Otbah B. Rabiah tente Mahomet et Texalte ensuite
Selon les principaux historiens, quand les Koréish virent que l'autorité de Mahomet grandissait de jour en jour, ils convinrent ensemble de lui envoyer un homme suffisamment habile dans la
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poésie, la magie et la sorcellerie, pour le faire renoncer à sa mission. Leur<thoix tomba sur Otbah, docteur assez vain pour croire au pouvoir de ses artifices sur le Prince des hommes et des génies, et « pour ne pas faire de différence entre le soleil et une lampe éteinte ». En abordant TApôtre, il s'exclama :
— O Mahomet, un grand malheur est arrivé aux Koréish! Tu nies l'existence de leurs dieux, tu t'efforces de détourner les gens de la religion de leurs pères, tu nous discrédites parmi les Arabes et tu accuses nos sages d'ignorance ! Si tu ambitionnes le pouvoir, nous te désignerons unanimement pour nous gouverner. Si tu as soif de plaisirs charnels, nous te donnerons telle jeune fille que tu désireras. Si c'est la pauvreté et le dénuement qui te font agir, nous te comblerons de richesses ; enfin si tu es malade d'esprit, nous te ferons soigner par un excellent médecin !
Quand il eut achevé ces mots, l'Apôtre se mit à réciter la Sourate qui commence par les mots : « Une révélation du miséricordieux, du clément, etc. » (ch. XLI du Koran).
Otbah écouta les bras croisés. Lorsque l'Apôtre fut arrivé au verset de l'adoration (i), il se prosterna ; puis se relevant permit à Otbah de se retirer. L'émissaire s'en revint vers les idolâtres et déclara : « Je n'ai jusqu'ici rien entendu de plus beau que le Koran. Il ne s'y trouve ni magie ni sorcellerie. O Koréish, écoutez mon conseil : respectez Mahomet; ses paroles présagent de grandes choses et des événements considérables. S'il soumet les Arabes, sa
(i) Le dernier verset.
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Fais-nous justice contre ton cousin Mahomet.
Défends-lui de blaspliémer nos dieux et nous le laisserons adorer le sien.
En conséquence, Abu Tâleb fit venir son parent et lui apprit ce qu'on voulait de lui. 11 répondit :
— Je les convie à une chose qui vaut bien mieux que ce qu'ils demandent et qui leur assurera la suprématie sur les Arabes et la possession de la Perse.
Abu Jahl interrogea : « Qu'est-ce? nous sommes prêts à le faire dix fois. >>
Le Prince : — Prononcez les mots : « Il n'y a pas d'autre Dieu qu'Allah! » — Ne peux-tu pas nous demander autre chose? — Quand môme on ferait descendre le soleil du Ciel pour le remettre dans mes mains, je ne dirais que cela. A cette réponse, les Koréisli irrités se levèrent en disant :
« Nous te maudissons, toi et ton Dieu, nous n'abandonnerons jamais nos dieux. »
Afin de détacher Abu ïàleb de son neveu, les Koréisli lui présentèrent Ommarah B. Waled, le plus beau et le plus aimable des jeunes Arabes et lui proposèrent de l'adopter pour son ftls en leur abandonnant Mahomet. Il refusa et continua à protéger son neveu. Quand les idolâtres virent qu'ils ne pouvaient mettre la main sur l'Apôtre, ils se mirent à l'insulter de plus en plus fort, ainsi que ses adhérents. Mais le Seigneur le préserva de leurs mauvais desseins, et Abu Taleb veilla sur lui avec la plus grande sollicitude. Toutefois, quand l'Apôtre des hommes et des démons (génies) vit les croyants persécutés à outrance, il leur conseilla d'émigrer.
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Appendice au Chapitre 13.
Peines et Récompenses dernières, etc.
Koran, depuis la révélation de la mission jusqu'à la première émigration en Abyssinie. (Les chiffres romains indiquent l'ordre dans lequel les Sourates se trouvent dans le Koran (édition vulgaire). Les chiffres arabes donnent leur ordre chronologique.
Sourates 22 : CXI. — 23 : LXXXVIL — 24 : XCVIL —25 : LXXXVIII. — 26 : LXXX. — 27 : LXXXL — 28 : LXXXIV.— 29 : LXXXVL — 3o : CX. — 3i : LXXXV. — 82 : LXXXIII. 33 : LXXXVIIL —34 : LXXVII— 35 : LXXVL— 36 : LXXV. — 37 : LXX.— 38:CIX. —39: CVIL — 40 : LV.— 41 : LVl.
Une vingtaine de Sourates ont été révélées durant cet intervalle de deux à trois ans. Elles ont de moins en moins le caractère impétueux, heurté, enflammé, des Sourates précédemment données : on les voit prendre une allure de plus en plus apaisée : elles se montrent en périodes plus travaillées, suivant la cadence d'une prose rythmée.
Bien que l'on y rencontre encore d'énergiques réfutations de l'idolâtrie, elles se rapportent plus particulièrement à des Légendes locales développées par l'imagination du Prophète, à la Résurrection et au Jour du Jugement, au Paradis et à l'Enfer; on y trouve enfin des scènes dramatiques où les Justes et les Damnés, les Anges, les Génies, les Esprits du Mal tiennent entre eux des colloques arrangés avec art pour servir la cause de Mahomet.
La longueur des Sourates augmente graduellement. Alors que celles précédemment données dépassaient rarement un quart de page, les nouvelles tiennent une page et quelquefois deux.
La théorie de la révélation y reçoit un nouveau développement. La révélation ne senchainc pas
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forcément; quand il plaît à Dieu de contredire un texte ancien par un nouveau, le dernier abroge le premier. Malgré cela, Mahomet commence à réclamer pour le Koran un respect quasi-superstitieux. Outre qu'il est d'inspiration divine, il a une origine céleste : « Le glorieux Koran est écrit sur le Tableau éternel. » (Voir la Bible de Vlslam.)
La Doctrine du Koran était alors très simple. Limité de Dieu et la mission prophétique de Mahomet, la résurrection des morts et la rétribution du bien et du mal sont les seuls dogmes sur lesquels il insiste; les seuls devoirs prescrits sont : la j)rière, l'aumône, l'honnêteté dans les poids et mesures, la véracité du témoignage, l'observation scrupuleuse des conventions, et la continence à l'égard de toutes les femmes autres que ses épouses et ses esclaves.
Il n'est point question des cérémonies du culte de La Mecque.
Le Paradis et l'Enfer sont dépeints sous les plus vives couleurs et les descriptions en sont juxtaposées aJin qu'elles ressortent mieux par leur opposition.
Assurément, il est pour les pieux un séjour de félicité
Des jardins et des vignes, Et déjeunes beautés aux seins superbes qui se dressent, Et (les coupes toujours pleines.
(S LXXVIII : 31-34) (0- On a fait la piquante remarque que la peinture par le Koran des voluptés du Paradis appartient tout entière à l'époque où Mahomet vivait chastement avec une seule femme âgée de soixante ans.
(i) 3i : Un séjour de bonheur est réservé à ceux qui craignent Dieu. — 3-2 : Des jardins et des vignes. — 33 : Des tUles au sein arrondi et d'un âge égal au leur. — 34 : Des coupes remplies. Etc. (Kasimirski ; Le Koran,)
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Passons sur les tourments de TEnfer qui sont trop connus et trop souvent rappelés dans le Koran.
Dans les Sourates LXXVII, LXXVIII et LXXl V, le Koran mêle à la menace de l'Enfer celle des calamités terrestres. Dieu dit :
« Les nations qui vous ont précédé ont nié la vérité, et terrible a été ma vengeance! »(S. LXXVII,
« Mais ajoute le Koran, les habitants de I^ Mecque se moquaient de cette menace et défiaient le Prophète de la mettre à exécution. »
Le Koran nous donne aussi les objections que les incrédules faisaient au Prophète et la réfutation qu'il leur opposait.
Quand il s'efforçait d'expliquer la résurrection des corps par des analogies dans la nature et par le pouvoir créateur de Dieu, il était conspué comme un sorcier ou magicien osant prétendre qu'un corps animé pouvait être tiré de la poussière et des os d un mort.
En même temps on dénonçait le Koran comme une imposture effrontée, comme « les contes des anciens » (S. LXXXIII, i3) empruntés aux étrangers venus à La Mecque et rajeunis et remis à neuf pour l'occasion ; d'autres fois comme les divagations d'un poète en délire ou les propos d'un insensé.
Les armes les plus communes contre les croyants étaient les quolibets et les railleries.
(i) 16 : N'avons-nous pas exterminé des peuples d'autrefois? — 17 : Ne les avons-nous pas remplacés par des peuples plus récents? (Kasimirski.) Voir aussi : S. III-9 : Tel a été le sort des gens de Pharaon et de ceux qui l'ont précédé. Ils ont traité nos signes de mensongei*. Dieu les a saisis pour leurs péchés, et il est teri^ible dans ses châtiments.
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Voici comment, d'après le Koran (Kasimirski), les iacrédules se moquaient des croyants :
(S : LXXXIII ;) 29. Les criminels se moquaient des croyants. — 3o. Quand ils passaient auprès d'eux ils se faisaient avec les yeux des signes d'intelligence. — 3i. Et lorsqu'ils retournaient au milieu de leurs familles, ils s'égayaient à leurs dépens (aux dépens des croyants).
Mais le chAtiment doit être proportionné à la faute, et de même nature : c'est le principe du talion qui reparaît. Ainsi, il arrivera que :
« Un jour les Fidèles tourneront en mépris et en dérision les mécréants quand, eux-mêmes reposant dans des lits moelleux, ils les verront dans l'enfer. » (S. LXXXIII, 22-36) (i).
Au milieu des moqueries et des complots des Mecquains, le Koran inculque la patience au Propliète. Il exhorte les croyants a la patience et à la résignation, et dans un passage il rappelle la constance des martvrs chrétiens du Najran (S. LXXXV)
Dans cette période, il est à peine fait allusion aux écritures et légendes juives et chrétiennes. Le Koran ne s'appuyait pas encore sur une révélation antérieure et sur l'exacte conformité de celle-ci avec ce qu'il contenait lui-même.
(La suite de cet Appendice forme en partie V Appendice au Chapitre 14)
(i) 34 : Aujourd'hui les croyants riront des infidèles. — 35 : Etendus sur des sièges et portant leurs regards çà et là. — 36 : Les infidèles ne seront-ils pas récompensés selon leurs œuvres? (Kasimirski.)
(2) Ceux qui avaient été torturés par Dza Nowas, qui les faisait jeter dans un fossé rempli de feu pour les contrain^ dre à renoncer à leur Foi.