olier comprendlesonge qui lui avait montré en énigme sa vocation.

(2) Mém. aut.

de M. Olier,t.n, p- 331.—Vie de M. Olier, par M.

de Bretonvilliers,t.1,p 438,

(1)Mém. aut.

de M. Olier, t.

ut, p. 142.

Dans la place de curé, M.Olier est appelé à renouveler la piété parmi le peuple et les Grands.

» le zèle apostolique de nos Messieurs, que les pa- » roisses de la capitale se réformeraient sur la nôtre, » et qu'elle pourrait servir de modèle non-seule- > ment à Paris, mais encore à toute la France. Que » Dieu soit béni de nous donner ces grandes ouver- » tures, et qu'il nous fasse la grâce de correspondre » et d'être fidèles à des desseins d'une miséricorde » si privilégiée (1). » Cette prédiction vérifiée depuis, d’une manière incontestable, est d'autant plus remarquable, qu'au temps où M. Olier l'écrivait, c'est-à-dire avant d'avoir quitté Vaugirard , elle ne pouvait passer aux yeux de la prudence humaine que pour le comble de l'extravagance. Ce qu'il ajoute n'est pas moins digne d'attention :

« Maintenant que nous allons prendre la cure de » Saint-Sulpice, DIEU, ce me semble, me manifeste » ma vocation, qui ést de ranimer par trois moyens » la piété chrétienne dans ces quartiers : le premier » sera l'instruction et la sanctification du peuple; » le second ; la sanctification des docteurs et des » prêtres; et le troisième, la formation des jeunes » clercs.

» Sa bonté me donne, ce me semble, un zèle ar- » dent pour renouveler dans les esprits et dans les » cœurs des chrétiens le souvenir et l'amour des » obligations contractées envers Dieu par le bap- » tème : et je me souviens que je disais, il y a plus » desix à septans, à un missionnaire, que les fruits » produits par les missions n'étaient qu'un com- » mencement et une préparation à ce qui dévait se » faire dans l'Eglise. La mission ne va qu'à purifier » les cœurs et à porter les hommes à la pénitence, » mais non pas à les instruire des sentiments chré- » tiens, et à leur enseigner la pratique du christia- » nisme. C'est ce que nous ferons par des confé- » rencesfamilières,des catéchismes,des méditations, » des retraites. Je sens en moi un désir si puissant » de découvrir aux hommes la vanité du monde,

> l'obligation que nous avons de mourir à ses ma-

Le. » ximes, à ses mœurs, à ses lois, en un mot, à tout (| babe: > ce qui n'est pas Dev, et Jésus-CHIsT son Fils, LL Que » que je ne puis le contenir ; il excite quelquefois || 1 en »en moi une sainte fureur : c'est une communi- | adte > cation de l'horreur que JÉsus-CHrisT à eue des | orde » folies et des vanités du monde. Je ressens de si i dé » violents désirs d'en désabuser les hommes, que 1 is. » je ne vois d'âutre moyen de me satisfaire, que | Olier » l'occasion offerte, par la Providence, de la cure de

ugi- » Saint-Sulpice. Mes désirs s'enflamment encore » davantage, quand je pense que les plus grands » du siècle demeurent sur cette paroisse ; et alors | jigne » je me réjouis d’avoir l'occasion, si longtemps dé- | » sirée, de leur découvrir leur vanité et de les dé- | » sabuser de leurs erreurs. Toute notre Compagnie

en » brûle du même zèle, et désire avec impatience yens » aller dans ce faubourg pour y faire connaître Dieu. \ talen » Ah! si © rcice des fonctions pastorales nous uple ; » fourni. ant de sentiments de zèle et de dévouedé » ment, que la seule attente en a déjà fait naître hidss » dans nos cœurs, j'espère que notre grand Maître

» y trouvera son honneur et sa gloire. Cette sainte » âne, dont j'ai parlé, Marie Rousseau, est occupée » des grands biens et des conversions éclatantes É » qui vont y avoir lieu et moi-même je n'ai autre

+ chose dans l'esprit à Vaugirard; plusieurs saintes j »* âmes s’attendent pareillement à voir procurer la || » gloire de Dieu dans tout le faubourg. {}

LA » Je sens de si grands désirs de sauver tout le Ho " + monde, de répandre le zèle de l'amour et de la.” |

à : s siens se : gloire de Dieu dans tous les cœurs; je pense tant dévouent à la

+ à avoir mille sujets pour les envoyer porter par-— paroisse deS.- » tout l'amour de JÉsus-CHrisr. Mon cœur est tout Sulpice.

» brûlé de zèle, quand je pense à la profession que

+ feront les prêtres de la petite société, qui sera

+ une profession de servitude à JÉsus-Curisr et à

» l'Eglise son épouse. C’est une épouse qu'il chérit

» uniquément, un corps dont il a épousé tous les

* NOTE 5, p.

* NOTE 6, p.

(1) Mém. aut.

de M. Olier,t.u, p.343, 344,345.

— Vie de M. Olier, par M. de Bretonvilliers,t.

M. Olier se prépare par la retraite à son entrée dans le ministère pastoral.

(2) Mém. de.

du Ferrier, p.

(3) Mém. aut.

de M. Olier,pièce détachée.

(4) Ibid. tu, p. 65, 118; t.u, p. 336. — Rem.

hist. t. 1, p.168, 222. —ViedeM.

Olier, par le P.

Giry, 1" part.

ch. x1v. — Rem.

hist., t. 1v, p.

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