‹ Vie de Mahomet d'après la traditionChapitre 27 sur 89 · wî ..J · texte numérisé non relu

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., (i) Voici les noms des auteurs de ces poèmes ou rnoal-

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' ' Imfoulkays (m. en 540), Tarafa (m. en 564), Amrou (m. en 622), Harith (né en 540), Lebid (m. en 662), Zohéyr (m. en 627), Antara (m. en 61 5). Les assemblées oratoires et littéraires d'Okatz étaient de véritables' congrès de poésie ; « malgré la simplicité qui y régnait, rien n'était plus impo- 'sant :/ c'était comme aux jeux olympiques!.: Doués d'une

• autorité sans égale, les poètes arabes devaient être les lils- ,toriens de leur pays avant (la naissance de) Mahomet ; .maîtres de l'opinion, ils élevaient 'ou abaissaient à leur .gré les différentes tribus. Aussi étaient-ils craints et respectés. » Ces i^on^rés né furent pas sans Influence sur la

• formation "Tde "l'unité arabe (Voir Sédillot,. Op, cit. ^-

• Fococke. — Caussin de Perceval, etc.) . f .^

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de la muse arabe. Quelques poésies respiraient Tamour de la gloire, l'envie, la vengeance, passions communes aux Bédouins. Les joutes entre les orateurs des diverses tribus ressemblaient beaucoup à celles entre les poètes. C'est dans ces sortes de tournois que Mahomet puisa le goût de l'éloquence et de la poésie, l'art et les règles oratoires qu'il appliqua ensuHe.

Là aussi il eut l'occasion d'entendre de la bouche des rabbins et des docteurs juifs et des orateurs chrétiens de savantes dissertations et prédications. On sait que dans toute réunion pieuse, et à la synagogue, les Saintes Ecritures étaient expliquées aux Juifs et aux judaïsants, développées et discutées. Quant aux Chrétiens, ils eurent pour prédicateurs à Okatz des moines, des prêtres et jusqu'à un évêque : Coss, évéque (sans doute Nestorien) de Najran^ que nous retrouverons plus loin^

Mahomet put donc à Okatz beaucoup apprendre sur les Religions et Ecritures juives et chrétiennes dont il s'était certainement entretenu ou s'entretint par la suite pendant de longues années, avec son cousin Waraqah, son affranchi Zaid, son cousin Othman B. Hareth, son allié Zaid, cousin d'Omar, tous quatre judaïsants et christianisants, et enfin avec le moine Bahira.

Il faut remarquer que cette instruction ne put être un cours général, qu'elle fut nécessairement décousue et superficielle, car Mahomet, étant illettré, ne pouvait se livrer à des études suivies et coordonnées. Il ne put connaître des Livres entiers, mais seulement des fragments et les récits ou dogmes courants dont son esprit seul (selon la foi musulmane, l'inspiration divine) fît un système lié, le Koran. L'absence d'études, de livres et de con-

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trôle lui fit adopter sans liésitation ce qui formait, pour ainsi dire, la foi ambiante, toute imprégnée de judaïsme, avec une faible dose de christianisme ou plutôt une certaine vénération populaire pour la mission du Christ. Quant à l'ensemble de la révélation» son absence d'instruction lui laissait toute liberté de le concevoir et de le croire tel qu'il le fallait pour justifier sa mission apostolique (i)*

Ensuite il vécut comme berger dans les environs de La Mecque. Ce genre d'occUpation qui n'avait rien de servile s'accordait avec la tournure méditative et poétique de son esprit et tendait à la développer i A cause de la pureté de sa vie, de sa piété et de sa droiture, on lui donna le surnom de El Amin (le Loyal).

En cette année (Sgo ap. Ji-C), le roi de Perse, Hormuz, fils d'Anourchivan, fut détrôné et on lui creva les yeux.

Dans la dix-neuvième année de la Vie de Mahomet, Kosroés Parviz, fils d'Hormuz, monta sur le trône.

Pendant sa vingtième annéq, il arriva un événement marquant ; la conclusion du « Pacte des Partis ». A cette époque, les Koréish étaient divisés en plusieurs partis, tour à tour oppresseurs ou opprimés.

Désireux de faire cesser cet état de choses, Zobeir B. Abd-ul-Muttaleb et AbduUah B. Judaan convo*

(i) L'opinion la plus répandue est en effet que Mahomet ne savait même pas lire. Toutefois, il eut de bonne heure sur beaucoup de ses contemporains la supériorité d'une certaine expérience acquise pendant ses voyages et a une connaissance très remarquable de la nature humaine qui lui permettait d'appréciex» en un instant la valeur morale d'un individu. » (Sédillot : Op. ciU)

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qiite»ut tous les KoréisK à une réunion oii ils leur deniandèrent de s accorder et de s'engager par ser-' ment à ne plus recourir' à là force pour régler leurs diderends. Plusieurs assemblées furent tenues dans cette vue à l'intérieur de la Kaaba, qui était regardée comme un endroit sacré et neutre. Il eh résulta^une sorte de pacte de réciprocité, aux termes duquel les ])artis se formèrent en une fédération (i); on jura de prendre toujours la défense de l'opprimé, de faire respecter son droit et, si l'on n'y réussissait pas, de le dédommager généreusement. Ce fut dans la maison d'AbduUah que s'échangèrent les serments définitifs ; Mahomet assista à cette solennité qui lit sur son esprit une profonde impressionT dont il devait se souvenir toute sa vie. . '/ .1

Ce fut encore en cette année que des anges commencèrent à apparaître au Prince. Un jour, il fit à Abu ïâleb cette confidence : .z :■: ■ j* l; o

— Il y a plusieurs nuits, trois hommes vinrent à moi, me regardèrent avec des yeux perçants, et dirent : « C'est bien lui ! Mais le temps de son apparition n'est pas encore venu. » Cette vision m'a , eflrâyé. . , . ', ' ^ ^ / *

' Abu Tâleb lui répondit : ' \ "' ' * \ \ * * " " 1

— JNe t émeus pas de cela, car ces choses ne sont que des jeux de l'imagination et des impies rêves. ^

. Dans un autre songe, un de ces trois hommes se jeta sur lui et lui introduisit une de ses mains dans l'abdomen ; il en éprouva une sensation de fraîcheur et d'apaisement. Abu Tâleb, craignant que Mahomet ne fût malade, consulta un docteur versé dans la sorcellerie. Le savant lui tâta le pouls et

(a) Celte fédération fut appelée htlf-el-fodhoul (fédération des fodhouiyi ' - •

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lui palpa le corps. Mais quand il aperçut le sceau de la prophétie, il s'écria : « Ton neveu est indemne de toute tache, de tout maléfice des démons. Les fantômes qui lui ont apparu sont de nobles anges avides de contempler un Prophète ; il ne faut en rien dire, car si les Juifs le savaient ils attenteraient à ses jours. »

Peu après, le Prince vit en songe le toit de la maison s'ouvrir en partie et deux anges descendre les degrés d'une longue échelle. L'un d'eux se tint à distance, mais l'autre s'approcha de lui, lui ouvrit la poitrine et en retira le cœur en disant : « C'est le cœur d'un pieux et d'un Prophète. » Puis il remit le cœur à sa place, et le Prince s éveilla.

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