Cause de la conversion d'Amru B. Wohob
Amru B. Wohob avait été, au temps de Fignorance, un des mauvais génies des Koréish. A la bataille de Bedr, il trouva son salut dans la fuite, mais son fils par arrêt du destin fut fait prisonnier. Peu après, Safuvan B. Ommyah et lui, se firent part en tête à tête de leur commune désolation au sujet de leurs amis tués à Bedr, et Amru dit :
« Si je n'en étais empêché par mes dettes, et par la nécessité de faire vivre ma famille, j'irais à Médine sous prétexte de voir mon fils, et je tuerais Mahomet. Ce ne serait pas difficile, car il se promène, dit-on, seul par la ville. »
Alors Safuvan lui offrit de s'occuper de tout ce qui l'intéressait et de répondre de ses dettes. Amru accepta. Après avoir empoisonné la lame de son sabre, il partit pour Médine sur un chameau que lui donna Safuvan. Il mit pied à terre à la porte de la mosquée et se hâta de se rendre près de l'Apôtre. Omar qui, en ce moment, s'entretenait de la bataille de Bedr avec quelques Musulmans, l'aperçut
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tout d'un coup, le sabre suspendu à l'épaule. 11 eut des soupçons et le fit arrêter, en rappelant la reconnaissance qu'il avait opérée avant la bataille de Bedr et, à la suit^ de laquelle il avait excité les idolâtres à combattre à cause du petit nombre de Musulmans. Puis il rendit compte de ce fait au Prophète qui lui ordonna aussitôt de lui amener Amru au milieu do son conseil. Celui-ci, en se présentant à l'Apôtre, prononça la formule de salutation en usage du temps de Tignorance. Le Prince le blâma :
« Dieu nous a défendu de nous saluer de cette manière et nous a appris la salutation des habitants du Paradis : Salûm (mot qui, en arabe, a la même signification que le mot salut, en finançais). »
Puis il demanda à Amru ce qu'il était venu faire. Il répondit :
— Te prier de bien traiter ton prisonnier.
— Et de quoi es-tu convenu secrètement avec Safuvan?
A cette question le mecquain resta interdit.
— Tu es convenu de me tuer, à condition que Safuvan paiera tes dettes. Et il lui répéta leur conversation tout au long. Amru en fut tellement impressionné qu'il s'écria :
— Je reconnais que tu es l'Apôtre de Dieu et que ce que tu dis est vrai. Je confesse qu'il n'y a pas d'autre Dieu qu'Allah. Je suis maintenant convaincu de la révélation divine, car personne au monde n'a connu ce secret. Je remercie le Tout Puissant de m*avoir mis ainsi dans le droit chemin.
Amru fit profession de la foi et demanda à retourner à La Mecque pour y propager l'Islam. On le laissa partir avec son fils que l'on remit en liberté ; il réussit à faire beaucoup de prosélytes, mais
il resta mortellement brouillé avec Safuvan qui persista dans l'idolâtrie.