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APPARITION DE LA MÈRE AGNES 95 «e nom,et dont nous aurons occasion de parler dans cet ouvrage; M. Renar, que nous avons déjà fait connaitre, et avec ceux-ci plusieurs autres ecclésiastiques de qualité. Comme la plupart n'avaient point encore travaillé dans les missions, M. Olier pria saint Vincent de Paul de lui donner l'un de ses missionnaires pour diriger les exercices ; et, lorsqu'il eût composé sa petite compagnie, il se retira à Saint-Lazare, avant son départ. pour y vaquer de nouveau, sous la conduite de l'homme de Dieu, aux exercices de la retraite durant l'espace de dix jours (1).
Comme le recueillement des sens est la disposition la plus nécessaire au succes d'une retraite. saint Vincent de Paul désira qu'il gardût le silence le plus profond, et qu'il prit mème ses récréations seul et à l'écart (9). Il n'est pas inutile de remarquer cette circonstance comme une préparation très-convenable à la grâce que M. Olier allait recevoir: ce parfait recueillement, d'après les maitres les plus éclairés dans les voies surnaturelles, étant la disposition ordinaire où Dieu met les âmes éminentes, lorsqu'il est sur le point de les favoriser de ses plus hautes communications (5). Ainsi le pieux et savant cardinal Bona remarque de sainte Thérèse, que c'était après de longues et ferventes oraisons, et lorsqu'elle Ctait séparée du commerce et de la vue de ses sœurs, qu'elle avait des visions célestes (4). Etant donc dans cette solitude profonde, et n'ayant de commerce qu'avec Dieu seul. M. Olier fut favorise d'une grâce des plus extraordinaires : la mère Agnès de Langeac, dont nous avons parlé sous l’année 1651, lui apparut (5) corporellement ; et voici comment il rappelle lui-même le fait dans ses Mémoires (6) :
« Un jour étant en la retraite où je me disposais » à entreprendre le premier voyage de la mission » d'Auvergne, j'étais, dans ma chambre,(7) en orai- » Son, lorsque je vis cette sainte âme venir à moi
(1) La Vie de M, Olier, par Père Giry, p. 22.
L'année Dominicaine, ete. — Remarques historiques, t. 111, p. 497.
M. Olier fait une retraite:
la mère Agnès lui apparaît.
(3) Responsio ad animad. reverendiss. promot.n°93, p.21.
(4) Card. Bona, de Discretione spirit. cap.
XX, n° v.
\) La Vie de la mère Agnès, in-4°, p. 505.
(6) Mémoires aut. de M. Olier, L. 1, p. 83.
(7) Summarium super in trod. causæ el signat. n°14, p.
44, test. x1,
(1) Summarium super introd, causæ et signa. n° 14, p.
4b, test, xn1,
(2) Ibid.
(3) Ibid, test.
* NOTE 1, pr. 123.
(4) L'année Dominicaine , etc. Remarques historiques, t.
nt, pe 466, — Vie Ms. de M.
Olier, par A. de Bretonvilliers, t. 1, pages 124,
(5) Mémoires sur M. Olier, par M. Baudrand, p. 6.
(6) L'admirable Vie de sœur Agnès, Ms. t. 1, div. vi, ch, 1, — Summarium.
Ibid. test. xin, test, XV. — Attestations aut.
touchant M. Olier, p. 181.
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M. Olier désire connaître la mèreAgnès.
Il entend parler d'elle en Auvergne.
94 PARTIE 1. LIVRE l1. — 1634
» avec une grande majesté (1). Elle tenait d'une » main un crucitix, et un chapelet de l'autre. Son » ange gardien (2), parfaitement beau, portait l'ex- » trémité de son manteau de chœur(3), et, de l'au- » tre main, un mouchoir pour recevoir les larmes » dont elle tait baigne. Me montrant un visage » pénitent et affligé, elle me dit ces paroles : Je » pleure pour toi; ce qui me donna beaucoup au » cœur, et me remplit d'une douce tristesse *. Du- » rant ce temps je me tenais en esprit à genoux » devant elle, quoique je füsse effectivement assis. » Cela passé, je le dis aussitôt à mon directeur, qui » ne me répondit rien, sinon quelles étaient les » paroles qu'elle m'avait dites ; je ne pus les lui rap- » porter, n'y ayant point fait réflexion, et ncan- » moins je m'en souviens fort bien. Je crus sur » l'heure que c'était la sainte Vierge (4), à cause de » la sainte gravité et de la douce majesté avec les- » quelles elle m'apparut, et à causede l'ange qui lui » rendait les mêmes offices qu'un serviteur rend à » sa dame. D'ailleurs, je ne sentais, en ce temps-là, » que la dévotion à la très-sainte Vierge. Je crus » aussi qu'en me présentant le crucifix et le cha- » pelet, elle voulait m'apprendre que la croix et la » dévotion à la très-sainte Vierge seraient les ins- » truments de mon salut et la conduite de ma vie.»
Le silence de saint Vincent de Paul, en cette occasion, fut l'effet de sa sagesse consommée et de sa rare prudence. Imitant la conduite du saint patriarche Jacob, lorsque son fils lui racontait les signes de sa grandeur future, il ne put s'empècher de considérer cette grâce dans une âme si humble et si docile, comme une insigne faveur du ciel, et connut par là que Dieu jetait les yeux sur lui pour exécuter par son ministère de grandes choses dans son Eglise (5).
Mais , comme si cette faveur n'eût pas fait une assez vive impression sur M. Olier, Dieu voulut la renouveler(6) presque aussitôt. « Après cette appa-
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