CHAPITRE VII
LES MASSACRES DE SEPTEMBRE. — M. MOLE SAUVÉ PAR LE DÉVOUEMENT DE SON VALET DE CHAMBRE DU VAL. — IL EST ARRÊTÉ DE NOUVEAU, ET CONDAMNÉ. ~ I/ABBÉ DE SAMBUCY. — SON EXÉCUTION.
A la vieille et machiavélique maxime: diviser pour régner, la République de 179:2 en substitua une nouvelle vraiment infernale : épouvanter pour régner. De là le régime de la Terreur qu'on ne fait habituellement commencer qu'à la chute des Girondins, mais qui, en réalité, date du 2 septembre 1792. A partir de ce moment où Danton, ministre de la justice, poussa sa théorie de l'audace jusqu'à l'organisation et l'accomplissement du plus exécrable des forfaits, la loi ne fut plus qu'un mot, la justice qu'un mensonge, et la peur qui planait sur la France depuis le 14 juillet 1789 prit les proportions de la Terreur, nom légitime du nouveau système de gouvernement.
Je n'ai pas à raconter ici la préparation de ce crime épouvantable, les bons d'assassinat distribués au nom de la Commune de Paris à des brigands patentés, l'élite du clergé de France massacré dans
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réglise et les jardins des Carmes, le sang coulant comme l'eau par un jour d'orage dans les diverses prisons de Paris. Je dois me borner à ce qui regarde M. Mole, incarcéré depuis quelques jours seulement, et sa malheureuse famille. Madame Mole ne vivait plus depuis l'arrestation de son mari. Elle traversait avec lui et plus que lui toutes les angoisses de l'agonie, et n'avait qu'une seule pensée, après celle de Dieu, lui venir en aide et chercher un moyen de l'arracher ta la mort. Le dévouement d'un bon serviteur, appuyé par le souvenir vivant des bonnes œuvres de sa maîtresse, accomplit ce miracle, et triompha un moment de la sanglante ivresse des bourreaux.
Le tribunal d'assassins qui s'était installé dans la cour de la prison où était écroué M. Moh* tenait délais le matin ses horribles assises, et chaque prisonnier, interrogé pour la forme, était successivement élargi, c'est-à-dire conduit à la sortie de la prison où l'attendaient les piques et les couperets des exécuteurs de la justice populaire. Le courageux Duval, valet de chambre de M. Mole, s'était mêlé à la foule des septembriseurs, et avait trouvé le moyen depénétreraveceux jusque dans l'intérieur delà prison. Il attendait l'appel du nom de son maître, ne sachant pas encore ce qu'il ferait, mais décidé à tout tenter pour le sauver.
Quand ce nom fut enfin prononcé, personne n'y répondit. M. Mole, averti de l'horrible comédie qui se jouait ou l'ayant devinée, avait gravi l'escalier de la prison et s'était caché dans les combles. Tandis
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qifoii s'étonne de son absence, que les juges se consultent, s'emportent et blasphèment, Duval sort de la foule, et s'adressant à ceux qui l'entourent aussi bien qu'au tribunal, il s'écrie en empruntant la phraséologie du jour : « C'est un ami du peuple ! 11 y a erreur ! Ce n'est pas un aristocrate. Je le connais et l'aime beaucoup, car il m'a fait du bien. Vous devez le connaître comme moi. C'est un ami du peuple, qui ne cherchait qu'à faire du bien au peuple : le peuple ne peut avoir à se plaindre de lui. C'est sa femme que vous avez vu cent fois visiter les pauvres dans les mansardes, porter des remèdes aux malades, payer les mois d'apprentissage de nos enfants. C'est un vrai citoyen, et je ne sais pourquoi on veut le faire mourir. On l'a certainement pris pour un autre !» L'animation de Duval, son accent de vérité, le souvenir des bienfaits de madame Mole dont le nom était populaire dans tout le quartier de Saint-Sulpice, peutêtre la lassitude du crime et la fantaisie qui joue un si grand rôle dans les foules, toutes ces causes diverses agirent sur l'horrible auditoire du brave valet dé chambre : « Eh bien ! s'écria quelqu'un des juges, va le chercher, et si tu le trouves, dis-lui que le peuple lui pardonne ! »
Duval court, cherche partout son maître, et soupçonnant qu'il s'est caché dans les combles, y monte et l'appelle à haute voix. M. Mole l'entend et d'abord ne répond pas. Il a reconnu la voix de son serviteur, et croit qu'il le cherche pour le livrer aux assassins. Enfin, se voyant au moment d'être découvert, il sort de sa cachett*e, et lui dit avec un accent de dou-
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loureux reproche : « Eh quoi î Duval, c'est toi qui me trahis I — Non, Monsieur, s'écrie le fidèle serviteur, ce n'est pas pour vous trahir, à Dieu ne plaise I J'ai obtenu votre acquittement. Venez tout de suite ! »
M. Mole le croit, l'embrasse, le suit, descend avec lui dans la cour de la prison. Duval le présente à la foule qui l'acclame, qui le place de force sur un brancard, et rapporte en triomphe jusque dans la cour de son hôtel celui qu'elle s'apprêtait une demiheure auparavant à déchirer en mille pièces.
Depuis le matin madame Mole était sur la croix. Le bruit du massacre des prisonniers s'était répandu dans tout Paris, et elle se demandait, à chaque minute qui s'écoulait, si ce n'était pas la dernière de h vie de son époux. Au bruit de la foule envahissant la cour de son hôtel, à l'aspect de ces figures, de ces hommes ensanglantés, elle frémit d'horreur et croit d'abord que c'est le cadavre de M. Mole qu'on lui apporte pour insulter à sa douleur. Mais un second coup d'œii la rassure. Elle le reconnaît, voit qu'il est en vie et devine à l'air rayonnant de Duval que le bon serviteur a réussi à sauver son maître.
Elle se précipite au-devant de l'étrange cortège, veut se jeter dans les bras de son mari. Mais les septembriseurs qui le portaient l'arrêtent, et tandis que ]a foule, au milieu de laquelle elle reconnaît des visages amis, l'acclame à son tour et l'accueille avec des cris sympathiques, les bourreaux mis en belle humeur lui disent en ricanant : « Tiens, petite citoyenne, voilà ton mari ; nous te l'apportons, mais
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à la condition que tu nous embrasseras ! » Ils lui auraient demandé, comme à mademoiselle de Sombreuil, de boire un verre de sang humain, qu'elle l'eût fait sans hésiter. Elle se prêta donc à leur caprice de tigres apprivoisés et de ses lèvres pures toucha la joue de ces bandits. Puis elle rentra chez elle en possession de son époux reconquis, tous deux brisés d'émotions, suivis du bon Duval qui jouissait plus qu'eux-mêmes de leur bonheur, tandis que le vieux président Mole, qui, de sa fenêtre, avait regardé en souriant le retour triomphal de son fils, l'accueillait comme s'il l'avait quitté la veille, également préservé, par le triste privilège de son âge et de son infirmité, des angoisses de l'inquiétude et de l'excès non moins dangereux de la joie.
Ni M. Mole, ni sa femme, ne se laissèrent aller à de longues espérances. Ils considérèrent leur rénnion comme un sursis de la Providence plutôt que comme une solution définitive d'une situation irrémédiablement perdue, et, de cet avertissement de la mort qui les avait presque touchés de son doigt, ils gardèrent une intelligence plus profonde du mystère de la vie et un plus grand abandon à la volonté de Dieu. Les horreurs qui se multipliaient sous leurs yeux n'étaient pas faites pour les rattacher aux choses de ce monde, et chaque jour leur apportait une preuve nouvelle de la vanité des espérances humaines. Parmi les victimes des massacres de septembre, le Père Lenfant, ancien jésuite et prédicateur éminent, fut une de celles que madame Mole regretta le plus pi'oli indément. Ce saint i)rêti'e était son père spiri-
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tuel ; elle lui avait confié la direction de son àme et sa mort lui enleva un appui que la difficulté des temps rendait plus précieux que jamais. Les prêtres restés fidèles à l'Église étaient partout poursuivis, chassés , emprisonnés , et la pratique du culte catholique, la réception des sacrements, l'assistance au sacrifice de la messe, étaient devenus presque aussi difficiles qu'aux temps des persécutions des Césars. Chose étrange, qui prouve la solidarité de toutes les erreurs et le mensonge de la liberté en dehors de la vérité, dire ou entendre la messe, c'est-à-dire accomplir l'acte le plus purement religieux, le plus étranger à la politique, était un crime puni de mort par la Convention, comme par le parlement anglais sous Elisabeth, et sur ce terrain de la persécution religieuse les monstres de 1793 donnaient la main aux despotes protestants , qu'ils se nommassent Gustave Vasa en Suéde, Henri VIII et Elisabeth en Angleterre ou Calvin à Genève î Et tout cela se faisait, en Angleterre, en Suéde et à Genève, au nom du libre examen, comme en France, au nom de la liberté, de l'égalité et de la fraternité !
Du fond de son hôtel où elle menait avec son mari et ses enfants la vie la plus retirée, et d'où elle ne sortait guère que pour aller entendre quelque messe dite en cachette dans une maison particulière ou pour aller visiter les pauvres, madame Mole assista, la prière aux lèvres mais le cœur brisé, à toutes les péripéties de la Révolution, depuis le procès et la mort du roi, jusqu'aux convulsions intestines de la Convention, à la chute des Girondins et à leur mort
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sur réchafaud. De ce moment, toute résistance à Danton, Robespierre et Marat cessa , le tribunal révolutionnaire et le bourreau furent en permanence, la loi des suspects remplit incessamment les prisons que vidait la mort, et la terreur fut la seule loi vivante, la seule institution de la république triomphante.
Pourquoi M. Mole ne chercha-t-il pas à fuir la mort certaine qui l'attendait à un moment ou à un autre? Et comment ne tenta-t-il point une seconde émigration? Il s'arrêta sans doute dewnt la presque impossibilité de gagner la frontière eu ces jours de délation universelle , devant la crainte de livrer sa femme et ses enfants à la misère par la confiscation de ses biens, peut-être aussi devant le dégoût de la vie. En face de tant de hontes et de scélératesses, de la ruine de la société chrétienne, de l'avilissement de la France, en face du crime triomphantsousles traits hideux d'un Marat, et de la vertu assassinée, quelle ûme un peu haute pouvait tenir à un monde témoin et théâtre de toutes ces horreurs? Il attendit donc sans illusion comme sans crainte ce qu'il plairait à Dieu de décider de son sort.
Ce qui devait arriver arriva. Fut-ce ta la lin de 1793 ou au commencement de 1794, je l'ignore, et je n'ai pu savoir exactement le jourdeson arrestation ni le temps qu'il passa en prison, avant d'aller à Péchafaud. Gomme la première fois, les agents du comité de salut public vinrent l'arrêter dans son hôtel, et le conduisirent à la Conciergerie où il resta enfermé jus(iu'à sa mort. Madame Mole, malgré toute l'éner-
gie de sa foi, eut peine à supporter cette nouvelle séparation qu'elle pressentait devoir être la dernière. Un moment, son courage l'abandonna, elle se laissa aller non au désespoir mais à un déluge de larmes, et ses gémissements eussent désarmé des tigres; mais ils laissèrent froids les dignes soldats de Robespierre. Elle contracta dès-lors le germe de la maladie qui faillit l'emporter quelques mois plus tard et qu'elle eût bénie, si en la retirant du monde, elle en eût retiré en même temps ses pauvres enfants.
Pourtant son énergie morale ne l'abandonna point, et jusqu'à la fin, elle chercha avec l'aide du brave Duval, à arracher son mari à la mort. Cet homme de cœur parvint, à force de démarches et d'argent, à gagner les geôliers de la Conciergerie et à pénétrer jusqu'à M. Mole. Il lui proposa des plans d'évasion, dans lesquels sans doute il eût pris sa place et payé de sa vie son dévouement et le salut de son cher maître. Mais M. Mole s'y refusa absolument. Dégoûté de la vie, las de tentatives qui eussent été probablement infructueuses et qui n'auraient eu pour résultat que de perdre son fidèle serviteur, il préféra s'abandonner à son sort etremettresa vie aux mains deDieu.
Duval ne se tint pas pour battu; jusqu'au jour où M. Mole fnt conduit au tribunal révolutionnaire et condamné à mort, jusqu'à l'exécution de la sentence il lutta, il espéra encore. Le matin du jour fatal, d'après les traditions constantes conservées dans la famille, le brave valet de chambre entra précipitant ment chez Fouquier-Tinville, et lui offrit au nom de madame Mole une somme considérable, un million,
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(lit-011, puur rançon de sa victime. Foaquier-ïlnville se leva vivement, se frappa le front et s'écria : « ah ! que n'êtes-vous venu une demi heure plus tôt; maintenant il est trop tard : la charrette est partie î « Il était trop tard, en effet, et Duval revint désespéré raconter à madame Mole l'insuccès de sa suprême tentative.
Cet admirable dévouement de son serviteur fut pour M. Mole dans sa prison une grande consolation. Au milieu de tant de scènes d'horreur, de tant de témoignages de la malice et de la perversité humaine, le spectacle d'un homme de cœur est doublement consolant : il soulage la conscience et verse un baume dans l'càme du malheureux. Grâce à Duval, M. Mole resta jusqu'à la fin en communication avec ceux qu'il aimait, et il put échanger avec sa femme ses espérances suprêmes et ses derniers adieux.
Mais il eut une autre consolation plus sensible encore à sonàme chrétienne, la consolation de l'asistance divine et des sacrements de l'Église. On a cru longtemps que les victimes de la Révolution avaient été privées de tout secours religieux, et des romanciers, généralisant ce qui ne fut qu'une exception, se sont amusés à peindre sous des couleurs légères la vie des prisonniers dans les cachots de la Terreur. M. Mole, le fils de celui même dont je parle en ce moment, fit sévèrement justice de ces fantaisies déplacées, en répondant à M. de Vigny le jour où ce spirituel et paradoxal écrivain fut reçu à TAcadémie. Il rétablit la vérité sur ce point si intéressant de l'histoire de la dévolution, et il revendiqua hau-
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lemeiit pour la plupart des yictimes de la terreur, l'honneur d'une vie sérieuse dans les prisons, et d'une mort chrétienne sur l'échafaud. Les applaudissements unanimes de l'auditoire, écho de la conscience publique, accueillirent cette éloquente protestation de M. le comte Mole, protestation absolument conforme à l'Histoire.
La publication de la yie de M. l'abbé Emerv, supérieur du grand séminaire de St-Sulpice au moment de la Révolution, a mis ce point historique en une telle-lumière qu'il n'est plus permis de le contester. Ce saint prêtre, âgé de près de soixante ans déjà quand éclata la tourmente, sembla avoir été choisi par la luovidencepour diriger le clergé de France pendant les trois premières années de la révolution et pour être l'aumônier général des prisons de la république pendant la Terreur. Par un doublemiracle,Dieu voulut que d'abord il demeurât libre au milieu de l'Eglise persécutée, pour être le lien et le centre decetteEglise sans évêques, sans curés, sans communication avec Rome; puisqu'il demeurât captif pendant quinze mois, toujours à la veille de mourir et toujours survivant, afin de pouvoir être le guide et le salut des innombrables victimes qui passaient chaque joui", de la prison à l'échafaud.
Ce fut au mois de juillet 1793 qu'il entra à la Conciergerie, et il n'en sortit qu'en octobre 1794, trois mois après le 9 thermidor. Pendant cette longue détention, il se prépara sans cesse à mourir en y préparant les autres. Chaque fois que les accusés partis pour le tribunal en revenaient condamnés ce qui se
renouvelait tous les jours, Tabbé Emery, à qui les geôliers eux-mêmes ne savaient pas résister, offrait de passer la nuit auprès d'eux, les réconciliait avec Dieu et les affermissait dans la grâce. Ce qu'il faisait à la Conciergerie, il le faisait faire dans les autres maisons d'arrêt, et il organisa le service des âmes dans toutes les prisons de Paris. Par ses nombreuses relations, par son action sur les membres dispersés du clergé, il trouva moyen de faire pénétrer partout des prêtres, apportant avec eux les consolations de la religion, le pardon de Dieu et le corps sacré de Jésus-Christ.
Là où les condamnés n'avaient pu se réconcilier dans leurs prisons, ils étaient avertis par des voies mystérieuses et sûres qu'à tel endroit du fatal trajet un prêtre se trouverait sur leur passage pour leur envoyer de loin l'absolution sacramentelle.
M. l'abbé de Sambucy, un de ces prêtres courageux, qui accomplissait chaque jour ce grand et pénible ministère, a déclaré que pendant huit mois qu'il accompagna les victimes du tribunal révolutionnaire il les vit toujours partir avec calme et résignation. 11 fut particulièrement frappé de la foi et de la sérénité avec lesquelles les membres du parlement de Paris montèrent sur l'échafaud. Il put même pénétrer à la conciergerie la veille de leur immolation, et il leur apporta les derniers sacrements. Il vit et entretint particulièrementM. Mole, et le soir même, il vint secrètement trouver sa sainte et malheureuse femme à laquelle il transmit les derniers adieux de son mari et le rendez-vous quïl lui donnait dans l'éternité.
Le lendemain, jour de réxécution, il se trouva comme toujours sur le passage des condamnés, et il donna à tous et à chacun une suprême absolution. M. Mole partit donc pour le ciel avec tous les secours, toutes les bénédictions de TÉglise, et ce fut pour sa veuve Tunique consolation d'une inconsolable douleur.
Soit qu'elle eût espéré jusqu'à la fin dans la démarche de Duval près de Fouquier Tinville, soit que de si terribles inquiétudes et de si longues douleurs eussent épuisé toutes ses forces physiques, la nouvelle de la mort de M. Mole la frappa comme un coup inattendu. Son saisissement fut tel qu'elle en resta terrassée et qu elle tomba dès ce moment dans un état de paralysie de tous les membres qui dura plusieurs mois et qui mit sa vie en danger. Son cœur était en haut, et la prière de la résignation et de Tespérance chrétienne montait incessamment vers Dieu, consolateur des affligés, et père des orphelins. Mais les ressorts de sa vie physique étaient comme brisés, et il faut se rappeler, pour comprendre qu elle ait supporté cette épreuve et celles qui l'attendaient encore, que Dieu avait de grands desseins sur elle et la tenait en réserve comme un instrument de miséricorde et de salut.