Naissance de l'Elu
Près de six cents ans s'étaient écoulés depuis la mission d'Isa; aucun prophète n'avait été envoyé pour raviver les cœurs éteints comme l'avait fait le verbe du Messie; la licence, Tidolàtrie et la corruption étaient a leur comble.
Les hommes négligeaient le culte de Dieu.
En Arabie, on n'adorait que des idoles et en Perse on n'obéissait qu'à Satan (i).
Le monde n'était que péché et misère.
C'est alors que la brise de la Miséricorde souffla du Trône de la Grâce.
Le Prince des Créatures (2), par la volonté de
(i) C'était le culte du Feu et celui que l'on rendait aux Génies, bons et mauvais.
(a) Chaque fois que Mirkhond parle de Mahomet sans le nommer, il le désigne par un titre glorieux, souvent très long. Le plus commun de ces nombreux titres se traduirait littéralement par « Sa Seigneurie », qui ne peut être donné en français au Prophète, car son acception dans notre langue n'est certainement pas celle que lui attribue rhistorien persan. Nous avons donc pris de préférence, un autre de ces titres qui est fréquemment employé par Mirkhond dans le sens latin de premier, et toujours suivi d'un complément. Ici c'est Prince des créatures, c'est-à-dire Premier des êtres créés. Par la suite, afin d'abréger, nous nous bornerons aa titre de « Prince », que le lecteur devra toujours se figurer suivi d'un complément.
Celui qui donne aux êtres leur essence individuelle, le Médiateur, l'Elu, naquit d'Aminah, fille d'Abd- Munâf Zohri, dans le cours de Famée de FEIépbaBt (i), à la fo de la Ss^ aimée de Tère d'Alexandrie, et montra aux habitants de la terre ses traits bénis, ornements du monde. Toutes les chroniques placent son berceau à La Mecque, dans une habitation de la fraction des Béni Hashem. Cette maison fut pieusement conservée jusqu'à l'époque oii Janzar, mère du Khalife Haroun-al-Raschild y vint en pèlerinage et bâtit sur son emplacement une mosquée pour que chacun pût faire en ce lieu sacré ses cinq prières quotidiennes.
On n'est pas d'accord sur le jour précis de la naissance de Mahomet. Suivant une tradition ininterrompue, ce fut le premier du mois de Rabi (2).
Voici quelques-uns des prodiges qui, au su de
Voici la série des titres donnés au Prophète par l'auteur persan :
Prince (premier) des existences — des Hommes et des Génies — des Prophètes — des deux mondes, supérieur et inférieur — de la Fin — des derniers Temps.
Sceau de la Prophétie — Dernier des Prophètes — Prophète des derniers Temps — Prophète de la Fin — Meilleur des hommes -- Elu — Meilleur des Etres créés, etc.
(i) Ainsi nommée à cause de l'expédition d'Abraha qui fut anéantie par les pierres des oiseaux Ababils; l'éléphant Mahmud seul échappa au désastre. C'est l'année 670 de l'ère chrétienne.
(a) Suivant Gaussin de Perceval, Mahomet naquit dans le mois d'août 570; suivant le docteur Sprenger, le lundi 20 avril 671 (mille ans environ après le Bouddha).
Suivant Abulfeda et différents autres auteurs, Mahomet naquit le douzième jour du mois de Rabi à midi. Ce mois correspond à notre mois d'avril. Le soleil était alors au dixième degré du Bélier. C'était — selon ces auteurs — en l'an 578 de J.-C.
tous, eurent lieu dans le monde durant la nuit de la naissance de TËlu :
En Syrie, la rivière de Saniuvàh^ qui était à sec depuis i,ooo ans, eut une crue et déborda.
En Perse, le feu sacré gardé par les Mages et qui brûlait depuis plus de i,ooo ans s'éteignit.
A Ctésii>lion, le lac Sadah se vida par le fond; le palais de Kosroës Anourchivan éprouva de si violentes secousses que quarante de ses pinacles s'écroulèrent (i). En même temps ce prince reçut d'Estakliar (u) Tannonce que Tincendie du temple principal do la Perse qui durait depuis près de mille ans s'était étciut.
Ces trois événements avaient été signalés par le devin Sattih comme devant coïncider avec la naissance de TElu; Anourchivan envoya donc vers lui Abd-ul-Masih pour avoir de nouvelles explications. I/envoyé trouva Sattih expirant, pouvant à peine confirmer ses assertions anciennes.
On raconte encore que, cette nuit, les Koréish s'étaient réunis dans un temple pour un festin en l'honneur d'une de leurs idoles. Elle tomba à terre trois fois et fut relevée autant de fois. A la dernière, une voix en sortit, qui proclama :
Toutes les conlrces du monde
Sont illuminées de la lumière de la Nativité
Les Idoles tombent
Tous les rois de la terre ont le cœur rempli de crainte.
(1) Les restes de ce palais à El Madain(près de rancienne Séleucie), bien qu'à l'état de ruines^ font encore aujoard'hui l'admiration des voyageurs.
(2) L'ancienne Persépolis, incendiée par Alexandre dans une orgie de nuit. On sait qu'il en reste de très belle» ruines*
'.VIE DE MAUOMIST dOQ