‹ Vie de Mahomet d'après la traditionChapitre 67 sur 89 · Ali épouse Fatimah, fille du Prophète · texte numérisé non relu

Ali épouse Fatimah, fille du Prophète

Abu Beckr avait demandé la main de Fatimah, la fille bien- aimée du Prophète et n'avait obtenu de lui que cette réponse : « J'attends à cet égard une révélation. » Omar , à la prière d'Abu Beckr , renouvela cette demande et reçut la même réponse, d'où il conclut qu'Abu Beckr devait renoncer à ce projet d'alliance.

Des amis engagèrent alors Ali à se présenter, en lui faisant remarquer qu'il était le plus proche parent de Mahomet. Ali objecta : « Je ne possède rien. » Ils insistèrent : « L'Apôtre n'exigera rien de toi. » Ali alla par deux fois trouver le Prophète pour faire sa demande et chaque fois s'en revint sans avoir osé la formuler.

A la troisième visite d'Ali, l'Apôtre lui dit : « Que désires-tu? » — « La main de Fatimah. n — « Pien, répondit le Prophète, tu es le bienvenu. »

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Gabriel apparut au Prophète et lui déclara :

« Dieu t'ordonne de donner Fatiniali à Ali. » En conséquence, F Apôtre parla ainsi à Fatimah : « Tout le monde sait qu'Ali est mon plus proche parent et que rislani n'a pas de plus ferme soutien que lui. J'ai prié Dieu de choisir pour être ton époux le meilleur des hommes, et de vous réunir tous les deux lînalemont auprès de lui. Quelque chose a été écrit sur toi. » Puis il lui apprit la demande d'Ali et l'invita à se prononcer. Cependant elle resta muette et l'Apôtre prit son silence pour un consentement.

Il dit à Ali : « Que donneras-tu en présent pour le mariage ? » — « Je ne possède rien !» — « Et ta cotte de mailles d'Hatimah ? »> — Ali avoua que cette armure constituait tout son avoir. — « Ce sera ton apport à Fatimah. »

On raconte qu'Ali vendit à Othman pour 4Bo dirhems cette cotte de maille qui était grande et lourde, et sur laquelle les coups de sabre ne faisaient aucun elfet. Après l'avoir payée, Othman la rendit à Ali à titre de présent, et le Prophète prononça sur lui une bénédiction pour sa libéralité.

Suivant une tradition deux dixièmes de la somme furent dépensés en parfums; quatre furent consacrés à l'achat d'un trousseau composé d'une robe, de deux bracelets d'argent, d'une petite couverture de lit en toile, ou drap; et de deux petits coussins également en toile. On acheta avec le reste ce qui était nécessaire pour le ménage. Il n'y avait dans la demeure d'Ali, avant son mariage, d'autres meubles qu'une couche de feuilles de dattier, un pot de terre et une cruche, et pour tout tapis du sable répandu sur le sol.

Le jour de la noce, le Prince offrit aux invités des

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dattes, des raisins et des citrons. Sad apporta un inagaiftqiié rôti, et des Anssars donnèrent plusieurs grandes tasses de millet qui formèrent le plat de noces de Fatimah.

Un auteur rapporte que la courte-pointe du lit nuptial était trop étroite pour couvrir entièrement Ali et Fatimah.

Le Prince fit conduire Fatimah par Omm Selim à la demeure d'Ali. Après avoir récité les prières qui précèdent le coucher, il alla visiter les époux avec une cruche d'eau sur laquelle il prononça deux fois la formule contre Tensorcellement : « Je prends refuge, etc. », et d'autres prières ; il y jeta ensuite un peu de sa salive et aspergea légèrement de cette eau d'abord la tête, la figure et le sein de Fatimah, puis la tête d'Ali et le dos entre les épaules en disant : « Mon Dieu, ils m'appartiennent et je leur appartiens. De même que tu m'as purifié de toute souillure, purifie-les également! » Puis s'adressant à eux : « Allez et couchez-vous. Que Dieu vous unisse et vous bénisse dans votre progéniture ! » Gomme il s'éloignait, Fatimah se mit à pleurer; il revint vers elle et lui dit : « Pourquoi pleurer ? L'époux que je t'ai donné est un Prince de ce monde et sera un des bénis de l'autre. Je vous ai unis j^our cette vie et pour l'autre. » Ali avait 21 ans et Fatimah 16(1).

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