VERTUS ET DÉVOTIONS PARTICULIÈRES DE M, BILLAUDÉÈLH
l'esprit de vecueillement qui ne le quittaïit ait attentif à toutes ses paroles
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el vigilant AU) }U" les mouverien ta d: a son cœur,
Pa detente plu parfaitement cette disposition, il ha toujours d'avoir le moins possible de relations avec la monde extérieur, et 8e bor- Îles dont sa position et son ministère lui ent un devoir indispensable, Aussi, dans la d'éviter la distraction et les pertes de temps, rendit-il de plus en plus rares les corresponlances même les pra légitimes : sa famille s'est plainte quelauefois di rareté de ses lettres: ses |
rs fois le reproche,
bis pu avoir une Cor-
tph 3 flatteuse ; car
e connaissaient L': a iimaient, s'atta-
ii, et tenaient à être conservés dans
on souvenir, Evêques, prêtres, parents et am 2 {
.. an cC
; pas un ne l'a oublié ; et ous res srettaient d'êtr
privés de ses consoils et de voir cesser des rels tious que souvent ils persistalent à continuer de
leur côté, malgré son silence, Cette habitude du recueillement entretenait en lui l'esprit 1 ju'il eut toujours à un at 1 é« î paraître surtout dans
récitation du saint office et à l’autel, dans la
Ai Alma ts " 1; at ot + roots " CéleDEATION GCS Saints MmMystéres à
VIE DE M, BIL DÈLE 91 La récitation du bréviaire lui prenait un temps considérable, et devena habituellement pour lui une vraie méditation, que l'intelligence étendue qu'il 4 ui dait ficile, en lui fournissant une abondance extrême de pieux sentiments qu'il savourait à ioisir,
Son recueillement dans la prière aurait pu faire croire qu'il avait oublié la terre et qu'il ne pensait plus qu'au ciel. Lorsqu'il récitait le saint office au jardin du séminaire, où dans l corridors, On pouvait pass Et repasser aupré de lui sans qu'il sen aperçu! Gt lorsqu ll SQ préparait à dire [a sainte messe, si quelqu'un
venait pour lui parler, à la surprise qu'il éprou
avait des divines Ecritures lui ren-
« : à MECS En ELA : L 17 vait, à la première parole qu'on fi dressai © 4 ? “ . 1 # on pouvall s apercevoir qu lavitit arraché à une forte pensée et comme distrait iné sorte LA
d'extas
à FRS À fn ? ‘ } t | 11 11/1 Comme il était beau à au te SOIT QU 11 8Q frappât la poitrine avec un sentiment profond
d’'humilité, soit que lisant le texte sacré, 1] fit pa raître le respect dont 1! était pénétré pour ia
parole divine, soit que levant ses mains supphantes au Ciel, 11 appeiñil avec ferveur l'as818-
tance et la bénédiction de eu 8! * peur'e Qu'il était beau surtout, äu Jour des grandes
solennités. ee vieillard ecauronuée d6 CheveEu ins \ 1 4 ‘11 M" s TI. l ) DIANCS, à LA Lalllo MAJESEUCGUSC, à 1&4 VOIX pure et sonore, tendre et pleine do puissance, entonnant l'hymne des anves, cu le chant 81 solennel de la Préface qui OUVTE 14 bartie 14 DIUS AUSUSLE les À pl d : 2.
du sacrifice, et qu'on ne se lasse jamais d'en tendre. Aux jlours des grandes tristesses de
) "a j ET ! LT ous ri 1 l'Eglise, lorsau'1i chantai les douleurs du Fils
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sonne du Sauveur qu'il représentait, que ses accents allaient au cœur, attondrissaient et faisaient verser des larmes,
Comme tous les hommes de Dieu, M. Billaudèle avait ses dévotions particulières. Après la divine Fucharistie, après les sacrés Cœurs de Jéxus et de la très sainte Vierge, les objets privilégiés de son culte étaient la sainte Famille et saint Joseph, Il parlait de ce saint dans chaque retraite qu’il donnait; il avait même composé, en son honneur, une courte prière, qu'il récitait tout haut à ja fin de chaque instruction, Dans les derniers exercices spirituels qu'il donna à la congrégation de Motre-Dame, il témoigna qu'il voulait consacrer les dernières années de sa vie, à faire connaître et honorer saint Joseph, qu'il voulait aussi avoir recours spécialement à sainte Anne et à sainf Joachim pour obt enir une bonne mort, ajoutant pour raison, “que l'heure décisive n'était pas éloignée pour lui,’
‘ Dans tous ses entretiens, écrivait M. le supérieur de l’Assomption, il aimait à inculquer à la jeunesse la dévotion aux cœurs de Jésus et de Marie. Il était beau d'entendre ce saint vieillard parler sur ce sujet avec toute l’effusion de sa belle âme, Un jour, dans un de ces épanchements que je n'oublierai jamais, il nous dit en nous faisant ses adieux: “ Savez-vous pourquoi j'aime tant le collège de l'Assomption ?.. je vais vous le dire, c’est qu'ici je rencontre partout les portraits de mon père et de ma mère. Nous le regardions avec surprise cherchant à deviner sa pensée, et lui souriant :—Oui, continua-t-il, vous avez ici dans toutes vos salles les images du cœur de Jésus et du cœur de Marie; ce sont
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les portraits de mon Père et de ma Mère; ne soyez donc pas surpris que j'aime tant votre collège, vous m'avez pris par le cœur,”
De cette dévotion était née cette confiance sans bornes qu'il avait daus la bonté de Dieu, et qui l’a fait appeler le Prédicateur des miséricordes divines.
Nous avons dit comment cette disposition était devenue dominante dans son âme, nous avons signalé plusieurs exemples! Voici un trait qui y a quelque rapport.
‘“ Quelques semaines avant sa mort, j'eus occasion de le voir, raconte un de ses confrères, et dans la conversation je prononçai le mot de testament, Oh! pour cela, me dit-1l avec une certaine vivacité, mon grand bouhour c'est de mourir sans être obligé d'en faire. On fera bien tout ce qu'on voudra de ce que je 'aisserai après moi: d'ailleurs, je laisse 81 peu de chose
ue ce r’esé rien, Connaissez-vous M, X'#% ?
avez-vous qu'il est venu me voir ce matin pour me parler de son testament? Iln’y a que huït jours qu'il l’a écrit, et il a été obligé de Le changer ce matin. S'il vit encore dix ans et qu'il ait, tous jes huit jours, quelqne chose à y chan-
er, il écrira un volume de testaments. C’est
ien là ce qui s'appelle se meütre pour rien la tête en quatre, Moi, je suis bien plus heureux; je ne veux point perdre mon temps à faire et à défaire des testaments.
Mais, Monsieur le Supérieur, repris-je alors, il serait cependant bon que vous fissiez un testament ou que du moinsvous indiquassiez votre volonté; pour ma part, si vous vouliez me donner quelque souvenir, vous me feriez grand plaisir,
Alors, jetant sur moi un regard pénétrant
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qui indiquait une certaine peine de m’entendre ainsi parler : Tiens, me dit-il, vous aussi, vous allez me parler de testamen.! Ahi il y a longtemps que j'ai pris la résolution de n'en point faire, Quand mon père mourut, quelques anmées après mon arrivée à Montréal, mes frères m'écrivirent pour me dire qu'ils avaient fait le partage du petit héritage qu’il nous laissait, et que j'avais ma part comme eux, Ce n'était pas un grand héritage, mais tout de même je ne savais qu'en faire, Je medemandais s’il fallait employer mon petit revenu en bonnes œuvres ou le laisser à ma famille, Plus je réfléchissais et plus je me brouillais dans mes calculs, Bientôt vint le moment où j'y pensais le jour, où j'y songeais la nuit. Je me décidai alors à demander conseil, je contai toute mon affaire à M. Quiblier. Ce bon supérieur, que vous n'avez pas connu, riait en voyant mon embarras, Quand j'eus fini, il me dit: “ Maïs. Monsieur Billaudèle, vous voyez qu'ici vous n’avez besoin de rien; pour les bonnes œuvres, nous avons de quoi suffire pour le moment aux besoins de la paroisse, (royez-moi donc, écrivez à vos frères de se distribuer votre part. ‘“ Mais, Monsieur le Supérieur, dis-je alors, ce que vous me dites là est bien vrai, je n’y avais pas pensé.”
‘© À partir de ce moment tous mes embarras se dissipèrent : je fus dans nne paix complète ; j'écrivis de suite à mes trères, et depuis je n'ai plus entendu parler d'héritage. Et vous croyez aujourd’hui que je vais faire un testament! !??
Je n'avais rien à répondre à une telle arguimentation, ÂAlors il poursuivit lui-même :
‘ Croyez-vous par hasard que c’est pour cela que je suis venu de si loin ? Eh! no savez-vous
0, me TP
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pas Ce que le bon Dieu promit autrefois À Abraham quand il lui dit: Æaredere de terrä tuû, et de cognatione tu&, sors de ton pays, quitte ta famille, et je te donnerai une récompense : mais quelle récompense ? Æg0 ero protecior tuus, et merces tua magna nimis: je te donnerai d'abord ma protection, mais la protection la plus forte, la protection d'un Dieu. —Et après que te donnerai-je encore ?—une récompense, — mais encore une fois quelle récompense ? Magna nimis, une récompense magnifique, —la récompense d'un Dieu. Que voulez-vous que je désire de mieux ? Dieu est notre protecteur, ceci regarde toute la vie présente; dans le ciel on n’a plus besoin de protection, Croyez-vous que je vais m'occuper après cela des affaires du monde ? Croyez-vous que je vais m'occuper de mon testament ? Et pour la vie future, dois-je penser à autre chose qu’à la grande récompense que le bon Dieu nous à promise? merces tua Ego.
Entendez bien, c'est ie bon Dieu lui-même, Ego; cen'est pas un autre. Est-ce que vous pensez que j'ai peur de mourir? Le bon Dieu est-il pas mon Sauveur? Ægo Salvator tuus.
S'il a voulu se faire notre Sauveur, n'est-ce pas pour tout le temps de la vie? Il y en a qui pensent toujours à la justice de Dieu, moi je ne pense jamais qu'à sa bonté et à sa miséricorde.” Tel a été M. Billaudèle ; un de ces types anciens que l’on ne rencontre presque plus aujourd’hui, plein de foi, de simplicité et de prudence, d'un caractère et d'une conversation ropres à attirer tout le monde. IT a été dit de fai “qu'il avait un cœur tendre comme celui d'une mère et vaste comme la mer.” Les enfante les vieillards, les mais..4 d'éducation, les
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confréries, les communautés religieuses, qu'il avait évansélisés, les familles que son ministère l'obligeait de visiter, les prêtres qu'il avait formés ou connus, les évêques avec lesquels il était entré en rapport; enfin toutes les classes de la société avec lesquelles 11 avait eu quelques relations un peu suivies, éprouvèrent pour lui un attrait irrésistible, et lui, de son côté, conserva pour tous une place distinguée dans son cœur : ot soit dans les sentiments qu’il leur vouait, soit dans le retour que ces sentiments provoquaient, il ne pouvait y avoir entro un prêtre et les personnes avec lesquelles il se trouvait lié, des rapnorts à la fois ni plus empreints d'affection et de respect, ni plus charmants ou plus édifiants,