IV. — ÏABARI
AboU'Jafar'B.'Jarir-el'Tabari, florissait dans la seconde moitié du m® siècle de THégire. Il naquit en Fan 224 et mourut en Tan 3io de l'Hégire . Son histoire est réputée sans rivale pour l'authenticité et l'exactitude. On n'en a retrouvé que le 4** volume qui se compose pour les deux tiers d'extraits de Ibn- Ishâc et de Wâckidi et pour le reste de traditions originales fort précieuses, car on ne les retrouve point ailleurs.
L'étendue qu'il donne à ses extraits textuels de Ibn-Ishâc et de Wâckidi prouve que, de son temps, on accordait toute confiance à ces auteurs ; bien plus, qu'ils occupaient les premiers rangs parmi les écrivains et que leur autorité faisait loi sur tout sujet traité. Quant aux autres documents qu'apporte Tabari, bien qu'intéressants, ils ne mettent point en lumière de nouveaux traits importants de la vie du Prophète. Mais on peut y voir le symptôme de l'avènement d'une méthode de sélection moins honnête et moins scrupuleuse que celle des collecteurs les plus anciens. Puisque Tabari n'a point puisé chez ses contemporains, c'est sans doute qu'il ne pouvait en tirer des matériaux bien solides ou bien nouveaux. Il n'emprunte qu'aux trois biographes précités et aux collections générales des plus anciens traditionnistes, Bokhari, Muslim, Tirmidzi (i), etc. Les biographes européens de Mahomet, Gaussin de Perceval, Sprenger et Muïr, ont également puisé exclusivement à ces sources tous leurs documents,
(i) Abou-Aiça el-Tirmidzi. ^.