‹ Vie de M. Pierre-Louis Billaudèle [microforme]Chapitre 10 sur 20 · VIE DE M. BILLAUD'LE · texte numérisé non relu

VIE DE M. BILLAUD'LE

La pauvre mère s’assit près de lui, laissant couler deux ruisseaux de larmes, C'est sous le | pee accablant d’une scène si déchirante qu'il

| fallut quitter ces parents si chers à mon cœur.

Mais je dus moi-même payer à la nature un co-

pieux tribut, J'étais encore tout baigné de

larmes lorsque je pus rejoindre le cher frère. En

me voyant ainsi tout éploré : * Quel accident est-

| il donc arrivé?” me demanda-t1l avec empressement,

Vous avez agi très prudemment, cher frère, lui répondis-je, en ne regardant pas derrière vous, après votre héroïque séparation: car Îa grande sensibilité que je vous connais aurait pu vous faire éprouver quelque défaillance, ER bien ! qui lecroirait ? Four essuyer mes larmes il entonna sur le septième ton, qu'on appelle

| angélique, le beau verset du psaume 115 de

David: Dirupisti, Domine, vinoula mea; tibi sacrificabo hostiam taudis : Vous avez, Seigneur,

rompu. tous mes liens, C'est maintenant que je pourrai vous oftrir un sacrifice de louanges : c'est le même psaume qui devait plus tard lui fournir le: Quid retribuam Domino, etc, que rendrai-je au Scigneur pour tous Îes bienfaits dc. t m'a comblé? (dernières paroles qu'il pr'ononçga au moment d'expirer.)

Étant donc ainsi réunis, nous congédiâmes “otre jeune frère, et cinq à six heures après cette dernière séparat:.”. “ous étions de retour à Charleville, où de nonvelles émotions allaient encore agitor le cœur si sensible de M. Billaudéle,

Pour le comprendre il suffit de se rappeler que c'est là au’ii avai passé à peu près toute 8a jeunesse, #t pour msi dire touts sa vis jusqu à

40 VIE DE M. BILLAUDÈLE.

ce moment, Il lui fallait donc enfin abandonner ce cher établissement de Charleville, maison si chère à son Cœur, champ que, pend: int tant d'années, il avait fécondé de ses fais gues et arrosé de ses sueurs,et dont les beaux fr ui savaient tant de fois ranimé son zèle, et inondé de consolations sa belle âme. Ti lui fallait s’arrachcr aux embrassements des personnes les plus d listingvées, ses insignes bienfaiteurs,corme M. Delvincourt,

et d'un grand nombre d’autres qui l'avaient EOUJOTLrS honoré de leur amitié et de leur con- Éance, Avwssi lo H'sSqu'il commença à faire ges

derniers adieux, sa grande sensibilité arriva à son point extrême. 2e personnes qui lui étaient les plus chères «étaient dérobées pour éviter la douleur d'une te'ls séparation, Enfin, cette cireonstance de sa vie, comime il me l'avoun lui. même plus tard, brisa son pauvre cœur, et il ne fallut pas moins que san année entière de solitude, pour calmer son âme, et cicatriser une plaie aussi pro pe use

iciil disparut pour moi et pour nous tous, qu 1 laissait dans Es plus profonde douleur, Je ne le revis plus que de loin en loin, pendant le temps de s vacances, Entré d epuis lors dans la respectable congrégation de Saint-Sulpice où il à passé le reste de ses jours, c'est à cette même congrégation qu'il appartient maintenant d’é crire cette longue période de sa vie,

Enfin, j'ai terminé ma tâche, bien vénérable supérieur, non sans fatigue, car je suis toujours dans un état d'infirmité. Mille fois Deo gratias,

e Bu à de mage À à! 20 © Grnaena

M. B'LLAUDÈELE ŒÆNTRE A LA SOLITUDE.-—-IT EST NOMMÉ DIRECTEUR DES PHILOSOPHES A CLER-

MC XT-FERRAND.-—-IL PART POUR LE CANADA Quelles réflexions, quel attrait, diri igrèrent le

directeur de Charleville vers Saint-Sulpice, lui seul pouvi ait nous le dire, et c’est lu) qui tous

l'apprend aussi, dans une de ces conversations intimes qui lui étaient si fainilières et qui front le charme de sa vie, comme elles ont été F* charme de sa société, Il disait donc un Jour M. l'abbé IL, Beaudrv, curé de Saint-Rémi :

J'avais eu l'intention d'entrer dans la compagnie de Jésus ; le dévouement des pères de cette société, Le zèle qu'ils dé] ploient dans l'exercice du saint ministère, lens raissions Jointaines, leurs courses incessantes, qui ne ce permettent jamais de s'attacher à aucun lieu, qui les mettent daus la néc essité de rompre continuellement les liens les plus chers et les plus légitimes, tout cela me paraissait un sacrt fice qui ne peut être qu'agréable à | Dien.

Mais quand je - tournai du côté de Saint- Sulpice, que je considérai la fin de cet institut, je ne bi ilançai pas un instant, Ici, me disais je, je ne travaillerai pas seulement à former des chrétiens, mais des prêtres, qui eux, ensuite,

gagneront beaucoup d'êines à Jésus-Christ, Ici, mOù travail, ce me semble, sera beaucoup plus

ment

42 VI£ DE M. BILLAUDÈLE,

fructueux : tous les prêtres que je formerai deviendront autant d'instruments des miséricordes de mon Dieu, pour ramener les pécheurs, Qui, je veux travailler à la vigne du Seigneur ; mais en formant de jeunes lévites à la vie sacerdotale, je travaille rai plus efficacement à la gloire de Dieu et au salut du prochain.”

En effet, an mois d'octobre 1824, l'abbé Billaudèle ertrait à Ia Solitude de Paris. Cet homine, qr. 1vait commandé si jeune et si longie es déj alt pratiqué le ministère avec tant d l'ardeur, était livré à la direction des âmes avec un si grand succès, s'enferma dans

etti retraite du noviciat, avec les dispositions du plus | humble minariste, On l'y vit plein humilité et de simplicité, rempli de défiance de lui-même, soumis . ses supérieurs, plein de Jéférence pour leur autorité, fervent et pieux comme aux premiers jours he sa cléricature.

Son cœur surabondait de joie, et il ne put s'empêcher de confier au p: e er les sentiments le sa reconnaissance envers Dieu, pour la faveur de cette nouvelle vocation

“Que vous rendrai-je, 6 mon Dieu ! pour m'avoir appelé dans cette sainte maison, où vous me procurez tant de moyens de salut; qu'avais- je lone fait pour mériter une si gre an : faveur Hélas ! je n'ai fait que vous offense: Re présent, et voilà qu'au lieu de me pin ir, VOUS tes Le premier à m'offrir raon pardon et à me combler de grâces nouvelles, Ne pe rmettez pas, sclgneur, que j abuse d’une &i grande miséri-

orde, Il ime semble que je suis résolu d'en profilter, mais je crains ma faiblesse et mon inconstance. Venez donc à raon secours, 6 mon Dieu! Daisnez me faire connaître les desse ins de votre

VIE DE M. BILLAUDÈLE 42

Providence sur moi, afin que je ne m'écarte jamais de votre sainte volonté et que je persévère jusqu'à la mort dans votre service, Je vons demande toutes ces grâces au nom et par les mérites de Jésus-Christ votre Fils bien-aimé, et par l'intercession de Marie, ma tendre mère et ma puissante avocate auprès de vous.”

Dés les premiers jours de la retraite qui ouvre habituellement l'année de solitude, M. Billaudèle alla droit au but que doit se proposer un solitaire : Je m'appliquerai, dit-il, à acquérir la pratique de la vie intérieure,” et ille fitavec une pureté de lumière, une droiture de cœur, nne générosité de caractère peu ordinaire, fai. sant concourir à cette fin tous Les moyens mis à sa disposition : la prière, la méditation, la réception des sacrements, le recueillement, la mortification des seiis, QC l'habitude de ia sainte présence de Dieu.

Au sortir de cette retraile, il se fit un règlement où était détaillé l'emploi de toutes les heures de lu journée, ne laissant pas ne minute au caprice, à l'humeur où à la f prévoyant jusqu'aux intentions eb aux pensées de foi qui devaient l’animer et Le soutenir dans l’accomplissement de chaque exereice

Il passa deux années pleines de ferveur à la Solitude, et là, il ge lin d’une sainte amitié avec M. Eccleston, mort archevêque de Baltimore, Mer de Charbonnel, évêque démissionnaire de Toronto, avec MM. Quiblier, Baile, Faïllon et le P, Larkin; tous venus comme lui en Amérique, soit pour y exercer lo saint ministère, soif chargés par leurs supérieurs de graves missions, ou pour y achever d'importants travaux, et tous y ayant laissé des traces ineffaçables de

j L VIE DE M. BILLAUDILH,

leur apostolat, Le départ de ces courageux missionnaires, auquel l'amitié l'avait sans doute initié, ne fut pas sans influence sur la détermiation qui amena plus tard M, Billandèie au Canada

envoyé en Auvergne, au grand séminaire de Clermont-Ferrand, Il y professa d'abord la phil PE , devint ensuite directeur des philo- 80phies puis professeur de dogme auprès des

théologiens. La vie de retraite “et d'étud e qu'il

y mena ut le grand moyen qui le conduisit à cette perfstion dans laquelle nous l'avons

nau. Ji oufBt de icter un coup-d’œil sur ses Souvenirs de retraite annuelle, depuis 1827 jus-

qu'à 1897, vou: constater ie progrés, Les im. perfections s’sifacent d'années en années, l’a.

1s la pratique des vertns est A les touches de la grâce et les consolations spirituelles deviennent plus fréquentes. Comiuse perdu en Dieu sur un nouveau Thubor, il s'écriait : °Q mon Dieu! qu'il fait bon de s'attacher à vous! mthi adhærere Deo bonum est. Faites que je m'unisse à vous de plus en pos etque je mérite aussi de plus eu plus d re VOLre temple, votre & anctuaire. VOLS gloritin nt et vous portant SANS GOSSG 6fri O1, selon l'avis de votre apôtre: Glorificate et portate Deum, in corpare vestro"

est Gans le cours de ces années qu'il s'était si fortement dans cet esprit d'amour et de contiance en Dieu que tous ceux qui l'ont connu out admiré en lui, et dans cette douceur ei Fo ] avité de conduite ‘ dont je suis résolu, dise

il, de faire corme le fond et le caractère essen. ticl de rua piété.” Etpour y parvenir il se disait:

Lu sortir de la Solitude M. Billandôle fut

RS

VIF DE M, BILLAUDÉLE, +

9 J'éviterai l'empressement et | cupation, et Je calmerat promptement le roubl et l'agitation dont Jo ne ! urrai tout à fait me défendre.

29 J’assaisonnerai pour ainsi dire mes oraisons, mes réf flexions, mes eXAMENS et TOUS res exertices de piété, , au QU er SOI LO Jet, (1e Quelques F enfin ts d'amour et de confiance qai puisse nt ei va anir la douceur, la paix dans mon âme,

Ca Amour, confiance, me dirai-ie, et don cer, même à la vue de mes misères et de mes fautes, évitant toute iraveur et toute crainte qui ne feraient que ressorrer mon Cœur, et qui et DAnRIrAION l'amour, la contiance et la paix,

‘40 Jaurai une spéciaie dévotion pour les pensées, max ture et des saints cui ne respirént qu'amour,

que confiance, et j'en ferai le sujet le plus or divaire de mes oraisons jacuiatoires

559 Je me servirai habituellement du vice même de mou earacté 6, facile à s'éfancer et à ae fourmenter Hal à propos, CON Le d'un 1 OVER

de revenir sans cesse à la confiance pour y trouver le Gairie et L4 paix

is 6 Je à de as ariQ TA SOUVeERt à | el, ANS MO prières et au saint sacrifice, cet 0 JP L'amour,

«le nn et de paix dans ma conduite,

FREE Je profiterai Go [Ouiteés 168 OCCASIONS Dour 1 insinuer cel GSprir, tie futre entrer di tous mes conseils, mes conversations et mes rapports avec le prochain, faisant partout en BOrtG qu'il AIS décénère nan en tauiblesse et en a mi té , et ne Fi rdan Jam y de

{5 VIE DE M. BILLAUDÈLE

Teile est la voie par ] aquelle a marché le vé néré père, pour ne à cette perfec tion de harité, de confiance et,de paix dont nous avous recueilli et goûté les its

Et si l’on pense à l'agitation des temps, dans lesquels 11 posait avec tant de fermeté, les ton:

ements de cette tranquillité d'âme, on en sera encore pIUls étonne.

La paix des esprits, qui avait suivi la chute de Napoléon et les prem ières aunées de la l'estauration de l'ancienne Lynastie, n'était qu'appare nte, Aa fond, l’hé réilité du trône et de {a parie L piété des 5 dr fort suspecte du ve ste (e) € Rat XV TELE, talent pas mieux acceptés que ne l’avi aient été. dix ans plus tôt, le Concordat et le Code civil, Le principe électif préten ndait régner seul, comme si, infaillible

uppléait à toutes les caran-

(ana LA È ÊtS ï auns ses Arrets, 1 j

lies de sagesse, da modération, d'indépendance. Or, par une Mmzarre conti adietion, le modèle des gouvernements électifs, “Eglise, restait méprisée et asservie, considérée comme une arme aux Mains du pouvoir, Au ils u. de la libérté £ zéné rale, elle seule n'avait pe 8 recouvré 665 An ciennes franchises Los écrivains les plus émi-

nents secondalent cette hostil té contre elle F

par un perbe lifférence en matière ral gieuse, par un éclectisme philosophique, jus üant tous les systèmes € flattant de dé x

rasser peu à peu l'esprit anaih des langes du nristianiemée, Cette haine sourde, l'occasion ionnee, ne ue nanquer ‘d'éc late en SCÈNER le dé ordre: les CSD »rits réfléchis le Drévoy aient et Craig naient pour l'Eglise le re Fe des plus

mauvais jours de la révolution,

18, M, Billaudèle avait entravu cette

D oo

VIE DE M. BILLAUDÈLE 47

persécution qui devait suivre la catasi rophe de 1830, et il s'y était préparé par Ja prière, pa

abandon aux soins de la Providence.

& Dans les circonstances actuelles J'aurai, disait-il, à me prémunir contre les outr'ages ct les persécutions dont le clergé est menaci , et à faire à Dieu, d'avance, le sacrifice de mon repos, ma tranquillité ot même de ma vie; mais ah ee total de moi-même entre les mains de la divine Provide nee pour tout ce qui peut ut arriver de plus fâcheux et de plus pénible.”

Et cependant c'est au milieu de cette agitation ; oénér ale, de ces menaces, de tes cris de mort, et dans les jours les plus éritiques d cette émotion populaire, que Île rénérable ac teur des philosophes de Clermont, plus inquiet sur l'avenir de ses jeunes lévites que pour lui. même, jette d'une main ei ferme les fondements de cette Ina ble confiance et de cette paix de l'âme qui ne l'ont plus 18 jamais abandonné.

Près de onze années s'éc ulèrent dans 168 divers emplois de professeur et de directe ur, que M Billaudèle remplissaif au Réminaire de Mont-Ferrand, Le cœur loyal et us da 408 che rs À Uvers nats fut conquis Dar la, douceur et l'affabilité de son caractère, et la bonté avec Inquelle il les traitait; ils l’estimèrent, is Le prirent en vénération et ils l'aimèrent avec la vivacité et la ténacité qu'ils ont coutume de

mettre en it. Et comment ne l’eussent-ils

to pas aimé! Il était pour eux nn v« ritable père, et, chaque jour, ils pouvaient étre témoins de faits touchants semblables à cout que nous rencontrons dans la vie de l'évêque d'Amata,

l'Apôtre de l'Océanie.

Lis VIS DE M. BILLAUDILE n'?" * fr LE! ke “ L si à j 1 Né d'une famille extrêmement pauvre M.

Douarre fut plusieurs fois sur le Em t d'interl'oMpt STE ét : (Er 18 LOU LLT'S la P: iaence vint à son secours, et M. Billaudèle fix dans Ur)

struiments dé le ciel

se servit pour Île are Mais laissons le

moment déc (Rif. un deg : |!

Miisgonnaire apostoli (UE HDOous raconter Ii- 1 i

méme cette émouvante histoire :

entôt, dit-il, je commencçai à entrer dans

me voie semée d épines hévissée de peines ef

d'obatacles Mu famille était réduite à un tel état de pauvreté qu'afin de pouvoir payer ma

14 LT. ; 2 2 A KE À DensiCN, LÉCAIS O 0110" de faire MmoL-meme une

classe de français, vendant que J'apprenais la

langue iatine, Mais après le cours de na * 0 1 ‘ de ‘ 4 sophie à Mont-Ferr:nd, prés Clermont en Au l : 1e Velo GNneZ 168 Ve] l'ADIe 5 ulpi ICIens. Ho père

me dit:…—Mon fils, 1 est impossible absolament ossible que tn continues tes études.

Je n'avais cependant plus que quelques années à franchir, pour Re ; l'état .

SAS LIQUE vers loquel 6 Me

{ : 1 Cote MC Tourner, 10 MG rens

CODUMUMNO,

onnez-n01, Jé vous prie, Un passeport Pour quel pays

té T? Ù ÿs

… l'our quelque pays que ce 4OÏt, POUrVit que vons m'en donniez un |

[) me 16 donne, 16 pars, JO H'AVAIS AVEC

101 pour tout bagag jue aenx OÙ {? 8 chemi-

” + } Le LD “Ti: nl à Y SEK O1 jUCIQUER narûass, J acnéte un 8

ac militaire, fin de porter le tout commodément ef cheminer | a aise, et me voilà parti.

C'était vers le minovembre 1830, Déjà

rer

VIE LE M, BILILAUDÉELE, 4.9

J'étais dans les environs de Clerm nt, je mar. Chais péuiblement, J'étais haletant de fatigue, lorsque tout à COUP js vois dev: int Mot M. Bil laudèle, directeur du séminaire de philosophie de Mont- Ferrand, au jourd’'bui supérienr général de la communa uté de Saint-Si ulpice au Canada, of, à sa suite, tous mes anciens condisci ples qui al ent à la promenade,

(hest lui. c'est bien fui, disait-on de tous côtés, c'est le petit Douarre !

On avait l'habitude de me nommer ainsi, Je he j'olu cris or de l'état dans lequel le me trouvais, il n y à pas de honte à être pauvre, et j'allai droit à et | |

« M. Billaudèle qui était si bon, si aimant, si aimé, 8 s'approcli a dé moi et me demanda aveo bonté où j'al ais, ce que je faisais...

‘6 Je lu) réponilis en versant un torrent de larmes que je ne le savais pa S; que mOn père ne po VAN TC plus suffire à mon éduc ton cléricale, J'étais obligé d'y renoncer. Son cœur s'attendrit : il me consola et me dit :

Mon enfant, allez à Mont-Ferrand, je pengerai à vous.” nn

‘€ [1 me confia à l'un de mes chers amis, mon compatriote, sous diacre et maître de conférence en philosophie, Celui-ci me conduisit au sémi: naire, me donna avec la plus tendre charité tous les soins que réclamait mon état de lassi. tude, Bientôt M. Billaudèle rentra, ! m'admit

dans 8a maAIson où je fi, {: ant bien q…. vial, mon cours de physique, Le vénérable M. Royer &

chargea de payer ma pension n.

Durant cette année le jeune Douarre redoubla d'ardeur pour Pac au isition et Ja pratique si vertus chrétiennes. Son recueilloment au pied

Ù ses ! ET r rt ) # Ve des nntels révéla une Ervanac VIVACITE de 101

une puissance encore plus grande d'amour, sa lévotion à Marie 0

ICRA Jovenu prêtre, 1

‘andit jusqu'à l'enthousiasme, ] nira chez les Müristes, chargés des missions de l'Océanie, La Nouvelle Calédonie ayant cté érigée en vicariat-apostoli. que, M. Douurre en fut nommé le premier

; rs bd

évéqu Là, après avoir affronté mille fois le martyre du sang, il mourut en 1853, martyr

le son zèle et de sa charité pour les pauvres

ALLOY OPOPIATCS de ces îles barbares Mais jamais 1 n'avait oublié celui qui en lui assurant sa vocation, l'avait mis à même de conquérir ‘ette couronne, et dit l'autour de aa vie, ‘il est:

impossible de raconter quels étaient ses sentiments de gratitude pour le vénérable M. Royer, et pour le tendre M, Billaudèle, [l ne lui suf- ‘sait pas de nourrir ces sentiments dans son cœur, il les publiait avec les bienfaits reçus ; #6 le propre des hambles et des grandes âmes.” par cette honuté, cette charité, et par de emblables bienfaits que M. Billaudèle avait

#4 tenl's au séminaire ET, de

Î gne pour venir au Canada, 60n départ fut con. idéré comme une grande perte pour

J AA nd TX. : e 14 à PS A n Au séminaire de Mont-Ferrand, M, Bitlauc êle aviuit écalement connu M, Rambault, autrefoi rédacteur du journal La Patrie,

Dès son arrivée à Montréal, M. Raï bault renoua les Lens resnect et d'atts UT aryt f 14}

110 4 1CS LiULIt LE LA [LA : GC CO ACLACNCMENTC ALI qui lunissaient à son ancien directeur, et il ne

cessa, lui et toute sa lammdiie, de lui témoiguer,

VIE DE M. BILLAUDÈLE 51

à Véneration 14 pi Us P H'ofoud( Nous FAVOrs peu de choses 16e IMOT1: (4 li armenèérent M, Billaudèle en Amérique, mais

ou À sa mort, Li confiance la plus entière et

nous avons va qu'il avait désiré les missions.

fl > de n% 19

Ji CONNAISSAL L'œuvre de Montreal et lo beson L] n . « Ps

JUOn ÿ avait de sujets, Je souvenir de M

Quiblier et de M. Bail fe, A DK nf

ŒUI JIOE OÙ (6 VI, La 16 is, dès 1529 LS

8 étalent dévoués À cetie mission, nréoceu piut

donc la pensée du directeur du BÉMiuaire de Clermont, Lorsqu'on parla de fonder un grand séminaire à Villemarie pour y corpléter l'œuvre do la ai o188e et du coli lège, 8i M Billaud Je ne; fit pes les premières avances pou y. êt le ENVOYÉ, au Ft D ee que la proposition qui lui fat faite d'aller aider à cette fondation, ne le prit pas au dépourvu, lui fat même tré: agréable, et 805 pré] aratifs furent bientôt faits,

Il partit du Hävre au comwmencament de l'automne de 1837. Ses com apas s le voyage étaient M, Chalbos, qui à &a SL HVeC SUCCÈs au collège et à la paroisse de Montréal; M Fay T0 ond, désigné pour Baltimore, ot les quatre pr'emicrs itères des D Colos chrétienne 5, demandés par M. ea ier pour Le écoles de Montréal : vos le frère Aidai nt ARS ; les frères Euverte,Rambeau et A: dal! bertus : c'est de l'obligeance dé ce dernier que 1 L\OUS ten0] les part ait és de ce voyage.

Partis de France le 10 octobre, montés sur le Æouis- Philippe, \lé (UN ‘arrivèrent à Ni w-York que le 3 noverbre.

Pendant toute la traversée, M. Billaudèle fit remarquer ga grande confiance en la Provi dence et dans la ivès ARE Vierge, I ne crai gnait pas, disait-1l, les temyètes de ia mer, Çar

52 VIE DE M, BILLAUDÈLE.

Canada, il était tombé sar un passage latin

au moment où il avait recu sa mission pour le , | jucique livre spiritue |

qu'il tradusait ainsi :

AN serviteur, TU ne perias

DAS è A \ , [2 , Ep À \ pére, qui n'était pas

es, se perdit en visitant i onait.

as

l'accompa

rudence, de crainte qu'on ne 5, il ne voulut

j L L + * — L point demander d'indication, et probablement qu'il eût été fort embarrassé de le faire, ne sachant {6 | 1] D'AIMONL.:

&] fl

nc x . biesit “y Al Aer ae À : tetes (| 1 LiGS VOVAS'OUrTS 5 6 ODATQUErNT SU i6 CAN

{4 L'OV, ni uvelle aventure: cette (OIs, ce tu ‘ ) LA 1 : PONT : : & UE A s E. Ch DOS qui, par on ne sait quelle méprise n »

S, dr

SL SR. DIT pa i dés, IR FTrO Aenice viendra nhnts ’ PAS / # À LU JA s EN : £ OS “ nn toi NAS or A € FE } \ 1 faisait remarquer que M.

Lt ! À L Chalbos, étant leur économe et leur pour VOVEUlL, AVAIT 811 Du être volé, et jeté Aans 16 nai ( ! , { EN 411 AY ONE STE a. Not on reDrTeNAIE-T1I A1 { halbos Î , : AN. 1 vida: | fans aune trop Marie, et un serviteur de Marie ne +1 4 L ce 1r ”?

peut i “ll 11 ri!

La Providence vint on etfet à 1 S6COUrS,

U | n x se L à " . - 4 Un DON négociant de LJuébet QU aval fait

AVeC eux la traversée de ( Océan, VOvant leur } V

ES mm

VIE DE M. BILLAUDÈ’E. 53

embarras, eut la bonté d'avancer tout ce qui fut néressaire pour leurs dépenses sur le bateau de Troy à White-Hall.

Le lendemain M. Chalbos se retrouva au terme du voyage ; et comme il avait payé le prix de passage de tous ses compagnons, sur le canal de Troy, le capitaine du bateau, sur la présentation des billets, eut l'honnêteté de leur rendre {argent que leur avait généreusement prêté le négociant de Québec.

Ils arrivèrent à Montréal le 7 novembre, Le

1ois suivant, les bons frères ouvraient leurs

écoles vis-à-vis le séminaire. Deux ans après, M. Quiblier les installait dans la maison de la rue Cotté, devenue ainsi ia maison-mère, d’où sont sortis les établissements que les frères possèdent en Canada, et une foule de sujets choisis qui travaillent dans ceux qu'ils ont fondés aux Etats-Unis.

Une feuille volante que nous retrouvons dans les papiers de M. Billaudèle nous révèle un talent que nous ne connaissions pas, celui de l'inspiration poétique. Jamais nous n'avions soupçonné que le bon père s'était amusé à faire des vers: comme la pièce n’a point de date, et que par le sujet elle se rattache à l'époque de sa vie que nous traitons, nous la citons à titre de curiosité,

Loin de ces lieux témoins de ma naissance, Ün sol chéri provoquait mes soupirs | de t’implorais, aimable Providence, Docile, enfin, tu comblas mes désirs.

Salut, Villemarie, Salut, cité chérie, Oui, désormais tu feras mon bonheur; Regçois mes vœux, mes transports et mon cœur,

54 VIE DE M. BILLAUDÈLE,

J'avais quitté le plus tendre des pères, Le cœur touché, les yeux baignés de pleurs ?

Mais loin de lui, je retrouve des frères ; D'autres amis je retrouve les cœurs.

Salut, Villemarie, etc.

Qu'on est heureux, Ô pieuse Marie,

De partager ton bienheureux séjour 1

De respirer dans ta douce patrie |

J'y veux passer ne à mon dernier jour, Salut, Villemarie, etc.

Quand réunis sous tes tendres auspic es, Nous nous livrons aux transports les plus doux, ï on cœur sourit à nos chastes délices, Et tu nous dis : “ La paix soit avec vous |” Salut, Villemarie, Salut, cité chérie, Qui, désormais tu feras mon bonheur; Reçois mes vœux, mes transports et mon cœur.

Si |a pièce ne 8e recommande pas par le mérite littéraire, elle est au moins un témoignage authentique de cet attachement profond « jue M. Bi illaudèle avait voué à cette terre du Un. nada, pour l'amour de laquelle, à l'exemple de tant de confrères, il avait tout sacrifié.

PAPE, GT 0 Om

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