Les Juifs des environs de Médine
Le Juif Abdullah B. Sullam, Docteur de la loi, se convertit cette même année à l'Islam. Il avait eateudu le Prophète dire : « Nourrissez les nécessiteux, aimez vos parents et priez la nuit pendant que les autres dorment. Vous entrerez ainsi en paix dans le Paradis. » Touché de ces paroles, il fit secrètement visite à l'Apôtre et lui posa trois questions
(i) Les Anssurs étaient les habitants converlis d'un quartier de Médine et les IVfohajers les réfugiés de La Mec(|ue,
ffu'il pensait ne pouvoir être résolues que par un Prophète :
I** Quel est le premier signe qui inaugurera la résurrection ?
2° Quel est le premier mets que mangeront les habitants du Paradis?
> Pourquoi y a-t-il des enfants qui ressemblent à leur père et d'autres à leur mère ?
Instruit par Fange Gabriel, le Prophète répondit:
i** Le premier signe de la résurrection sera une fïînnme mêlée de lumée qui chassera les gens de rOrient à l'Occident.
2^ Le premier mets dont se nourriront les habitants du Paradis sera principalement le foie du poisson qui porte la terre sur son dos (i).
3° Si le sperme de Tliomme précède ou prédomine celui de la femme, l'enfant ressemble au père. En cas contraire, il ressemble à la mère ou aux parents de la mère (2).
Convaincu par le résultat de cette épreuve, le docteur juif prononça la formule d'adhésion à l'Islam. Puis il dit à l'Apôtre : « Les Juifs, qui sont tous menteurs, me calomnieront certainement dès qu'ils apprendront ma conversion ; je te prie donc de les interroger sur moi avant qu'ils ne la connaissent. »
Le Prophète acquiesça à sa demande et les Juifs déclarèrent : « Abdullah est le meilleur des hommes et fils du meilleur des hommes. » Le Prophète reprit : « S'il se faisait musulman, suivriez-vous son exemple ? — Dieu le garde de ce malheur ! Alors l'Apôtre appela Abdullah qui renouvela son adhé-
(i) Cette notion est d'origine indienne.
(a) On sait que la femme n'a pas de liqueur séminale.
figO TIB DB MAHOMBT
Bion. Et les Juifs de s'éerier : « C'est un pervers et le fils du plus pervers de nous tous (i). »
En cette même année les chefs des tribu* juives des Béni Qoryttah Nazir, des Béni Caynokaa et des Béni Ghuttfân vinrent trouver Mahomet et lui demandèrent: « Que prétends-tu? »
Mahomet répondit : h J'atteste qu'il n'y a dfe Dieu qu'Allah et que Mahomel est son Prophète» Je suis celui que décrit là Thorah. Vos docteurs ont prédit que le Prophète né à La Mecque serait le derliier et le plus éminent des Prophètes; qu'il viendrait monté sur. un chameau ; qu'il serait grossièrement vêttt ; très sobre, ne buvant pas de vin; qu'il aurait une rougeur aux yeux et le sceau de la prophétie entre les épaules ; qu'il tirera l'épée et ne craindra personne, qu'il sera souriant et que sa Loi s'étendra à des lieux inaccessibles au cheval et au chameau. »
Après cette déclaration le Prophète fit avec ces tribus un traité de paix ; chaque partie s'eUgagea à s'abstenir de toute hostilité ou entreprise contre l'autre partie et ses alliés.
Ibn Ishae nous donne les articles essentiels de ce traité dans le texte suivant:
« Au nom de Dieu, le compatissant, le miséricordieux !
Acte de Mahomet le Prophète, entré les croyants Koréish et ceux d'Yatreb, et tous ceux qui se joignent à eux et travaillent avec eux pour la Foi. Assurément ils forment une élite parmi les hommes.
Les réfugiés, chacun dans leurs divers clatis paieront le prix du sang répandu entre eux et donneront une rançon honorable pour leurs prisonniers.
Les Béni Awuf, chacun daus leurs clans feront de
(i) Ce récit étrange est d'origine moderne et ne se trouve point dans les plus anciens biographes accrédités.
mêtûe ; et aussi les Béni Saïda, Josham, Najjar, Nabit, Aws, etc., chacun dans leurs clans.
Si quelqu'un est rebelle ou cherche à semer l'iniquité, rinimitié ou la sédition parmi les croyants, le bras de tous s'élèvera contre lui, fùt-il le fils de l'un d'eux.
Aucun croyant né sera mis à mort pour avoir tué un infidèle, ni aucun infidèle ne sera soutenu contre un croyant (cette clause paraît être d'une date postérieure, bien que le mot infidèle, ne désigne ici que les idolâtres).
Tout Juif qui s'attache à nous (comme allié), obtiendra aide et secours. Il ne sera l'objet d'aucun attentat, et aucune aide ne sera prêtée contre lui à ses ennemis.
Aucun des non-croyants (sans doute du territoire de Médine) ne défendra les Koréish de La Mecque, dans leurs personnes ou leurs biens.
Quiconque tue Un croyant non légitimement, sera soumis à la peine du talion; les Musulmans s'uniront comme un seul homme contre le meurtrier. Quiconque l'aidera ou le protégera encourra la malédiction de Dieu et sa colère au jour du Jugement.
Les Juifs donneront leur concours aux Musulmans pendant tout le temps qu'ils seront en guerre avec un ennemi commun.
Les diverses branches de Juifs, ceux attachés respectivement aux Béni Awuf, Béni Najjar, Béni Aws, etc., ne feront qu'un seul peuple avec les croyants. Les Juifs conserveront leur religion ; les Musulmans la leur. 11 en est de même des adhérents des Juifs (i), excepté l'homme transgresseur et inique ; celui-là seul sera puni avec sa famille.
(i) Par là il faut çntendre les Arabes qui pratiquaient la
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Personne ne pourra s'éloigner du territoire (émigrer ?) sans la permission de Mahomet.
Cliaeun pourra poursuivre sa vengeance légale, pourvu qu'elle ne soit pas excessive.
Les Juifs seront responsables pour leurs propres dépenses ; les Musulmans pour les leurs.
Chacun doit venir au secours de tout autre qui est attaqué.
Médine est sacrée et inviolable pour tous ceux qui adlièrent à ce traité.
Les étrangers, sous protection, seront traités comme leurs protecteurs ; mais personne ne pourra prendre un étranger sous sa protection qu'avec le consentement de sa tribu.
Pour toutes les questions nouvelles qui surgiront et les doutes qui s'élèveront, on s'en référera à la décision de Dieu et de son Prophète.
La paix et la guerre seront faites en commun.
Le méchant et l'oppresseur enfreindront seuls les conditions de cet acte. »
Ces stipulations ont été transmises jusqu'à Ibn Ishac oralement, et non par écrit. Elles ne sont point seulement une convention avec les Juifs, elles forment une sorte de règlement ou de loi générale pour les habitants de Médine, acceptée par eux comme un pacte mutuel, ou au moins comme un modus Vivendi. Tous se soumirent au nouveau régime, mais sans en être tous également satisfaits. Une partie d'entr'eux restèrent très tièdes à l'endroit du Prophète et de lu Foi et ne firent que les subir. Ils avaient des regrets, bien qu'ils ne fissent point une opposition déclarée.
religion juive, de même qu'il y avait des Gentils judaïsanls; ces Arabes formaient probablement des groupes alliés des tribus juive§.
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Le Koran les qualifie d'un nom qu on a traduit par hypocrites, mais dont le sens se rapproche plutôt de mécontents : mounaficoun. Ils se rallièrent autour d'Abdallah ; le Prophète sentant la nécessité de ne pas lavoir contre lui pendant ses luttes contre les Koréish le ménagea ainsi que son parti jusqu'à la fin(i).