‹ Vie de Mahomet d'après la traditionChapitre 65 sur 89 · Gomment on prie dans rislam · texte numérisé non relu

Gomment on prie dans rislam

(Parmi les pratiques de la religion musulmane, les unes sont d'obligation dit^ine, farz, ce sont les préceptes du Koran ; les autres, d'obligation canonique, wajib, ce sont des préceptes qui ont été reconnus comme des lois positiçes par les premiers imams; enfin les troisièmes, de pratique imitatiçe, sunnat, se font à limitation du Prophète) {2),

D'après le code d'Ibrahim Halebi, article Culte,\^ prière Namaz est la plus obligatoire pour le Fidèle

(i) Les autorités indiquées par Caussin de Perceval sont : Thàrik-el-Khamicy, d'Ibn Ishak ; Vie de Mahomet, par Noël Desvergers; Sirrat-Erraçoul, d'Ibn Hisham; Aboull'éda ; Al Jannabi, Ibn Khaldoun, Ibn el Athir ; Burckardl: \oyage en Arabie (pour la durée du trajet de La Mecque à Goba) ; et Weill (pour l'époque de l'arrivée du Prophète à Médine).

(a) Garcin de Tassy; V Islamisme d'après le Koran, etc. (Encologe musulman).

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et la plus agréable à Dieu. Pour la faire, quatre conditions sont requises : être en état de pureté (propreté) parfaite ; couvrir ce que la pudeur ou la bienséance ordonne de voiler; être tourné dans la direction de la Kaaba ; avoir l'intention pieuse et un entier détachement de tout objet mondain.

Voici les pratiques à suivre :

1° On commence par se tenir debout dans un profond recueillement ; on hausse les deux mains, les doigts entr 'ouverts, en portant le pouce sur la partie inférieure de l'oreille et en récitant le Takbir* La femme ne doit hausser les mains que jusqu'à la hauteur des épaules.

"jP On pose les deux mains sur le nombril, la main droite toujours sur la main gauche, en récitant successivement le Tasbih, la Sana, le Theawouz, le premier chapitre du Koran, puis un autre chapitre au gré de chaque Fidèle.

Le Tasbih consiste en ces paroles î « Dieu grand ! que ton nom soit exalté I » La Sana : « Je te sanctifie, Ô mon Dieu! je te loue; ton nom est béni, ta grandeur exaltée. Il n'y a de Dieu que toi. » Le Theawouz : « J'ai recours à Dieu contre le lapidé (Satan), au nom de Dieu clément et miséricordieux. » Et le Fatiha, premier chapitre du Koran : « Au nom de Dieu clément et miséricordieux ! Louange à Dieu, Seigneur de l'univers, très clément et très miséricordieux, il est le souverain maître du jour du jugement. Nous t'adorons, Seigneur, et nous implorons ton assistance. Dirige-nous dans le sentier du salut, dans le sentier de ceux qui n'ont pas mérité ta colère et qui ne sont pas du monde des égarés. »

3<^ On fait une inclination « rukcoun »> en tenant

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la tète et le corps horizontalement penchés ; posant les mains, les doigts bien ouverts sur les genoux; récitant encore le Takbir, puis le Tasbih qu'il faut répéter neuf fois de suite, ou bien sept, cinq ou au moins trois fois.

4^ On se relève en récitant le Tessmy, le Tahniir et le Takbir. La formule du Tessmy est : « Dieu écoule celui qui le loue. » Celle du Tahmir : « O Dieu ! Les louanges sont pour toi ! »

5'' On fait une prosternation (sedjeoud), la face contre terre, les genoux, les doigts des pieds, les mains, le nez et le front touchant la terre. Pendant la prosternation, on doit encore réciter le Takbir et pour le moins trois fois le Tasbih. On doit poser la tète entre les deux mains portées au niveau des oreilles, les doigts toujours serrés. Le corps doit être prolongé sans que le ventre touche à terre. Pour les femmes, cette attitude doit être plus raccourcie : le ventre doit porter sur les cuisses. On peut faire ces prosternations sur des tapis ou même sur un vêtement étendu par terre, en évitant soigneusement tout ce qui ne présenterait pas une surface unie et solide. On peut aussi, dans la prière en conmmn, si les rangs sont serrés, éviter de s'étendre ; on peut même poser la tête sur le dos de ceux qui forment le rang précédent, en supposant que tous les rangs s'acquittent à la fois de la prière marquée pour la même heure canonique, pas autrement.

6° On se relève de terre et Ton reste un instant assis sur ses talons, les mains posées sur les cuisses en répétant encore le Takbir.

7* On fait une seconde prosternation, absolument comme la première.

8° On se relève en s*appuyant les mains non pas

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contre terre, mais contre les genoux, et en recitant encore le Takbir. Toute cette partie de la prière forme un « rikath ». La prière Namaz est composée de plusieurs de ces « rikaths », quatre, six, etc., selon les heures canoniques. Deux rikaths s'appellent shes)^ et complètent un namaz,

9<* A la fin de chaque rikath, on doit se tenir sur les genoux et les talons, en posant les mains, les doigts ouverts, sur les deux cuisses; placer alors en dedans la jambe gauche et tenir le pied droit étendu par derrière, les doigts toujours contre terre; mais la femme doit s'asseoir du côté gauche en portant les deux pieds du côté droit. Dans cette posture on doit réciter le cantique Teschehhud que voici :

« Les prières vocales sont pour Dieu, les prières corporelles et les prières aumônières sont aussi pour Dieu. Salut et paix à toi, ô Prophète de Dieu ! Que la miséricorde et la bénédiction de Dieu soient aussi sur toi ! Salut et paix à nous et à tous les serviteurs de Dieu justes et vertueux! Je confesse qu'il n'y a de Dieu que Dieu et que Mahomet est son serviteur et son Prophète ! »

io<* Dernière pratique introduite évidemment après Mahomet. — On récite assis le « Salawath » : « O mon Dieu ! donne ton salut de paix et ta bénédiction à Mahomet et à sa race, comme tu l'as donné à Abraham et à sa race. Louanges, grandeurs, exaltations sont en toi et pour toi. » On doit ensuite dire un des chapitres du Koran dont le choix est laissé au gré et à la volonté de chaque fidèle. On doit enfin terminer le « namaz » par la profession de foi et par une salutation, à droite et à gauche, à ses anges gardiens Kiramenn Keatibinne. Cette salutation doit être accompagnée de ces paroles : « A toi le salut de paix et la miséricprde de Dieu ! >)

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Cette description est celle de la prière telle qu'elle se fait dans les mosquées de Stamboul. Il est clair et môme certain que la prière varie un peu dans le monde musulman avec la secte et le degré d'instruction des croyants, les ignorants ne pouvant réciter des chapitres entiers du Koran, ainsi qu'on le constate en Algérie ; mais le fond des pratiques est partout le même et la prière musulmane comporte jusqu'à un certain point une gymnastique propre à stimuler l'esprit par les mouvements du corps. C'est tout l'inverse de la prière et de la contemplation dans TExtrôme-Orient. Un auteur, ancien médecin en pays musulman, fait observer qu'elle est extrêmement salutaire et hygiénique.

Les heures canoniques de la prière sont : i° le matin avant le lever du soleil; a* après-midi, lorsqu'il commence à baisser ; 3** le soir avant son coucher; 4* après son coucher, mais avant qu'il soit puit close; 5** après qu'il est nuit close, mais avant la première veille de la nuit, c'est-à-dire avant de s'endormir (i).

En raison des ablutions et purifications rituelles, imposées, les populations musulmanes, surtout les femmes, observent scrupuleusement la propreté corporelle. Mais l'habitude de tenir les femmes renfermées à la maison est une cause d'insalubrité dans les villes de l'Inde ; à Pondichéry, c'est toujours dans le quartier musulman que se déclare le choléra. Il y règne lors même que les Européens en sont indemnes.

(i) Pour le détail des prières à réciter en toutes circonstances, voir Garcin de Tasay, Ulêlami9me. d'après le Koran, V Enseignement doctrinal et la Pratique, etc^ Paris, ï8;74» Maisonneuve e^ Q\

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