Inauguration de la guerre sainte
Divers essais de coups de main.
Dès la première année de l'Hégire, la guerre
(i) Gaiissin de Perceval, d'après divers auteurs, place le mariage d'Ali et de Fatimah quelques ihois après la première expédition de Bedr.
3a4 vit DB MAttOM£T
sainte avait été instituée par la révélation de la SoU^ rate « Mohammed (i) ». La seconde année fut révélée
{i) Koran, Ch. XLVII, 4- « Dans vos rencontres avec les Infidèles, abattez leurs têtes et faites-en un grand carnage. » Mahomet avait émigré à Médine avec ses adhérents, bien moins pour échapper à des périls qui ont peut-être été fortement exagérés que pour prendre une position où il pût organiser le culte de sa religion et les forces de son parti pour amener à composition les Koréish. Sans aucun doute son génie politique lui avait suggéré un plan qui, suivi avec habileté et persévérance, devait infailliblement réussir.
Toute la richesse, tous les moyens d'existence des habitants de La Mecque reposaient sur le commerce avec l'Yemen et la Syrie, principalement avec celle-ci. Médine se trouvait presque sur la route des caravanes de Syrie, et il était facile aux Musulmans de les intercepter, ce qui suffisait pour ruiner La Mecque. Ils pouvaient aussi, quoique avec beaucoup plus d'efforts, attaquer les caravanes qui se rendaient dans l'Yemen en passant par Taïf. Pour obtenir ce résultat, Mahomet décréta la s^uerre sainte, sans y être provoqué par aucune hostilité déclarée ou méditée des Koréish contre les Musulmans de Médine. Il semblait par là donner simplement suite aux menaces qu'à titre de Prophète de Dieu il avait adressées aux Idolâtres endurcis.
Le but déclaré de la guerre sainte est le triomphe universel de l'Islam. Le Paradis est promis à ceux qui sttôcombent. Le martyre n'est qu'une épreuve. La victoire est dans les mains de Dieu.
Le vrai croyant ne se contente pas de combattre. Il contribue aux dépenses de la guerre :
Voici, en substance, ce que le Prophète dit aux Fidèles î
« Pourquoi ne mettez-vous pas votre fortune au service de la cause sainte? A Dieu appartient l'héritage du ciel et de la terre. Ceux de vous qui contribuent à la victoire avant de combattre seront mis au-dessus de ceux qui ne contribuent qu'après avoir combattu. Celui qui fait âu Seigneur un prêt temporel, Dieu le lui rendra au double et le récompensera magnifiquement.
« Réunissez contre l'Infidèle tout ce que vous avez de foi'ces, de moyens de guerre et de cavaliers, afin dé frapper de terreur Tennemi de Dieu, votre J eftnemi^{ftl Jd*autrés encore j vous ne lès connaissez pas, mais Dleujes cûnuait.
Vie de MAHOMtT 325
la promesse : « Dieu viendra au secours de ceux qui combattent pour la religion quand ils auront le dessous. »
On a donné le nom de Ghazwah aux expéditions auxquelles le Prophète prit part, qu'il y ait eu ou non à combattre, et celui de Seriah à celles dont il chargea ses lieutenants sans en faire lui-même partie (i). Dès la première Ghazwah, il désigna Sad B. Ebadali pour le remplacer à Médine durant ses absences. Pendant les trois premières années de rilégire, il marcha en personne contre les Koréish et les Béni Dzumayrah, et s'avança jusqu'à la station d'Abrar, à mi-chemin de La Mecque et de Médine, où Mahshy B. Omar, chef de la tribu Dzumayrah, vint le trouver, et conclut avec lui un traité de paix, ce qui lui permit de rentrer à Médine.
Cette Ghazwah fut suivie de trois Seriahs.
Ayant appris qu'un parti de 200 Koréish, sous la conduite d'Abu Sofian, était sorti de La Mecque pour faire une incursion, le Prophète envoya contre euxlescheikh(a)deiMoliajcrs,ObaydahB.ElHareth avec soixante -dix Mohajers auxquels il remit un drapeau blanc attaché au bout d'un bâton. Ils atteignirent les Idolâtres et le combat commença par
Il vous sera tenu compte de tout concours que vous apporterez à la cause de Dieu, sans oubU ni erreur. » (Sourate XLVIl.)
Ces versets avec les autres relatifs à l'obligation de la guerre furent promulgues dans les deux ou trois premières années après l'arrivée à Médine et adressés non seulement aux réfugiés, mais encore à tous les habitants de Médine.
(ij Aujourd'hui encore on donne le nom de Ghazu, en Arabie, aux expéditions ayant pour but de se procurer du butin ou des esclaves. (Ghazu : razzia, rezzou.)
{2\ Dans le langage ordinaire le mot scheick veut dire vieillard; par extension, chef, notable, savant^ etc.
3a6 VIE DB liiAHOMËl:
une pluie de flèches lancées des deux parts. Saad B. Abu Woqqass en décocha vingt, qui percèrent autant d'ennemis. (Suivant Al Jannabi, ce « drapeau » (étendard) fut le premier que Ton arbora pour la cause du Prophète ; et la première flèche tirée par Abu Woqqass fut la première décochée, depuis l'établissement de Tislamisme en Arabie.) Les Idolâtres s'imaginèrent que les Musulmans tenaient cachée une réserve pour les écraser et s'enfuirent ; et Obaydah ne voulut pas les poursuivre (i).
Hamzah B. Abd ul Muttaleb fut une fois chargé par Mahomet d'attaquer avec trente Mohajers une caravane de 3oo Koréish qui retournait à La Mecque sous la conduite d'Abu Jahl, après un voyage très fructueux en Syrie. Il l'atteignit à la station de Sayf-ul-Bahar, dans la région de Khamynah. Mais, au moment où l'attaque allait commencer, Mohammed B. Omar Johanny, qui était lié par un serment antérieurement fait à la fois aux deux partis oppo* ses, se jeta entre les Musulmans et les Koréish et réussit en s'interposant à empêcher tout combat, en sorte que la caravane arriva à La Mecque sans dommage ni empêchement (2).
Quand les Musulmans rentrèrent à Médine, le Prophète approuva l'action de Mohammed B. Omar et lui fit un présent (3).
(i) En celle occasion, deux hommes des Koréish qui professaient en secret rislamismC) désertèrent et passèrent aux musulmans. C'étaient : £1 Mikdad B. Amr et Othbah B. Ghozwân.
(a) Les Mohajers étaient de La Mecque et anciens amis des Koréish. Jusque-là on n'avait pas envoyé au dehors les Anssars, parce qu'on pensait qu'ils ne voudraient se battre que pour défendre Médine.
(3) D'autres auteurs prêtent ce trait à Medjdi Bé Amr, chef de la tribu des Djohayna.
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Ces deux Seriahs eurent lieu vers la fin de la première année de l'Hégire ou au commencement de la seconde, ainsi que celle d'Harra, près de Jahna. Pour celle-ci le Prophète donna vingt hommes à Saad B. Abu Woqqass et le chargea d'enlever une caravane de Koréish ; Saad mit cinq journées pour se rendre à Harra, en marchant la nuit et se cachant le jour; la caravane avait passé la veille du jour où il y arriva (i).
La seconde année de THégire, le Prophète mena deux Ghazwahs , également sans résultat, contre deux caravanes des Koréish ; dans la première, il s'avança jusqu'à l'Ouadi, voisin du mont Radzuvey, sans les rencontrer ; dans la seconde, il alla avec 200 hommes jusqu'à Harra, dans la plaine de Baqqi, ainsi que nous le verrons en détail dans le chapitre suivant.
Peu après, Mahomet se mit avec 20 Mohajers à la poursuite de Karaz B. Jaber qui. avait volé ses chameaux. Il alla jusqu'à l'Ouadi Ssafuvan, près de Bedr, sans pouvoir trouver Karaz et s*en retourna à Médine. On a nommé cette excursion : « La première Ghazwah de Bedr. »