SeHah de Makhlah
L* Apôtre fit partir pour Nadj son cousin germain
(^i) Ce petit nombre d'hommes indique i'intenlîon de faire une reconnaissance plutôt que celle de livrer bataille. On remarquera que les Mahométans opéraient toujours par surprise, comme aujourd'hui les tribus saharienneB. Un moyen constamment employé par Mahomet a été de trom-* per l'ennemi sur le nombre des guerriers qu'il avait avec lui. Il s'arrangeait pour le faire paraître, suivant les circonstances, beaucoup plus grand ou plus petit que la réalité»
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AbduUah B. Hajash Asdy, avec douze hommes sous ses ordres, et lui remit un ordre écrit qu'il ne devait ouvrir qu'à Xadj. Arrivé là, AbduUah lut à ses compagnons Tordre du Princr ; il était ainsi conçu :
« Au nom de Dieu, le Miséricoinlieux, le Clément î
« Marche au nom de Dieu, le Très Haut et Glorieux, et quand tu seras, par sa bénédiction, arrivé à Nakhlah avec tes compagnons, attends-y la caravane des KoTéish ; il t'en reviendra i)robablement un grand prolît. Tu ne prendras avec toi personne contre son gré. Emmène ceux qui voudront te suivre, laisse ceux qui aimeront mieux rester en arrière. »
Tous ses compagnons déclarèrent : « Par la bénédiction de Dieu, nous obéirons à ton ordre et à celui du Prophète. ^)
Ils arrivèrent à Nakhlah, vallée située entre Taïf et La Mecque, en même temps que la caravane (i).
En les apercevant de loin, les Idolâtres soupçonnèrent le danger et hâtèrent leur marche. Pour les rassurer, AbduUah détacha de leur côté un des siens dont il fit préalablement raser la tête, afin qu'on le prît pour un pèlerin se rendant à La Mecque. Les Idolâtres, en le voyant, furent persuadés que la petite troupe se composait de pèlerins. Alors ils firent halte, laissèrent leurs chameaux se répandre dans la plaine et commencèrent leur repas.
(i) Suivant Caussin de Perceval, cette petite troupe de musulmans avait seulement pour mission de pousser une reconnaissance du côté de La Mecque, mais, ayant rencontré par liasard une petite caravane « chargée de raisins secs, de cuir et de marchandises diverses », elle Tattaqua à Fimproviste.
Les Musulmans hésitèrent quelques instants à les attaquer, parce qu'ils ne savaient pas bien si ce jour était le dernier du mois de Joniâda ou le premier de celui de Redjeb (un des quatre mois sacrés pendant lesquels il était défendu de combattre). Enfin ils se décidèrent et assaillirent tout d'un coup la caravane. Le Musulman Wâqad B. AbduUah décocha à Amru B. Khadzrami une flèche qui le précipita en enfer. Ce fut le premier Idolâtre qui tomba sous les coups des Musulmans.
Othman B. AbduUah et Hukm B. Kian furent pris, et ce furent les premiers prisonniers de guerre des Musulmans. Naufîl s'enfuit et tout ce que transportait la caravane toniba au pouvoir des Croyants.
Au retour, AbduUah, un peu avant d'arriver à Médine, mit de côté pour le Prophète quelques richesses et partagea le reste du butin entre ses compagnons ; à cette époque, le verset qui réserve le cinquième du butin n'avait pas encore été révélé (i).
Mais quand ils arrivèrent à Médine, Mahomet les accueillit avec un visage sévère (2).
En apprenant ce qui s'était passé, les Koréisii idolâtres firent éclater leur indignation : « Malheur
(i) Koran, ch. VIII, 4^. « Sachez que le 5* du bulin appartient à Allah, à l'Apùtre et à sa famille, aux orphelins, aux pauvres, aux voyageurs (caravansérails^ ; si vous croyez en Dieu, à ce que nous révélâmes à notre serviteur dans la journée de la Distinction, dans la journée où les deux armées se rencontrèrent. Dieu est tout puissant! »
Cette « journée » est celle de Bedr ; elle est ainsi appelée parce que ce fut alors la première fois que les inlidèles se trouvèrent en face des Croyants, et où la séparation entre les deux cultes fut scellée par la victoire des uns et la défaite des autres (Kasimirski).
(2) Caussin de Perceval (Op. cit.).
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à Mahomet! Dans le cours d*un mois sacré, il a fait verser le sang et commettre des déprédations I »
A La Mecque, les Musulmans ftirent honnis et on excita les Juifs contre le Prophète. Celui-ci n'avait pas attendu de connaître le blâme et les invectives dont il était l'objet, pour ordonner de garder intact tout le butin qui avait été fait et de bien traiter les deux prisonniers Hukm B. Kian et Othman, puis il adressa à AbduUah et à ses compagnons ce reproche : « Je ne vous ai pas ordonné de combattre dans un mois sacré (i). » Ils se repentirent et craignirent d'encourir la colère divitie. C'est alors que fut révélé le verset : a On te demandera si l'on peut faire la guerre pendant un mois sacré. Tu répondras : C'est un péché, mais il n'est pas comparable au crime de fermer la voie d'Allah et l'accès de la mosquée sainte, et d'en détourner son peuple pour le faire tomber dans l'idoUtrie. » (Koran, ch. II, ai4.)
Ce verset remplit de joie ceux qui avaient assisté à la seriah de Nakhlah et chacun d'eux reprit le part qu' AbduUah lui avait attribuée dans le butin.
Sur la demande des Koréish, les deux prisonniers leur furent rendus. Hukm B. Kian se convertit plus tard à l'Islam et, dans le combat contre le fils de Moawiah, il gagna le martyre et le paradis. Othman
(a) Mahomet au plus fort de ses luttes contre les Koréish ne perdit jamais de vue soa but qui était, uon de les anéantir, mais de les réduire et de les ramener à lui par tous les moyens. Cette intention lui était inspirée à la fois par les liens du sang et par cette pensée que les Koréish étant bien supérieurs aux autres Arabes, c'était sur eux seuls qu'il devait fonder son empire religieux.
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persista dans Tinfidélité et la perversité jusqu'à son départ pour l'enfer (i).
(i) On voit, par ces récils, la tactique de Mahomet contre ses ennemis les Koréish ; elle consistait à les ruiner en interceptant les caravanes qui allaient commercer avec la Syrie. C'était im moyen sur de les forcer à se soumettre. Depuis qu'il était en sûreté à Médine, où il avait un noyau de partisans déterminés et dévoués, il pouvait conduire ou envoyer des bandes qui surprenaient les caravanes. Ces bandes se grossissaient de pillards attirés par l'espoir du butin, récompense des combattants. Comme l'adoption de rislam effaçait toutes les fautes antérieures, beaucoup d'aventuriers sans doute se lirent musulmans. C'étaient des gens aguerris à toutes les privations et .très braves.