Zaynab, fille du Prophète et Hayar
Au nombre des prisonniers de Bedr se trouvait Abu-el-Aass B. Rabyi, im des principaux négociants de La Mecque, renommé pour sa richesse, sa scrupuleuse honnêteté et sa parfaite humanité. Avant que le Prophète eût déclaré sa mission, il avait épousé Zaynab, la fille que celui-ci avait eue de Rhodaïjah ; mais il n'avait pas embrassé la foi en même temps que Khodaïjah et ses filles. Zaynab envoya pour sa rançon une somme d'argent et un collier dont Khodaïjah lui avait fait présent la nuit de son
^i) Aux yeux des Musulmans Facte de Mahomet est justifié par le sacrilège attribué à Otbah. Pour les infidèles elle s'explique par le désir de faire disparaître pour toujours un ancien confident devenu indiscret et par conséquent dangereux Cette réponse de Mahomet fit donner aux enfants d'Otbah le surnom de Sihyat-Ennâr (Enfants du feu).
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mariage. A la vue de cette parure, le Prophète vivement ému dit à ses amis : a Si vous le trouvez bon, nous renverrons à Zaynab son mari avec tout ce qu'elle destinait à sa rançon. » Les Musulmans y acquiescèrent volontiers. Mahomet dit alors à Abuel-Aass : « Tu es libre, mais à la condition que tu me rendras ma fille. Une musulmane ne peut rester la femme d'un idolâtre. » L'époux de Zaynab ayant consenti à se séparer de la fille de Khodaïjah, le Prophète envoya à La Mecque Zaïd B. Hareth pour lui ramener « l'abeille de son œil ». Abu-el-Aass chargea son frère Kunânah de conduire Zaynab à Médine et ils partirent en plein jour de La Mecque, elle dans un howdah porté par un chameau et lui tenant d'une main la bride du chameau et de l'autre son arc. Des Koréish considérèrent cette sortie comme une sorte d'évasion ; ils se mirent à leur poursuite et les atteignirent à Dhu Ttowi. L'un d'eux, Hayâr, porta à Zaynab un coup de lance, ce qui lui causa une telle frayeur qu'elle tomba du howdah et fit une fausse couche des suites de laquelle elle mourut plus tard. C'est pourquoi Hayâr fut proscrit lors de la prise de La Mecque.
Kunânah banda son arc et jura de tuer quiconque toucherait à Zaynab. Alors Abu Sofian s'interposant lui dit : « Enlever sous nos yeux la fille de Mahomet qui vient de nous infliger un désastre, c'est nous braver et nous insulter. Nous ne pouvons le souffïnr , mais nous ne voulons point priver un père de la présence de sa fille. Ramène-la à sa maison, et quand la nuit sera venue, tu feras ce que tu voudras. »
Kunânah suivit cet avis. Cette nuit même il fît sortir Zaynab de La Mecque et la remit aux mains de Zaïd B. Hareth qui la conduisit à Médine.
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L'on raconte (i) que plus tard Abu-el-Aass ramenait de Syrie une caravane chargée de marchandises pour lo compte de notables de La Mecque, lorsqu'il fut capturé avec sou convoi par les Musulmans. Il put s'chapper de leurs mains et entrer sans être reconnu à Médine, oii il alla se mettre sous la sauvegarde de Zaynab : et celle-ci lui accorda publiquement sa protection par une déclaration faite dans ce sens à la Mosquée pendant un office. Le Prophète alors fut trouver sa fille et lui dit : « Ma fille, traite Abu-el-Aass comme un hôte de haut rang, mais n'oublie pas que l'islamisme a mis une barrière entre toi et lui. » Puis il invita les croyants qui avaient capturé la caravane à restituer à Abu-el- Aass ce qui lui avait été enlevé, en leur demandant comme une marque de considération personnelle de consentir à cette restitution qui n'était nullement obligatoire pour eux. Ils y consentirent tous volontiers, et toutes les marchandises et les animaux furent rendus à Abu-el-Aass, qui s'empressa de rentrer à La Mecque et de remettre à chacun de ses commettants ce qui leur revenait. Ce devoir accompli il revint à Médine, embrassa l'Islam et fut réintégré dans ses droits d'époux auprès de Zaynab.
Suivant une tradition de Bellâl, lorsque le Prophète envoya des partis dans toutes les directions pour faire des razzias, il ordonna de brûler vif Hayâr, si on le prenait. Puis il révoqua cet ordre en disant :
« Nul autre que le Maître du feu ne doit infliger le supplice du feu. Si vous prenez Hayâr, vous lui couperez les pieds et les mains et ensuite vous le tuerez. »
(i) Slrat'Erraçoul ; Tarikh el Khamlc^,
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A cette époque Hayâr ne tomba point entre les mains des Musulmans et, lors de la prise de La Mecque, il s'échappa.
Après le Ghazwali de Honeïn, le Prince des hommes et des génies l'aperçut inopinément à Jaghranah. Il se prosterna, baisa la terre et déclara :
« Je témoigne qu'il n'y a de Dieu qu'Allah et que tu es son Prophète. » L'Apôtre accepta sa profession de foi et répondit à une de ses servantes qui se répandait en invectives contre Hayâr : « Tout ce qui s'est passé avant l'Islam e^t effacé par l'Islam. »
Zobeir B. Alaswam raconta que, au moment où l'on exécrait Hayâr tandis que celui-ci s'excusait, il vit le Prophète baisser la tête de honte et ensuite demander son pardon à Dieu. Combien sont belles ces paroles :
Admire la miséricorde du Seigneur.
L'esclave a péché et c'est lui (le Prophète) qui a honte.