Hakym B. Nozam
Hakym B. Nozam, enfuyant du champ de bataille de Bedr, rejoignit deux autres fugitifs, Abdullah et Abdnrrahman, tous deux fils d'Alaswam, montés sur un chameau. Abdullah dit à son frère : «Descends et fais monter Abu-el-Khaled (Hakym) ». Abdullah qui était boiteux objecta: «Comment pourai-je faire la route à pied ? » Abdurrahman insista : « Nous avons grand intérêt à ramener sur notre chameau cet homme qui est très riche ; si nous périssons, il prendra soin de nos familles, et si nous survivons, il se fera un devoir de nous protéger. ))En conséquence les deux frères firent monter Hakym et montèrent tour à tour derrière lui, jusqu'à l'arrivée à La Mecque. Hakym fut ennobli par la profession de la foi dans le cours de « l'année de la victoire » à l'âge de *yo ans, et il vécut encore 60 années.
Un jour, en faisant ses dévotions à l'Arafat, il affranchit 100 esclaves ; chacun d'eux portait un collier d'or sur lequel étaient gravés les mots : « Homme libre. » Chaque année, à l'époque du pèlerinage, avant comme après sa conversion, il sacrifiait 100 vaches, 100 chameaux et autant de moutons.
H demanda un jour au Prophète s'il lui serait tenu compte des bonnes œuvres qu'il avaitfaites au temps de l'ignorance.
L'Apôtre répondit : « Les bonnes œuvres antélûeures portent des fruits postérieurs. »
Le premier des fugitifs qui apporta à La Mecque, au bout de trois jours, la nouvelle du désastre, fut
Hisan Khozâni. On ne le crut pas tout d'abord, mais bientôt Abu Soflan arriva et confirma son témoignage.
De son côté, le Prince avait envoyé à Médine AbduUah B. Ruâah et Zaïd B. Hai^eth pour y porter en toute hâte la nouvelle de la victoire et de tous les résultats obtenus. Les Anssars qui habitaient le quartier haut furent au comble de la joie ; seuls, quelques mécréants et les Juifs refusèrent de croire au succès des Musulmans.
Quand le Prophète, après avoir quitté la jilaine de Bedr fut arrivé à Athyl, il y passa on revue les prisonniers.
L'un d'eux, Nassar, qui l'avait violemment persécuté à La Mecque lut dans ses yeux son arrêt de mort. Il implora, mais en vain, Tintercession de son très proche parent Moqdad. Ordre fut donné de le décapiter. Moqdad alors le réclama comme son prisonnier, et Mahomet irrité s'écria : « O Dieu ! que ta bonté prive Moqdad de la récompense de la Foi ! Ali, coupe-lui la tête. » Ce fut fait, et la sœur de Moqdad composa sur son malheur une pièce de vers qui émut le Prince.
Il fit aussi mettre à mort Otbali B. Abu Moaït, son ancien scribe qui lui avait infligé les ennuis que nous avons racontés et qu'il avait maudit au moment de sa fuite de La Mecque, à cause de deux distiques que cet idolâtre avait composés contre lui.
A la bataille de Bedr, il tomba de cheval et fut fait prisonnier par Abdullah B. Solman. Quand le Prince ordonna à Aassum B. Thabet de le décapiter, il implora vivement sa clémence : « Qui prendra soin de mes enfants, de mes tout petits enfants ? »
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Et pendant qu' Aassum l'immolait, l'Apôtre lui dit : « Je le jure par Allah. Ti^ es un scélérat, et je n'ai jamais vu un infidèle aussi pervers que toi. Tu as diffamé Allah, le Prophète et son Livre. Je remercie Dieu de t'avoir fait périr et de m'avoir fait jouir de ce spectacle (i). »
Lorsque l'armée victorieuse arriva près de la ville avec le butin et les prisonniers, les princes des Aws et les nobles Khazraj qui n'avaient pas pris part à la campagne, vinrent à sa rencontre et eurent l'honneur d'être reçus par le Prophète.
Ils le glorifièrent et lui exprimèrent leurs regrets de n'avoir pu, pour diverses causes, l'accompagner dans cette expédition.
Le Prince les crut et agréa leurs excuses.