‹ Vie de M. Olier, fondateur du Séminaire de Saint-Sulpice [microforme]Chapitre 84 sur 332 · E CHARTRES · texte numérisé non relu

E CHARTRES

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plusieurs particularités rela:ives au Libérateur, et entre autres la prophétie d’Isaie qui avait annoncé le prodige de l'enfantement d'une vierge. De graves auteurs pensent même que la prédiction attribuée par Virgile à la Sibylle de Cumes n'en est qu'une imitation (1) +. Mais un fait qui tend à prouver que les Druides Gaulois l'ont connue, c'est qu'au rapport de Faber, savant auteur anglais, cette prophétie d'Isaie et celle de Balaam avaient été apportées dans la Grande- Bretagne ct l'Irlande, par les Druides, disciples des Mages, et originaires de la Perse (2). Ccla étant, il est indubitable que les Druides Gaulois en eurent aussi connaissance, puisque Jules César rapporte que les mystères druidiques, répandus dans les Gaules, y avaient été apportés d'Angleterre; et que, de son temps encore, ceux qui voulaient en être bien instruits faisaient un voyage dans les îles Britanniques.

Au reste, cette croyance des Chartrains n'est pas, comme on se le persuade faussement, une tradition isolée : on en retrouve des traces dans plusieurs endroits où les Druides avaient établi leurs siéges. Guibert, abbé de Nogent, l'un des hommes les plus graves desonsiècle, rapporte que l'église de son monastère avait été bâtie sur l'emplacement d'un bocage sacré, où les Druides sacrifiaient à la Mère future du Du qui devait naître : Matri futuræ Dei nascituri (3). Ces paroles ne sont que l'explication littérale de l'inscription de Chartres, Virgini parituræ; car les paiens croyaient que les hommes d'une origine céleste avaient des vierges pour mères (4) : opinion fondée peut-être sur ces paroles d'Isaie : Une vierge enfantera un fils qui sera Dieu avec nous. Quoi qu'il en soit, la tradition attestée par Guibert n'est pas moins constante que celle des Chartrains: et maintenant on lit encore au-dessus de l'autel, dans l'église de Nogent: Ara virginis parituræ (5). Chasseneux, dans son Histoire des coutumes de Bourgogne, raconte à peu prés la

+ D'après ces auteurs, le nouvel ordre de choses annonce par la Sibylle, et cet enfant qui doit venir du ciel, être fils de Dreu, naître d'une Vierge, commander à tout l'univers, effacer les péchés des hommes, les délivrer du serpent, et ramener le bonheur pour toujours: tous ces traits ne sont qu'une imitation du prophète Isaie. Du moins, il faut convenir, avec saint Augustin, que le Messie seul pouvait justifier le sens d’un si pompeux et si magnifique oracle : Omnino non est cui alteri præter Dominum Christum dicat genus humanum :

Te duce, si qua manent sceleris vestigia nostri, Irrita perpetud solvent formidine terras (6).

Ton. 1,

(1) Rosenmaülleri, Scholia in Vet. Test Jesaie vat. p. 305, — Boxhornii, p.

m. 24. Historie universalis. — Molinæi, lib, ut, vat. — Usserii Annal.V.T.t.u, n. p. Jul. 4674, etc. — Cornel.

à Lapide , Comment. in Matt.

Cap. 1, V. L

(2) Faber, Origine de l'idolàtrie païenne, 3 vol, in-4°.

(3) Guibert. de vit sud, lib. ?, cap. 1. c. D.

(4) Rosenmüller, ibid. p. 302.

(5) Souchet, Hist. ms. de Chartres, liv. 1, chap. 16.

(6)S. August.

Epistol. CLY. ap Martianum.

(1) Histoire des Coutumes de Bourgogne.

(2) Eld. Sched, De Diis Germanis, Cap. XI,

(3) Leland.

Démonstration évangélique.

(4) Act. Apostol,, cap. xvui, V.

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