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CHAPITRE XIV Ve ANNÉE DE LA MISSION

I. Concession faite aux idolâtres, grâce à une erreur de lecture causée par un artiiice de Satan. — a. Emigration de Mulsulmans en Abyssinie ; les Koréish les réclament en vain au Négus. — Appendice.

1. Concession faite aux Idolâtres, grâce à une erreur de lecture causée par un artifice de Satan.

Dans la 5** année de la mission, onze hommes et quatre femmes avec la permission du Prophète, quittèrent La Mecque et émigrèrent en Abyssinie en traversant la Mer Rouge, et sous la protection du Négus, ils y vécurent paisiblement, à l'abri des persécutions de leurs ennemis (i).

L'on raconte qu'après cette émigration la Sourate de VEtoile (Gh. LUI du Koran) fut révélée et que le Prophète la récita dans la Kaaba en pré-

(i) D'après plusieurs auteurs musulmans, les premiers émigrants étaient au nombre de douze hommes et quatre femmes. Le Négus séduit par leur religion aurait embrassé rislamisme.

Ce fait dont on ne retrouve pas trace dans les annales de l'Ethiopie, a été avancé par Mohamed Ibn Abd al Baki et Ibn Malkam: il est réfuté par Ludolf et par Maracci. D'après V Histoire universelle (Ed. Amsterdam et Leipzig/ il y aurait eu au nombre des émigrants une femme nommée Raklab, femme d'Othman B. Assan, « fille de Mahomet », C'est évidemment là une erreur.

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sence d'un certain nombre de Koréish. Mais quand il eut prononcé ces mots : « Que pensez- vous d'El- Lat, d'El-Uzzah et de Monat, la troisième déesse? (i) », Satan saisit Toccasion pour substituer à ce que Mahomet allait dire, les paroles suivantes : a Ce sont les sublimes Gharaniq ; en effet, on peut compter sur leur intercession ! (2) » Et ce passage satisHt pleinement les idolâtres.

En achevant cette Sourate, le Prophète se prosterna en signe d'adoration et alcîrs il fut imité non seulement par les fidèles, mais encore par les infidèles qui se trouvaient dans l'assistance. A la fin de la réunion, les idolâtres se dirent entre eux :

— Nous savons que les clefs de la Vie et de la Mort, et Talimentation des hommes sont entre les mains du Très Haut; en conséquence, nous devons admettre que nos dieux sont seulement des intercesseurs auprès de Lui (3). Puisque Mahomet a parlé

(i) Versets 19 et ao.

(a) Dans le Koran (traduction Kasimirski) les versets ai à 37 contiennent au contraire la négation de la qualité divine attribuée par les Arabes à ces trois . personnages mythologiques, ainsi que leur pouvoir intercessif : « 27. — Sauf si Dieu permet d'intercéder, à celui qu'il voudra, à celui qu'il lui plaira. »

D'après Al Jannabi, l'intervention des démons et autres malins esprits arriva par suite des manœuvres magiques et des œuvres de sorcellerie des Koréish, qui espéraient l'aire mourir le Prophète en usant de ces moyens. Les auteurs musulmans, cependant, passent sous silence ce lapsus causé par la malice du démon, et ils se bornent à raconter que Mahomet, ayant reçu cette révélation, se prosterna « dans un vif sentiment de la bonté divine ; ce que quelques idolâtres, qui étaient présents, ayant vu, ils en firent autant. »

(3) Telle parait avoir été la religion des anciens Arabes. C'est la doctrine de Platon et de la plupart des sectes de

de nos dieux en termes honorables, et que nous sommes d accord avec lui sur ce point, nous nous abstiendrons de toute insulte ou persécution contre lui!

On prétend même que Waled B. Moghairah dit au Prophète :

— Poursuis ton œuvre, les Koréish seconderont tes efforts pour propager ta Loi dans tout FUnivers

Mais quand, après cette manifestation, le Prophète fut rentré dans sa demeure, l'Ange Gabriel lui fit connaître le tour que Satan lui avait joué, ce qui lui causa un vif cliagrin.

Pour le consoler, le Généreux (Dieu) lui adressa le verset suivant :

« Nous n'avons envoyé aucun x\pôtre, aucun Prophète, au-dessus de toi : mais Satan t'a fait commettre une erreur de lecture : Allah annulera ce que Satan a suggéré et confirmera tes signes, car il possède la science et la sagesse. » (Koran, XXII,

Quand ce verset fut connu des Koréish, ils* se récrièrent ;

— Puisque Mahomet s'est repenti d'avoir confessé à la face du Très-Haut la prééminence de nos

rinde, notamment du Kesthaîsme (voir le Chant du Bienheureux).

(i) Les Koréisli ne demandaient pas mieux que d'accepter toutes les règles morales de Mahomet : ils ne rejetaient qu'une partie de sa Ihéodicée.

(2) Ce verset est ainsi traduit par Kasimirski : « Nous n'avons pas envoyé avant toi un seul Prophète ou envoyé sans que Satan n'ait jeté en travers dans ses vœux quelque désir coupable; mais Dieu met au néant ce que Satan jette à travers et il raffermit ses signes [ses versets), » Voir l'appendice au présent chapitre.

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dieux, nous rompons notre engagement et la paix!

En conséquence, ils recommencèrent à persécuter les musulmans.

Pour faire si possible le jour plus complètement sur cet incident, nous croyons devoir ajouter à ce paragraphe quelques remarques tirées de la comparaison de différentes versions qui en ont été données.

D'après un traducteur anglais de Mirkhond, un instant Mahomet pensa sérieusement à chercher un compromis avec ses adversaires, les Koréish idolâtres, en adoptant quelques-uns de leurs dieux. Cela résulte des versets suivants du 53"^ chapitre du Koran tel qu'il a été, prétend-on, originairement révélé :

I, {Je jure) Par les pléiades qui brillent au firmament, — 2, Votre compatriote n'est ni dans l'égarement, ni dans le trouble, — 3, Et il ne parle pas de sa propre inspiration, — 4- ^^ n'exprime qu'une révélation qui lui est faite. — 5, Par celui qui est revêtu de la toute puissance, — i8. Il a déjà vu les plus grands miracles de son Maître. — ig.

Voyez-vous Lât et Uzza, — 20, Et Monah la troisième déité, — 21. Ce sont les Garaniq au vol sublime (selon quelques-uns, des grues; les Arabes comparaient leurs déités intercesserices à des oiseaux volant au ciel). — 22. En effet, on peut compter sur leur intercession. — 56. Quelle est la grâce du Seigneur que tu ne puisses maintenant espérer? (C'est-à-dire pourquoi doutes-tu qu'Allah dans sa bonté a chargé des déités tutélaires d'in^ te rcéder auprès de lui.) — 5^. Celui-ci (Mahomet) est un admoniteur pareil au.x précédents admoni-

teurs, — 58, Ce qui s'approche {le jour du jugement que Von crojyait universellement devoir être 1000 ans après J.-C) est déjà proche; Allah peut seul le retarder. — 5g, Est-ce que cette nouvelle vous étonne? — 60. Est-ce que vous riez au lieu de pleurer? — 61, Est-ce que vous plaisantez? — 62, Maintenant, tombez devant Allah la face contre terre et adorez le.

L'ensemble de ces versets est pleinement confirmé par un accord évident avec le texte qui leur fait suite, texte qui se trouve en original dans le journal de la Société Asiatique du Bengale, j85o, 71° 2, (Voir « la Vie et la Doctrine de Mahomet », par le docteur Sprenger, vol, II, page ^7, en allemand,)

D'autre part, on trouve dans Ibn Ishac la citation suivante d'un chroniqueur mort l'an 120 de l'Hégire :

Le Prophète fut si affligé de voir les siens s'éloigner de lui qu'il dévia de la révélation qu'il leur apportait de la part d'Allah. Il nourrissait le désir qu'Allah lui envoyât une révélation qui opérât une réconciliation entre lui et les siens (ses parents et concitoj^ens), car il les aimait et voulait les gagner à son parti. Il était dans cette disposition d'esprit lorsque Allah lui révéla le chapitre LUI : c< Par les pléiades, etc, » Quand il arriva aux mots: « Vojyez-vous Lat, Uzza et Monah;» le diable plaça sur sa langue les mots que lui-même avait préparés et arrêtés dans son propre esprit, (La suite comme au texte ci-dessus jusqu'à : Allah lui envoya une révélation, (Koran, ch. XVII, y5,) <i II s'en est fallu depeuqueles incrédules réussissent

à te détourner de ce que noua façons recelé, à te faire tenir un langage différent du nôtre; alors ils Sauraient accepté pour ami. »)

Plus tard, lorsqu'il connut cette involontaire erreur, aux mots : « Ces gharaniq, on peut compter sur leur intercession », Mahomet substitua ceuxci : « Se peut-il que cous ayiez des fils et Allah des filles ? Ce serait V ordre inverse, Iljy a dans le ciel une multitude d'anges et cependant leur intervention nest efficace que quand Dieu le permet, (C'est la négation du pouvoir des intercesseurs admis par les religions indienne et chrétienne, mais non par la religion Juive,) Comment accepter Vintercession de vos idoles, »

Enfin Kasimirski, dans son excellente traduction du Koran, dit (Ch, XXII, note au V, 5i) que « selon quelques auteurs, une fois quil {Mahomet) récitait le verset ig, ch, LUI, où il demande ce que cest quEl Uzza et Allât (divinités arabes) par distraction il s'empressa de répondre lui-même : ce Ce sont de belles et dignes demoiselles qu*ilfaut adorer », et les idolâtrées présents de se prosterner aussitôt en signe d'adoration. C'est alors que Mahomet s'aperçut de sa méprise. D'autres pensent que, dans ce passage, il s'agit en général de toute suggestion de Satan. C'était sans doute, disent quelques auteurs, une épreuve que Dieu suscita pour éprouver les musulmans, »

La plupart des théologiens rejettent toute cette histoire comme apociyphe. Il nous semble que cet incident qu'on appelle le Lapsus ou la Défaillance de Mahomet, doit être attribué simplement à un mouvement de découragement ou d'aberration causé peut-être par un trop grand surmenage cérébral. En tout cas, il n'aurait pu se prolonger

bien longtemps, car, en adorant les idoles de La Mecque, Mahomet aurait mécontenté les nombreuses tribus qui muaient aussi les leurs propres.

2. Emigration des Musulmans en Abyssinie ; les Koréish les réclament en vain au Négus.

Les 5 principaux des émigrés ayant su Taccord qui s'était fait entre le Prophète et les Koréish quittèrent Tx^byssinie pour rentrer à La Mecque ; mais, en route, ils apprirent que la trêve était rompue. Ils ne purent cependant se résoudre à retourner en exil et chacun d'eux s'assura pour asile la demeure d'un ami habitant La Mecque (qui devenait par là son protecteur ;) et tous les cin([ rentrèrent dans cette ville. Mais une nouvelle émigration, bien plus nombreuse que la première se produisit, avec la permission du Prophète, parce que la persécution s'aggravait chaque jour. Alors les Koréish envoyèrent au Négus Amru B. Al As et Ommarah Ben ÂValed avec des présents, dans l'espoir qu'il leur livrerait les réfugiés. Les émissaires obtinrent une audience du souverain, se prosternèrent devant lui suivant l'usage du pays, présentèrent leur lettre d'introduction et exposèrent :

— Des gens de notre nation ont embrassé une religion différente à la fois de la nôtre et de celle de votre Majesté (le christianisme) ; puis, à notre insu, se sont rendus dans ce pays et s'y sont établis à leur aise ; nous demandons qu'ils nous soient livrés pour être ramenés par nous dans leur patrie. Cette requête fut appuyée par le patriarche, courti-

San que les deux envoyés avaient gagné. Cependant, elle indisposa le Négus qui répondit :

— Je ne puis livrer à leurs ennemis des gens qui ont cherché asile dans mon royaume. Toutefois je vais les faire venir pour les entendre. Lorsqu'ils curent été mandés, les Musulmans résolurent unanimement de produire comme exposé de leur religion, ce qui était déjà publié du Koran et chargèrent l'un d'eux Jûfar (l'ailé) (i) de porter la parole pour tous. Ils se présentèrent au Négus sans faire les saints et les prosternations en usage en Abyssinie pour ces occasions, et des courtisans leur reprochèrent ce manque de respect. Jûfar déclara :

— Par ordre du l^rophète, nous ne nous prosternons que devant le vrai Dieu.

Ce langage en imposa au Négus et il dit à Jâfar :

— Les envoyés des Koréish me pressent de vous remettre entre leurs mains.

Jâfar. — Qu'ils disent si nous sommes des esclaves?

A mm, — Ils sont tous libres et nobles.

Jâfar, — Avons-nous des obligations pécuniaires à remplir ?

Amru, — Ils ne doivent rien à aucun de nous.

Jâfar, — Avons-nous versé le sang d'une personne, pour le meurtre de laquelle on réclame le talion ?

Amru, — Nous ne réclamons rien de pareil.

Le Négus, — Les Koréish vous accusent d'avoir abandonné leur religion pour une autre qui n'est ni le Judaïsme ni le Christianisme. Quelle est-elle?

Jâfar, — Nous avons suivi la religion des Koréish jusqu'à la venue du Prophète de Dieu que nous connaissons pour être d'une noble

(i) Voir au Gliapilre XLVII, l'origine de cette désignation.

lignée, d'une illustre famille et d'une loyauté parfaite en paroles et en actions, honnête, pacifique, pardonnant les injures ; il nous a apporté des paroles divines et nous a prouvé sa véracité par des arguments évidents et des miracles éclatants. Nous l'avons cru et reconnu pour Prophète. Il nous a invités à professer le Mahométisme à l'exclusion de toute autre religion. Quand on a connu nos principes, on nous a opprimés, nous l'avons souftert tant que nous avons pu. A la fin nous nous sommes plaints à notre Prophète qui nous a conseillé d'émigrer dans vos États pour vivre à l'ombre de la protection et de la compassion de votre Majesté.

Le Négus, — Pouvez-vous réciter quelques passages des révélations faites à votre Prophète ?

Jâfar se mit à réciter la sourate XIX du Koran intitulée Marie : et quand il arriva au verset (26) : « Mange et bois et rafraîchis ton œil, etc. », les larmes coulèrent des yeux du Négus jusqu'à sa moustache ; les évoques qui étaient assis autour de lui ne purent contenir leur émotion, leur barbe et le livre (l'Evangile) ouvert devant chacun d'eux étaient trempés de larmes. Selon une tradition, le Négus s'écria :

— Ce sont les paroles révélées à Moïse ; elles proviennent de la Cour Céleste. Puis se tournant vers les deux envoyés : Je le jure par Dieu; je ne vous livrerai pas ces personnes, ni ne vous laisserai avec elles.

Les Koréish se retirèrent confus. Mais si l'on en croit Omm Solmah (une des veuves de Mahomet), fille d'Abu Sofian, Amru ne se rebuta pas. Le lendemain inatin il alla trouver le Négus et lui dit :

— Ces gens ont des dogmes contraires aux vôtres en ce qui concerne Isa (Jésus) ; ils tiennent qu'il est

seulement le serviteur de Dieu. Le Négus réunit les émigrés et leur demanda :

— Que dites- vous d'Isa ? Jâfar répondit :

— Allah le Très Haut a dit ; Isa est le serviteur d'Allah et son Apôtre et son Verbe qui, esprit émané de Dieu, a imprégné (fécondé) Marie ; là-dessus le Négus s'écria :

— Il n'y a pas de différence entre ce que vous et nous croyons d'Isa (i). Vous êtes bénis, ainsi que celui auquel vous vous êtes attachés. Isa a annoncé sa venue, et nous avons lu sa description dans l'Evangile (2). Etablissez-vous k votre gré dans mon royaume. Je vous y ferai respecter. On m'offrirait des monceaux d'or que je ne vous livrerais pas. Je n'accepte de présents de personne et n écoute personne. Et il renvoya aux Koréish leurs présents.

Appendice au Chapitre XIV (faisant suite à l'appendice au Chapitre XIII).

Le Paradis et TEnfer du Koran.

Les sourates 23à4ï révélées dans les cinq premières années de la mission sont :

23: LXXXVII. — 24: XCVII. — 25: LXXXVIII. —26: LXXX. — 27: LXXXI. - 28: LXXXIV. - 29: XXXVI. —

(i) L*Abyssinie, comme la Syrie du temps de Mahomet, appartenait à la secte chrétienne des Nestoriens qui admettent dans la personne de Jésus-Christ la nature divine et la nature humaine séparées tandis que les Conciles ont déclaré qu'elles étaient confondues et que Marie est la mère de Dieu. Les Musulmans se rapprochent des Nestoriens en appelant Isa: le lils de Marie et non le fils de Dieu. Ils s'accordent avec les Juifs dans leur horreur pour l'appellation : « Fils de Dieu ».

(2} Les Musulmans qui admettent la Bible, mais ne la lisent pas, croient que la venue de Mahomet a été prédite par l'fivangilei

3o: GX. — 3î : LXXXV. — Sa: LXXXIII. - 33 : LXXVIII. — 34: LXXVII. — 35: LXXVI. — 36 : LXXV. — 3: : LXX. — 38 : CIX. — 39: CVII. — 40 : CV. — 4i : LVI.

La plus courte CX (3o) contient trois versets ; la plus longue LXXVII en a cinquante.

Après ce que nous avons déjà signalé, ce que ces sourates renferment de plus saillant est la description de l'enfer et du paradis plusieurs fois reproduite, notamment à 29, XXXVI, 40, LV et .^1, LVI. Cette dernière donne la description la pllis complète du paradis qui se trouve dans le Koran. Nous la reproduisons, parce qu'on a beaucoup exagéré le sensualisme des descriptions paradisiaques du Koran, et que l'imagination des Musulmans les a amplifiées sans mesure dans d'autres livres.

Sourate LVI, — L'Ei>énement,

12 — Les hommes de la droite habiteront le jardin des délices; i3 et 14 — (H T ^n aura un grand nombre parmi les anciens et un petit nombre parmi les modernes),

i5 — Se reposant sur des sièges ornés d'or et de pierreries, 16, — accoudés et placés en J ace les uns des autres,

/^ — Autour d'eux circuleront des enfants éternellement jeunes, 18 — avec des gobelets, des aiguières et des coupes remplis diin vin exquis, ig — qui ne leur fera éprouver ni maux de tête ni étourdissements ,

20 — Avec des fruits dont ils sont friands, 21 et de la chair des oiseaux qu'ils préfèrent,

22 — Autour d'eux des vierges auxj^eux noirs, pareilles aux perles dans leur conque ^

24 — 11^ n'entendront ni discours friçoles ni paroles coupables, 26 — mais seulement ces mots : Paix, paix !

2 y — Ils séjourneront parmi les arbres de lotus sans épines, 28 — et des bananiers chargés de fruits, 2 g — sous des ombrages qui s'étendront au loin, 3o — près d'une eau courante, 3i — au milieu de fruits en abondance, 32 — que personne ne coupera, et d'un libre accès,

33 — Et ils se reposeront sur des lits élevés.

34 — Nous créâmes les vierges du Paradis par une création à part, 35 — nous avons conservé leur virginité, 36 — chéries de leurs époux et d'un âge égal au leur, 3 y — elles seront destinées aux hommes de la droite.

Suit la description de l'Enfer.

Le jour de la rétribution est encore l'objet des sourates : LXXXII et : LXXXIIl. La première, « le Ciel qui se fend » se termine par le verset 19 : « C'est le jour où une âme ne pourra rien pour une âme » c'est-à-dire où on ne pourra plus intercéder pour un autre ». Le Koran admet donc comme les Chrétiens qu'on peut prier efficacement pour le prochain dans cette basse vie. La sourate : LXXXIIl renferme les deux passages suivants où point la prédestination :

6. — Le Jour de la résurrection, les hommes paraîtront devant le maître de l'Univers.

y. — La liste des prévaricateurs est dans le Siddjin. g. — Livre couvert de caractères. 16. — Ils seront précipités dans V Enfer.

18. — Assurément la liste des Justes est dans l'Ilioun. 20. — Cest un livre couvert de caractères.

21, — Ceux qui approchent de V Eternel sont témoins de ce qu'on j^ trace.

22, — Certes les Justes seront dans le séjour des délices.

Remarquons que jusqu'ici les femmes ne sont point mentionnées. Il n'est question de récompense pour elles que beaucoup plus tard, dans la sourate (iio) XXXIII une des dernières.

Citons à cette occasion la sourate : (109) V, aussi une des dernières ; verset 43. — « Quiconque se sera repenti de ses iniquités et se sera corrigé, Dieu accueillera son repentir, car il est indulgent et miséricordieux. »

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