De la XlVe à la XXIVe années de
• . ^ la Vie de Mahomet. ^
* A l'âge de dix-sept ans, Mahomet, avec le consentement d'Abu Tâleb, accompagna ses oncles Zobeir et Abbas dans un voyage de commerce à l'Yémen/ durant lequel d'innombrables prodiges attestèrent encore sa destinée prophétique.
. Après ce voyage, l'Elu prit part à la Guerre Sacrilège à' Okatz, qui fut ainsi stigmatisée parce que l'un des partis, la tribu des Béni Haouzan, viola la sainte trêve des Quatre mois sacrés pendant lesquels il était défendu de combattre (i). L'expédition' était commandée par Abu Tâleb, cliérif de La Mec-' que, et Mahomet servait sous ses ordres comme simple archer (2) : mais il ne se signala point en cette circonstance par l'amour des armes ; il y fit aii
(1) Celle expédition fait partie des guerres de Fidjar, entre Koréisch et Béni Haouazan, guerres qui durèrent neuf ans (Sédillot: HisL générale des Arabes), Elle eut lieu vers 586, On ne sait pas quelle fut Torigine de ces guerres, mais elles prirent naissance à une foire d'Okatz. Les mois sacrés étaient Moharem, Radjeb, Dhulkaada et Dulhajja:. pendant ces mois, tout acte d'hostilité envers son prochain était interdit « en sorte qu'un homme, qui aurait rencontré le meurtrier de son pèi*e ou de son frère n'osait pas l'attaquer ni lui faire la moindre insulte. » Seules les tribus de Tay et de Khathâam et quelques groupes issus d'Al Hareth B. Caab, n'avaient pas égard à cette sorte de trêve. Ce fut exceptionnellement que les Koréisch et les Béni Haouazan l'enfreignirent [Ahoulféda ; Al Firauzabadi ; Al Koda'iy. etc.). - ' : t, . I
(2) « Selon le récit de Mahomet lui-même, sa part dans cette guerre se bornait à ramasser les flèches lancées par, les ennemis pour les remettre à ses oncles, engagés plus activement dans le combat. » (Kasimirski, d'après Caussin de Perceval : Le Koran.)
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contraire preuve d'une humeur plutôt pacifique que guerrière : cependant cette guerre le prépara eflicacement au rôle militaire qu'il devait jouer plus tard. Les Béni Haouzan furent vaincus par les Koréish et leurs alliés les Genana.
Okatz était une sorte d'oasis à trois journées de La Meçque^èntre Taïf et Nakla ; il s'y tenait annuellement, pendant le mois sacré qui précède celui du 'pèlerinage, une foire célèbre où se donnaient ren- 'dez-vous " pour des joutes d'esprit les poètes en renom, et pour des conférences et instructions les plus^ éloquents et les plus savants docteurs. C'était pour' les bardes des tribus une sorte de tournoi national dont il est resté quelques souvenirs : par exemple, les sept poèmes antérieurs à Mahomet (i), d'une grande richesse d'images et d'une sauvage éloquence, mais ne roulant que sur des sujets peu variés : Les charmes de la maîtresse, la tristesse et le vide qu'a laissés son départ, son dernier campement, la générosité et la bravoure du poète luimême, la gloire sans rivale de sa tribu, les nobles qualités de son chameau, tel était le thème habituel