‹ Vie de M. Olier, fondateur du Séminaire de Saint-Sulpice [microforme]Chapitre 50 sur 332 · VI. Lorsqu'il eût atteint environ sa huitième année · texte numérisé non relu

VI. Lorsqu'il eût atteint environ sa huitième année

On le des- ses parents le mirent au collège, et ce fut là surtout

tine à l'état qu'il fit admirer ses rares dispositions pour les

ecclésiastique Jettres et la vertu. Tous ses maîtres ont assuré qu'il

— Inquiétudes it l'esprit extrêmement vif et pénétrant, qu'il

quefaitnaitré ei icsait aisément les choses les plus difficiles pour

Lt Jes enfants de son âge, et qu'il les retenait avec une

; égale facilité. Peu après son entrée au collège, ses

parents le consacrèrent à Dieu, dans l'état ecclé-

siastique, auquel ils l'avaient toujours cru appelé,

(2) La Vie de et obtinrent pour lui un bénéfice (2). Mais la viva-

M. Olier, par le cité de son naturel augmentant avec l'âge, ils com-

qu a mencèrent à avoir des inquiétudes sur sa vocation.

p. 5. — Vie du et doutèrent s’il serait propre un jour à des fonc-

meme, Pan. tions, qui demandent tant de modestie et de rete-

liers,t. 1, p. 15. nue (3). « Au rapport de ma mère, dit-il dans ses

PP Li UE dt» Mémoires, mille et mille fois j'aurais dù périr

Leschassier, p.2? » sans le secours particulier de Dieu, à cause d’une

() Vie de M.” humeur violente et bouillante qui m'empêchait

Olier, par M. de » de regarder où je marchaïis, ni où j'allais ; si bien

Brelonvilliers, ; que souvent je roulais du haut des montées, je tom. 1, page 16. FRE F .

» me blessais, je me heurtais de toute part et à tous

» moments. Je me souviens qu'étant tout jeune , je

» tombai la tête la première dans une fontaine, où

» je devais périr : une autre fois, je tombai sous la

» roue d’une charrette, qui devait m'écraser, et qui

(4) Mémoires » S'arrêta tout-à-coup. Enfin, je donnais fréquem-

aut. de M. Olier, ; ment de grandes frayeurs à toute la maison (4). »

LE eo La conduite peut-être un peu sévère de sa mère

de, voyant n'en usait, > manquais car le jour , de temps léchiraient, s accidents it envoyée ertir de n'y

ème année, t là surtout Is pour les assuré qu'il rant, qu'il ficiles pour ait avec une collège, ses état ecclécru appelé, ais la vivave, ils comsa vocation.

h des foncet de reteil dans ses s dù périr ause d’une ‘empèchait ais ; si bien ontées, je rt et à tous t jeune , je ntaine, où bai sous la aser, et qui

fréquemaison (4). »

le sa mère

Dieu sur la vocation de votre fils. Sayez consolée ; le Ciel l'a choisi pour sa gloire et le bien de son Église (1). M. de Bretonvilliers, dans ses Mémoires , le père Giry, et d'autres écrivains, s'expriment à peu près de la même manière, et s'ils diffèrent,

quant aux termes, ils s'accordent tous à faire dire à saint François de Sales, que Dieu lui avait manifesté la vocation de l'enfant.” Au reste, ce n'est ici qu'un trait particulier du don de prophétie, qui éclatait dans ce saint évêque, et qui faisait dire communément de lui, comme autrefois du Sau- VEUR : Un grand prophète s'est levé parmi nous ; le Seigneur a visité son peuple (2). Voici une prédiction du même genre, qu'il fit à Lyon même et vers le mème temps, en faveur d'une jeune fille, qui fut dans la suite la célèbre Françoise de Saint-Joseph,

religieuse carmélite, morte à Avignon, en réputa-

tion de miracles et en odeur de sainteté. L'ayant vue dans la compagnie d’une dame de Lyon, après un sermon qu'il avait prèché dans l'église de Saint- François : « Quelle est cette fille? » dit-il à cette dame à laquelle il venait de parler. « N'aurait-elle pas envie d'être Religieuse? » Je pense, réponditelle, qu'elle entrerait, sans doute, volontiers, dans quelque maison de la Visitation ; mais elle est trèspauvre et ne pourrait rien donner pour sa dot.

Alors le saint Évèque, se tournant vers la jeune personne, lui adressa ces paroles prophétiques : « Dieu vous a destinée, ma fille, pour ètre carmé- » lite; je vous mettrais fort agréablement dans mon » monastère d'Annecy : mais je sais que c’est la vo- » lonté de Dieu que vous soyez fille de la grande » sainte Thérèse : donnez-vous un peu de patience, » vous entrerez bientôt dans son institut, et vous » serez une bonne Religieuse. » Sur quoi il faut remarquer, ajoute l'historien de la sœur Françoise. qu'il ne pouvait savoir ce qu'il venait de dire, que par une révélation divine attendu que jusqu'alors, on n'avait point pensé à la faire entrer chez

(1) La gloire du tiers - ordre de Saint-François, 1694, 2®° partie, in-4°, p.

264 et 265.

*NOTE 7, p. 38.

(2) Vie de la sœur Françoise de Saint-Joseph, par le Père Mi- La

, in-4°, liv.

1, un XVI, p.

(1) Ibid., pag. les Carmélites, et qu'il n’y avait pas même d'appa- 108 rence qu'on voulût l'y recevoir (1).

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