XII. Après être sorti du collège d'Harcourt, il com
M. Olier mença à fréquenter les écoles de Sorbonne, où il ES eut encore les mêmes succès. Il se proposait de dt F0 parcourir la carrière de la licence, et, pour s'y
4 disposer, il suivit pendant plusieurs années les PA Mg leçons des plus habiles docteurs (4). « La bonté de Bretonvil- » divine, écrivait-il dans la suite, m'a donné pour liers, Did. maîtres des personnages des plus capables qu'il PA no à » y eût dans l'Université; feu mon père n'ayant p.171, » jamais rien Cpargné pour mon avancement dans
(6) Mém. aut, ? les études (5). » Son père lui donna même pour de M. Olier, t. précepteur particulier un docteur de Sorbonne, u, p. 822 également recommandable pour sa piété et pour
(7) Vieks. de sa science, et qui fut professeur de théologie rs PV EPL dans cette école (6). Il paraît que c'était Nicolas Lepage 5. maistre (7), nommé ensuite à l'évêché de Lombez (8)Galliachris. Par Louis XIV, dont il était devenu prédicateur (8). tiana, t. x, M. Olier retira de ses études de grands avantages : Li la langue grecque, dans laquelle il était fort versé
lui facilita beaucoup l'intelligence des divines Écritures, et en particulier celle des Pères grecs qu'il
lisait dans leur langue originale; et l'étude de la
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tat (1). Il fut dans elui dont | eut pour biles maiesseur au dié Alain iparavant , Olier réné:s jusutint avec e public, phie. Son à la capanme dans ussi aussi
t, il comnne, où il posait de pour s'y innées les La bonté bnné pour ables qu'il e n'ayant ent dans me pour Sorbonne, et pour théologie icolas Lee Lombez ateur (8).
antages :
ort versé nes Écrirecs qu'il de de la
théologie scolastique lui fut très-utile pour acqué-
rir non-seulement la connaissance du dogme, mais
aussi une certaine intelligence des mystères de JÉsus-Curisr(1). Il pensait que la scolastique, étudiée ,1)Gatiachris. dans des vues pures et simples, était une excellente br wi “ u, col, préparation à cette haute et sublime théologie. Guam ef gra « J'estime la scolastique, disait-il, comme elle le cam apprima » mérite, et j'avoue que je lui suis beaucoup rede- pr con ah + » vable pour l'intelligence et l'appui des mystères. raudrand, p. 1. » 11 est vrai que seule elle ne saurait les éclaircir et pots À da » en donner les véritables ouvertures, à cause que, p. 9, — L'Année » ces mystères étant cachés par l'ordre exprès de ds gr cr » Du, si lui-mème ne les révèle, on ne les peut ed p. hrs » connaître. Mais on ne doit pas s'en prendre à la
» théologie, qui, tirant par la raison ses conclusions
» des principes de la foi, ne prétend pas découvrir (2) Mém, aut » par là ce qui ne saurait être ouvert que par une de, Olier, 1. n, » clarté divine (2). » page 177.
Les succès qu'il obtint dans ses études, d'autant XIV. plus flatteurs pour ses parents qu'ils étaient plus M. Olier est justement acquis, leur inspirèrent bientôt le désirpourvu de de le produire dans le monde. Naissance, talents, l'abbaye de réputation, qualités de l'esprit et du cœur, tout en Pébrac et du lui concourait à en faire un sujet de grande espé- Prieuré de Barance ; et la haute considération dont jouissaient “*inville: ses proches semblait, selon les fausses maximes du siècle, lui permettre de prétendre aux premières dignités de l'Eglise ou de l'État. C'était la perspective qu'ils lui mettaient souvent devant les yeux, et la piété dont ils faisaient profession n'était point assez pure, pour écarter tout ce qui pouvait jeter dans son cœur des sentiments d'ambition et de vaine gloire. On lui parlait tantôt de se produire à la Cour, et de se mettre sur les rangs pour parve- (3) Vie Ms. de nir ; tantôt des démarches qu'on faisait, et de celles y. Oiter, par qu'il devait faire lui inême, pour seconder les vues de sb qu'avaient sur lui les personnes puissantes. Son D L2R du père, qui ne négligeait aucune occasion de lui don- même, par le
ner de l'éclat (3), avait obtenu pour lui, dès l'an- Ne 0e Pr
nr
PE
née 1695, l'abbaye de Notre-Dame de Pébrac, de
l'ordre des Chanoiïnes réguliers de Saint-Augustin,
au diocèse de Saint-Flour, et qui lui fut résignée,
du consentement de Louis XIII, par Jacques d'Ap-
chon, seigneur de Chanteloupe, prêtre de l'Ora-
toire, qui en était le quatrième abbé commenda-
Ait taire (1). Si les voies dont se servit M. Olier pour
Bib. du Roi, in. procurer ce bénéfice à son fils, n'étaient pas entière-
folio, Saint-Vic- ment canoniques, il paraît qu'il fut induit en erreur
ss par les casuistes qu'il consulta, et à l'avis desquels
il se soumit comme à des docteurs plus experts
que lui dans ces matières délicates. Son fils, qui en
prit connaissance dans la suite, ainsi que nous le
dirons, jugea l'affaire tout autrement, et regarda le
traité par lequel il obtint cette abbaye comme l'ou-
vrage de la vanité, de l'avarice et du sacrilège. Ce
fut en 1626 qu'il en prit possession; un accident
qui lui survint tout-à-coup dans ce moment, et
qui mit sa vie en péril, lui parut être, dès qu'il eut
connu la nature de ce contrat, un châtiment du
Ciel, qui voulait avertir par là le fils d'expier la
faute du père. « Je pensai mourir sur-le-champ,
» dit-il, sans maladie ni incommodité précédente.
» Tout le temps que j'ai gardé ce bénéfice, il a été
» pour moi une source continuelle de peines et de
» traverses, sans savoir ce que devenaient l'argent
» ni les revenus, et j'y ai souffert des persécutions
» étranges de la part de gentilshommes armés con-
» tre moi pour avoir mon bien (2). » On verra dans
PR . la suite comment fut réparée cette faute qu'il ne p. 132,133. cessait de s'imputer.
Il n'avait que dix-huit ans lorsqu'il prit possession de l'abbaye de Pébrac ; le onze octobre de la même année 1696, il fut élu chanoine-comte honoraire de
(3) Le Clergé l'illustre chapitre de Saint-Julien de Brioude, titre de France, etc., d'honneur que partageaient les ëvêques de Mende on h- “it de et du Puy, et les abbés de Saint-Robert de la Chaisep.230. Dieu, et de Notre-Dame de Pébrac(3). Enfin ses pa-
rents obtinrent pour lui, outre le prieuré de Clisson, celui de Bazainville, au diocèse de Chartres.
ébrac, de Augustin, résignée, ues d'Apde l'Orammendalier pour is entièreen erreur s desquels 1s experts ils, qui en 1e nous le regarda le mme l'oucrilège. Ce n accident oment, et s qu'il eut timent du l'expier la le-champ, récédente.
ce, il a été bines et de t l'argent
sécutions rmés conerra dans e qu'il ne
Dossession e la même oraire de ude, titre de Mende a Chaisein ses pa- : de Clisartres.
Voulant le pousser aux honneurs, ils désirèrent XV. qu'il exerçât déjà son talent pour la prédication. M: Olier se D'après la coutume, sa qualité d'abbé lui permet- livreau ministait alors de remplir ce ministère, quoiqu'il ne fût Pc de la pré point encore prêtre, ni même dans les saints Or- pr dres; et il fut tellement goûté dans ces premiers ue. essais, qu'on voulut bientôt l'entendre dans les meilleures chaires de la capitale. Sa mère n'avait jamais eu pour lui une tendresse comparable à celle qu'elle portait à ses autres enfants ; elle était néanmoins ravie des éloges qu’on donnait de toutes parts à son fils, et fondait sur lui ses plus flatteuses espérances. « Elle m'aimait beaucoup, dit-il, tan-
» dis qu'elle me voyait marcher dans la grandeur
» et l’applaudissement du monde, comme, par
» exemple, quand j'avais du train, que je prêchais
» avec gentillesse , que je composais ces beaux ser-
» mons à la mode, tout pleins de vanité, de pointes
» d'éloquence et de curiosité; et que je ne disais (1) mem. aut. » rien contre les mœurs du monde, à savoir, l'ava- de M. Olier, t. » rice et la superbe (1). » IL pr QU
Ce fut , en effet, vers ce temps que M. Olier commença à fréquenter les Grands, et à s'engager dans les divertissements du monde. Ses parents, pour lui frayer un chemin aux honneurs, lui prodiguëérent tous les moyens de paraître avec éclat. Il avait un grand train, deux carrosses, une maison nombreuse, et goûtait les agréments de la société avec toute la liberté que prenaient les gentilshommes de son rang. La vivacité de son esprit, ses manières nobles et aisées, les agréments de sa personne, la considération dont jouissait sa famille, alliée à + yum, sur tout ce qu'il y avait de plus élevé dans la magistra- M. Olier, par ture (2); tous ces avantages le firent rechercher # ; Ra dans les sociétés du monde, dont la fréquentation de M. Olier, par faillit lui devenir funeste. Enfin ses parents ouvri- l Père Giry, p.
, + Ê 2. — L'Année rent les veux, et se repentirent d'avoir voulu le sa- Dominicaine,
crifier à leur vanité, en le jetant au milieu de tant etc. — Remarde périls ques hist., tom.
P : ut, p. 452, 454,
Marie Rous- du pêché, fit, pour la conversion de son fils, des
Sa mère surtout, qui avait une grande horreur
eUeUs ee VOICE prières ferventes : elle répandait chaque jour beaution relative-
ment Olier,
et au
Faubourg S.- Germain.
(1) Mém, aut.
de M. Olier, 1, p. 92.
coup de larmes devant Dieu, et ne cessa de gémir et de prier jusqu'à son entière conversion (1). Plusieurs saintes âmes à qui Dieu inspira, vers ce temps, les mêmes sentiments de zèle et de dévouement , offraient pour lui les plus ardentes prières.
t L'une d'elles, qui fut l'instrument de sa conver-
sion, quoique alors il ne la connût point, priait continuellement pour le renouvellement du clergé et spécialement pour le faubourg Saint-Germain qu'elle habitait. C'était une âme de grâce, comblée des dons du ciel les plus extraordinaires, et favorisée des communications les plus intimes avec la MÈRE DE Dteu. Pour faire éclater davantage les richesses de sa bonté, Dieu était allé la choisir dans la classe la plus obscure, et dans l’une des professions les plus avilissantes aux yeux du monde. C’était Marie de Gournay, veuve de David Rousseau,
(2) Remarques l'un des vingt-cinq marchands de vin de Paris (2).
histor., p. 214.
le I,
in
» Nous aurons occasion d'en parler souvent dans cette histoire; elle doit d'autant plus justement y trouver place, qu'on lui est redevable, après Dieu, de l'établissement du Séminaire et de la compagnie de Saint-Sulpice, comme aussi de presque toutes les œuvres de zèle et de charité, auxquelles le serviteur de Dieu se livra dans le cours de son ministère pastoral. Par un dessein bien extraordinaire de la Providence, Marie Rousseau, dès son bas âge. s'était sentie portée à demander à Dieu de travailler un jour pour sa gloire et pour celle de son Église; et, ce qui est peut-être sans aucun autre exemple dans une enfant : elle demandait, dès cet âge tendre, la grâce de former elle-même des hommes à son divin service, et cela par tels moyens
(3) Mém. par- QUE Sa Sagesse souveraine voudrait bien choisir (3). ticuliers. Année Cet attrait lui avait été inspiré, pour la préparer de
loin à travailler, un jour, par ses conseils, ses mor-
e horreur n fils, des our beaude gémir (1). Plu- }, vers ce le dévoues prières.
a convernt, priait du clergé -Germain >, comblée et favories avec la age les rioisir dans es profesonde. C'é- Rousseau, Paris (2).
vent dans stement y brès DIEU, ompagnie jue toutes es le seron minisordinaire s son bas eu de tra- Ile de son un autre t, dès cet des hom-
s moyens oisir (3).
éparer de
ses mor-—
tifications et ses prières, à deux œuvres très-importantes, étroitement liées l’une à l'autre, l’établissement du Séminaire et de la compagnie de Saint-Sulpice, dans le faubourg Saint-Germain à Paris, et le renouvellement des mœurs de ce faubourg ; et pour cela la divine Providence la conduisit longtemps auparavant dans ce faubourg même, où elle s'établit et se fixa , sans connaître encore ce dessein particulier de Dieu sur elle.
L'état de dépravation où elle le trouva, car il XVII. était alors comme la sentine de toute la France, Marie Rousdevait enflammer de plus en plus son zèle; mais seau obtient l'objet qui le premier l'excita plus vivement, fut parses prières l'abbaye de Saint-Germain-des-Prés, dont le mo-la réforme de nastère était presque désert, et l'église comme l'abbayeSaint abandonnée. Cette église étant située dans le voisi- Germain. nage de sa maison, Marie Rousseau allait y prier très-fréquemment. Là, répandant devant Dieu l'amertume de son âme, elle le conjurait avec toutes les instances et la ferveur dont elle était capable, de réformer cette abbaye, en y ressuscitant l'esprit de Saint Benoît. Elle persévéra ainsi pendant bien Te des années; et, enfin, telle fut l'efficacité de ses sjuiers, dance prières, qu'elle eut la consolation de voir établir 1642. dans le même monastère de Saint-Germain, la nou- —. velle réforme de Saint Maur, (1) que Dom Grégoire AEEE dgins Tarrisse, son premier supérieur général, y intro- col. 419. duisit en 1631 (2). Ce sage et zélé réformateur, dont la principale occupation était de purifier les sanc- ARR ne tuaires de son Ordre, par une vie sérieuse, péni- chery sur le P. tente et remplie d'exercices de piété, réunit à Saint- Tarrisse. Archi-
Ein PRE k ves de l'Empire.
Germain des Religieux de mérite et de savoir (3), Sect. histor. L. auxquels il prescrivit l'étude des bonnes lettres; et 1278. cette abbaye, où il fixa sa résidence, (4) et qui, par (4) Histoire là, devi t comme le chef-lieu de la congrégation de de la ville de Saint-Maur, brilla dès ce moment de l'éclat que Paris par Fée tout le monde sait, non-seulement par cette suite Ne 1ib. Ms d'esprits distingués et de savants illustres qui enri-n° x, 1725, in-
chirent l'Eglise et le monde de tant d'ouvrages jus- rer a Lis
tement célèbres ; mais encore par le grand nombre de ses Religieux, par leur exacte régularité, et la ferveur qui accompagnèrent cette réforme. Toutefois ce n'était là encore que le prélude du renouvellement du faubourg Saint-Germain, et comme une condition que Dieu avait mise à l'exécution de cette grande œuvre : les ecclésiastiques choisis par sa sagesse pour l'opérer, devant trouver dans le zèle, les lumières et l'autorité de Dom Tarrisse, les encouragements, les conseils et l'appui dont ils auraient besoin.
Avant de voir ses vœux accomplis, Marie Rous-
Marie Rous- seau avait une autre tâche à remplir : elle devait, seau demande par ses mortifications et ses prières, obtenir la à Dieu la pre- sanctification de ceux mêmes qui étaient destinés à mière conver- sanctifier le faubourg, c'est-à-dire la première
sion de M
Olier.
‘conversion de M. Olier, ou son établissement dans
la vie de la grâce, et celle de plusieurs autres jeunes ecclésiastiques de qualité, que nous ferons bientôt connaître, tous appelés à le seconder dans ses travaux, tant pour le renouvellement du faubourg, que pour la sanctification du clergé par les Séminaires. Au lieu de vaquer à la prière et aux autres devoirs de leurs charges, ils consumaient alors les revenus de leurs bénéfices à se donner des équipages et quantité de valets, à jouer, à faire
(1) Mém. par- bonne chère, et à d'autres folles dépenses (1). Un ticuliers. Années jour qu'ils étaient allés à la foire de Saint-Germain,
1641 et 1642.
(2) Ibid.
environ l'année 1629, elle les aperçut au nombre de cinq, vêtus de satin violet, à la porte d’un cabaret; et r:marquant, sur tous les autres, M. Olier, qu'elle voyait alors pour la première fois, elle se sentit portée, tout particulièrement , à prier pour leur sanctification (2). + Elle commença même, dès lors, à jeùner et à faire d'autres œuvres de pénitence à leur intention, non qu'elle connût encore le dessein de Dieu sur eux, mais parce qu'elle jugea qu'ils
+ L'historien de M. de Foix, dans la Vie des quatre Évêques, qu'on croit avoir été écrite longtemps après les évènements
rand nombre ularité, et la rme. Toutele du renoun, ét comme exécution de s choisis par iver dans le Tarrisse, les i dont ils au-
Marie Rous- : elle devait, >, obtenir la nt destinés à la première sement dans s autres jeunous ferons econder dans nent du faulergé par les brière et aux consumaient e donner des ouer, à faire inses (1). Un nt-Germain, u nombre de d'un cabaret; Olier, qu'elle lle se sentit èr pour leur ne, dès lors,
pénitence à re le dessein jugea qu'ils uatre Évêques, es évènements
avaient besoin de conversion, tant à cause du lieu
où elle les voyait, que de la recherche et du luxe de
leurs habits. Par un abus alors trop commun, les ecclésiastiques de naissance, pourvus d'abbayes ou
d'autres bénéfices considérables, se croyaient auto-
risés à se vêtir de soie, pour soutenir leur condi-
tion; et même, par une usurpation pleine de va-
nité et d'ambition, à prendre ie violet, quoique
cette couleur ait été adoptée par l'Église, aussi bien
que la rouge, pour honorer la dignité de la robe de
notre Seigneur , teinte de son sang dans sa pas-
sion +. Ainsi, tandis que ceux des prélats qui ont
droit à cette couleur, ne devraient la porter qu'a-
vec esprit de componction, en mémoire de Jésus-
Christ, qui a acquis le bien de l'Église à la souf-
france de son corps et à la tristesse de son âme (1): (1) Mém. parles ecclésiastiques dont nous parlons se l'attri-féile”s Année buaïient à eux-mêmes, et par un pur motif de vani-
té, pour se distinguer par là du commun.
Les prières, les jeùnes et les ar‘-es mortifica- XIX. tions que Marie Rousseau fit dès 1ioment ne fu- Premiersefrent pas inutiles. M. Olier, al. âgé de vingt ansfets des prièet demi, commença à en ressentir les effets, etres de Marie éprouva des désirs passagers de rompre entière- Rousseau, ment avec le monde, et de mener une vie parfaite, Pour la prequoique pendant dix-huit mois ces désirs füssent sr Er. toujours impuissants (2). Durant ce temps, et lors- ;
: Hu oa : D Olier.
quesserte sainte” IemnIe PrAIE de la SOFT6, « LIEU (2) Mém. aut.
de M. Olier, t.
qu'on y rapporte, et souvent sur des mémoires fort défectueux, fait sans doute allusion à cette circonstance, lorsqu'il dit de ces jeunes Ecclésiastiques : « Un jour qu'ils revenaient de la foire de Saint-Germain, une pauvre femme (3) Vie des les aborda dans la rue et leur dit : Hélas! Messieurs, que vous duatre Evêques, me donnez de peine ! il y a longtemps que je prie pour votre engagés dans la k à cause de Portconversion ! j'espère qu'un jour Dieu m'exaucera (3). royal, in-12, t. + Le costume du ;eune abbé de Rancé, avant sa conver- n, p. 116. sion, peut donner une idée de celui des ecclésiastiques de ; \ qualité, de ce temps: « un juste-au-corps violet, d’une étoffe 4 db gs » précieuse, bas de soie de même couleur, bien tirés, cravate . Dubois. LA ! » des points les plus à la mode (4). » page 70,
and dé andere ral de
(1) Mém. aut.
de M. Olier, t,.
nu, p. 305, 806.
M. Olier va à Rome pour y apprendre la langue hébraique.
tions aut. touchant M. Olier, p. 199.
permit. dit-11, que nombre d'abbés (nous étions cinq ou six, dont je suis le pire) allâmes à côté de l'église Saint-Sulpice, dans la maison voisine de la sienne, qui n'en est séparée que par une muraille. Et c'est une chose bien remarquable,
comme tous ces jeunes messieurs, qui étaient * considérables dans le monde, ont depuis tout
quitté pour suivre JÉsus-Curisr et faire profession de ses maximes. Pour moi, je reconnais être redevable de ma première conversion à cette
» sainte âme; et Dieu m'a obligé plusieurs fois, de-
vant que de la connaître, de dire tout haut à nos
» Messieurs : Il y a quelque personne qui est la
cause de ma conversion. La sainte Vierge, sous la protection de laquelle j'étais né, travaillait de toute part, et mettait en prières toutes ses servantes particulières, pour ce sujet. Je commençai donc de raître alors à Dreu, par désir et par affection légère, sans pourtant quitter tout-à-fait le péché. J'avais peine à aimer le monde, et ne pouvais y trouver de divertissement véritable ; mais toutefois je retombais toujours, malgré tous les attraits de DrEu, ses sollicitations perpétuelles, les punitions journalières que je sentais après
» mes fautes, et la fréquentation des sacrements,
jusqu'au temps que j'allai à Notre-Dame de Lorette, où je fus entièrement conçu à la grâce (1). » Il était dans ces dispositions lorsqu'il résolut
d'entreprendre le voyage d'Italie, dessein qui vint assurément de Dieu, comme la suite le fit voir, mais qui ne parut être inspiré à M. Olier que par le désir d’une gloire mondaine. Passionné alors pour les sciences, il ambitionnait de s'y faire un nom. La connaissance de la langue grecque n'était rien à ses yeux, il aspirait à un genre de mérite qui le distinguât de la foule, et il conçut le dessein (2) Attesta- d'apprendre l'hébreu, pour soutenir en Sorbonne quelqu'une de ses th£:es en cette langue. Ce fut le motif qui le détermina à aller à Rome (2), pensant
(nous étions nes à côté de ison voisine que par une emarquable, qui étaient depuis tout faire profesconnais être sion à cette -urs fois, deit haut à nos 1e qui est la erge, sous la ravaillait de utes ses sere commençai sir et par aftout-à-fait le e, et ne pouritable ; mais Igré tous les perpétuelles, entais après sacrements, Dame de Loa grâce (1). »
Qu'il résolut sein qui vint
le fit voir, lier que par ionné alors s'y faire un cque n'était e de mérite t le dessein n Sorbonne e. Ce fut le 2), pensant
qu'il trouverait d'habiles maitres dans cette capi-
| tale, et qu'il s'appliquerait avec plus de liberté à
l'étude, en s'éloignant ainsi de ses amis. Déjà, depuis trois ans, il fréquentait assidüment la Sorbonne: il avait même soutenu l'acte de tentative, et pris le degré de bachelier (1). Ayant donc résolu ce voyage, que son père approuva volontiers, il se vit obligé d'interrompre ses études. Grand nombre de docteurs ne le virent partir qu'avec peine. persuadés qu'il aurait pu soutenir un jour par ses grands talents la réputation de l'Université. « Un de mes » maîtres, écrivait-il dans la suite, et qui est main- » tenant professeur en Sorbonne, m'a toujours té- » moigné ses regrets, que je n'aie pas poursuivi ma » licence. C'est pareillement ce que m'ont témoigné » quantité de personnes, qui, par mon premier » acte de tentative, avaient conçu quelque espé- » rance de moi, quoique je n'y eusse pas bien fait : » comme aussi à cause qu'ils m'avaient vu soutenir » en philosophie des thèses en grec, lesquels actes » je ne fis jamais qu'à force de prières (2). »
C'était une conduite bien miséricordieuse sur M. Olier, que cette attention de la Providence à ne le laisser user de ses talents et de ses dons naturels, qu'autant qu'il recourait à celui qui en est la source; et à ne lui permettre de satisfaire sa vanité qu'après lui avoir fait confesser son néant. Ce ne fut pas une moindre faveur du Ciel que le dessein qu'il forma du voyage de Rome. Il y allait dans l'intention d'acquérir la science qui enfle, et Dieu l'y conduisit comme saint Paul à Damas, pour l'abattre, le terrasser, et en faire un vase d'élection. Il ne permit point que M. Olier se procurât des connaissances et des protections parmi les grands, ni qu'il fréquentât les savants et les curieux, que le goût des arts y attire de toutes les parties de l'Europe. Il y était venu pour y apprendre la langue hébraïque, et Dieu voulut qu'il éprouvât, en arrivant, un affaiblissement des yeux, qui lui interdit
(1) Ibid. — L'Année Dominicaine, etc. Remarques historiq., tom. 11, p.