‹ Vie de M. Olier, fondateur du Séminaire de Saint-Sulpice [microforme]Chapitre 86 sur 332 · LA MÈRE AGNÈS PRIE POUR LA PARFAITE SANCTIFICA- TION DE M. OLIER · texte numérisé non relu

LA MÈRE AGNÈS PRIE POUR LA PARFAITE SANCTIFICA- TION DE M. OLIER

NOTE ©, p. 61. — Plusieurs auteurs, entre autres le Père de Salles, religieux Dominicain(6), ont avancé que M. Olier n'était point encore converti à Dieu, lorsque la mère Agnès commença de prier pour lui, ou même quand elle lui apparut à Saint-Lazare. Mais il faut distinguer deux conversions dans l'histoire de M. Olier : la première du péché à la grâce; et la seconde, de la grâce à la perfection. Cette dernière, que le P. de saint Vincent appelle la parfaite conversion de M. Olier (7), fut proprement, d'après les expressions du clergé de France, la profession d'une vie plus parfaite : perfectioris vitæ studium; arctioris vitæ genus (8); et, selon les directeurs du séminaire de Saint-Sulpice, dans une de leurs suppliques au Pape: summum perfectionis studiun. Au reste, cette erreur est assez ancienne, et il paraît que M. Olier y a donné lieu lui-même par un effet de sa rare humilité. L'auteur de la Vie admirable de Sœur Agnès de Jésus, qui écrivait environ en 1647, et qui avait été induit dans cette erreur par M. Olier, semble s'en être douté par la manière dont il s'exprime : « La Vierge, dit-il, apparais- » sant un jour à la mère Agnès, lui dit : Prie mon Fils pour » un tel...., et qui alors était plongé dans les ténèbres d'une » vie licencieuse et criminelle, à ce qu’il disait, me racontant » tout ceci par exprès commandement de son directeur. » Au reste, M. Olier tenait le même langage à la mère Agnès, après qu'il l'eut reconnue; et la mère Agnès parlait d’ellemême en des termes plus extraordinaires encore, malgré

l'inn » par » pis » nab » pau » CMP » ne f4 » vous » Suis » n'ont NO paritio M. Olid la fixe puisqu( l'année ans apr en 1654 nière a pénitend parition M. de fait extr lui dit :

alors ablt «Vincent «Un extr mon Fils lieu à ces moires (6), ainsi dan pour lab, Bretonvil la véritab M. Olie d'autant redevable de sa pers » de cette » Conversi.

> peut-être > tions, et

NOTE 4, aujourd'hu Drigine, ur

utun, et ait aussi uit saint

l'innocence de sa vie. Elle écrivait à M. Olier : « Vous me » parlez toujours de vos misères, ct dites que vous allez de

Druides » pis en pis; si vous saviez comme fait cette pauvre abomi-

res, à la » nable, en dépit de Dreu et de la sainte Vicrge et de son

s autels » pauvre Ange gardien, qu'elle contriste continuellement, et

nce pour » empêche de la jouissance d'une gloire accidentelle; elle

rétienne, » ne fait que se vautrer dans l'abime de ses péchés. Vous

été chez » vous trompez à mon égard, je vous le dis en vérité, je

nu (3), et » suis une misérable hypocrite. l'outes les furies infernales (1) La Vie en Athènes, » n'ont pas tant de malice que moi. »

abrégé de la V.

avait ho- NOTE 5, p. 62. — Le père de saint Vincent dit que l'ap- #, Agnès de Jé-

parition de la sainte Vierge à la mère Agnès, touchant

sus,in-4°, 1101,

> fameuse M. Olier, eut lieu en 1650 ou à peu près (1). M. de Lantages P: 58. eulement la fixe vers l'an 1651; cette dernière date cest plus exacte,

es privi- CTIFICA-

es le Père e M. Olier ère Agnès > jui appa-

puisque M. Olier, dans ses Mémoires, marque le fait sous l'année 1651 (2). Il dit d'ailleurs, qu'il vit la mère Agnès trois ans après qu'elle eût commencé de prier pour lui, et cc fat en 1654 qu'il la vit pour la première fois. Enfin, cette dernière année la mère Agnès lui déclara qu'elle avait fait pénitence pour lui l'espace de trois ans, ce qui reporte l'apparition à 1651 (3).

M. de Lantages, en rapportant les circonstances de ce fait extraordinaire, s'exprime ainsi : « La très-sainte Vierge lui dit : « Prie mon Fils pour un tel, lui nommant M. Olier, alors abbé de Pébrac.» Ou encore, selon le père de saint

(2)Tom.1,p.81.

(3) La Vie

admirable de la Sœur Agnès, tu,liv. vich.1.

(4\L'Ann.Dom.

-- Remarq. hist.

1X conver- «Vincent: «Prie pour Jean-Jacques Olier, abbé de Pébrac (4). t. 111, p. 456. lu péché à «Un extrait des Mémoires de M. Olier (5), ainsi conçu : Prie (5) Tim. 1, ion. Cette mon Fils pour N., parlant de ce misérable pécheur, a donné p. 81.

prfaite cones expresvie plus genus (8); pice, dans tionis stukt il parait ffet de sa œur Agnès été induit douté par

lieu à ces manières de parler; mais au tome II de ses Mémoires (6, M. Olier explique cette réticence, et rapporte ainsi dans leur entier les mêmes paroles : Prie mon Fils pour l'abbé de Pébrac; c’est le nom de mon abbaye. M. de Bretonvilliers les a citées de cette dernière manière qui est la véritable.

M. Olier fut pénétré toute sa vie d'une reconnaissance d'autant plus vive pour la mère Agnès, qu'il se croyait redevable à ses prières de sa fidélité à sa vocation, et même de sa persévérance dans la vertu. «Les prières et les secours » de cette sainte âme, dit-il (7), furent si nécessaires à ma

:6) Ibid, p.306.

(1) Mémoires

aut. de M. Olier,

apparais- » conversion, dans l'ordre de la divine providence, que (8) Epist. ad Fils pour peut-être sans elle j'aurais été abandonné à mes inven- Thessal. cap 1v. bres d'une b tions, et délaissé aux passions des désirs de la chair (8).» v. à. racontant

recteur. » PÉLERINAGE DE LIESSE

re Agnès, ait d'ellee, malgré

NOTE 4, p. 65. — Le pélerinage de Notre-Dame-de-Liesse. aujourd'hui diocèse de Soissons, a toujours été, depuis son brigine, un des lieux de dévotion les plus célèbres de la

(1) Histoire de Notre-Dame de Liesse, par Villette, pag. 106 el suiv.

France; et c'est peut-être sa grande renommée qui a fai regarder comme inutile à nos anciens historiographes de transmettre à la postérité les circonstances de son établis. sement. Il est arrivé de là que nous n'en connaissons plu aujourd'hui le détail avec une entière certitude, quoique |e fond en soit assuré. Tel est aussi le sort de plusicurs semblables dévotions, dont l'origine, quoique évidemment mir. culeuse, s'est trouvée dans la suite enveloppée d'obseurit par manque de monuments écrits. Mais l'histoire de Notre Dame-de-Liesse a en sa faveur d'autres monuments non moin décisifs : le concours non interrompu des pélerins de tou état, depuis son origine qui ne remonte pas au-delà du XII: siècle, et l'existence même du bourg de Liesse, à qui ce concours a donné lieu; deux effets qui scraient touti fait inexplicables, s'ils n'avaient pour cause, comme la tri dition le rapporte, quelque événement merveilleux.

Voici ce qu'elle nous en apprend (1): Trois frères du pay: Laonais, les chevaliers d'Heppes, étant allés à la croisade et combattant pour la délivrance des Lieux Saints, furent faits captifs par le soudan d'Egypte, qui employa toute sortes de moyens afin de les faire renoncer à la foi chré. tienne. Il se servit même, pour y réussir, d'Ismérie, sa fill qui alla plusieurs fois les visiter dans leur prison: mai tout le contraire arriva. Cette princesse, vivement touché des récits que les chevaliers lui firent sur la Mère de Dieu

désira voir quelqu'une de ses images. On ajoute que ls

captifs en trouvèrent une dans la prison le lendemaini leur réveil; et lorsque [Ismérie vint les voir, la vuc de cette statue fit tant d'impression sur elle, qu'elle résolut d'embrasser le christianisme. Dans ce dessein, elle sortit secritement de la ville durant la nuit, passa le Nil accompagné des trois chevaliers, et marcha en grande diligence pou éviter les émissaires du soudan, jusqu'à ce qu'enfin, ace blée de fatigue, elle s'endormit ainsi que les chevaliers ayant toujours avec eux l'image miraculeuse. A leur réveil leur surprise ne fut pas petite; car ils se trouvèrent, non plu sur les bords du Nil, mais transportés miraculeusement tt France, auprès de Laon et du château de Marchais, où lé chevaliers avaient pris naissance; et les transports de leur joie en devinrent même si excessifs, que ce lieu prit de le nom de Liesse, qui lui est resté depuis. En mémoire dt ce prodige, les chevaliers firent construire dans le lit même une chapelle où ils déposèrent l'image miraculeut de Marie, qui fut dès lors, pour les provinces voisines & pour toute la France, l'objet d'une singulière vénération Ismérie reçut le baptéme des mains de Barthélemi de Vir évèque de Laon. se consacra à Dieu le reste de sa vie,el après son décès, fut inhumée, dit-on, dans l'église de Saint

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