‹ Vie de Mahomet d'après la traditionChapitre 78 sur 89 · La juive Ossma et le juif Abu Affak · texte numérisé non relu

La juive Ossma et le juif Abu Affak

La juive Ossma, fille de Merwaa, s'était signalée dans sa tribu (les Béni A ws) par ses propos constamment haineux contre les Musulmans, et par la violence avec laquelle elle déblatérait contre le Prophète dans des poésies qui couraient de bouche en bouche (i). Pendant la marche sur Bedr, on récita ses vers injurieux à Omayr B. Ady, vieillard aveugle qui, depuis le commencement de la religion, avait toujours professé Tlslam en toute sincérité et ferveur. 11 fit vœu de tuer cette femme maudite si Dieu ramenait le Prophète vivant à Médine. Après son retour, il se fit conduire pendant la nuit à la demeure d'Ossma qu'il trouva allaitant un enfant ; il arracha le nourrisson de son sein et y plongea son épée jusqu'à ce qu'elle ressortit par le dos, puis il s'en revint chez lui où il passa le reste de la nuit ; et ensuite il assista à la prière du matin de l'Apôtre de Dieu. A la fin de la prière, celui-ci jeta les yeux sur Omayr, apprit par la lumière de la prophétie ce qui s'était passé et demanda à Omayr : « Est-ce que tu as tué la fille de Merwan ? » Omayr avoua le meurtre et il ajouta : « Est-ce que j'encourrai de ce fait quelque blâme ? » Le Prophète répondit : « Elle

(i) Ainsi que nous l'avons vu, des poètes illeltrés tenaient lieu dans les tribus de publicistes. Ossma dont la fanfille était restée fidèle à la loi de Moïse reprochait aux habitants de Médine' d'avoir accueilli Mahomet, Tennemi de ses propres parents et de ses compatriotes, et elle accentua ce reproche après la victoire de Bedr.

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ne sera plus une cause de scandale et de colère, » ])hrase qui est restée dans le langage comme locution proverbiale.

Puis il dit à son entourage : « Omayr a travaillé d'inspiration pi)ur Dieu et son Prophète (i). Ne rappelez plus V Aveugle, mais le Voyant, »

En retournant à son habitation, située dans le haut de Médine, Omayr passa près des fils d'Ossma qui rendaient les derniers devoirs à leur mère. Ils Taceusèrent du meurtre commis. Il l'avoua hautement et ajouta que s'ils agissaient comme Ossma, il traiterait de la même manière toute la famille. Cette farouche menace eut reffet désiré.

Ceux des Béni Khalma ( tribu à laquelle appartenait le mari d'Ossma) qui avaient épousé secrètement la cause de Mahomet, y adhérèrent ouvertement et toute la tribu prit parti pour les Musulmans.

Quelques semaines' après le meurtre d'Ossma eut lieu celui du juif Abu AfTak. Il habitait avec les Béni Amr le faubourg de Médine, et quoique âgé de plus de 60 ans, faisait une opposition active à la nouvelle religion. Ses vers offensaient les Musulmans et Mahomet dit publiquement : « Qui me débarrassera de cette peste ? » Un néophyte des Béni Amr épia l'occasion, et trouvant le vieillard endormi hors de son habitation, le tua d'un seul coup de sabre. Au cri qu'il jeta les voisins accoururent pour le venger, mais le meurtrier s'échappa sans être reconnu.

(i) Dans le Kitâbsiret Rasiilullah,^, 881, (Ed. Wustenfeld) Ibn Isâk rapporte que Mahomet lit couper la langue à Abbas B. Merdas, qui composait des vers satiriques contre lui. Suivant un autre auteur, le Prophète se serait borne à lui imposer silence par ses bienfaits.

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Ces deux actes de répression remplirent d'alarme tout le parti de Médine qui tenait en suspicion ou en aversion les étrangers et la nouvelle foi.

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