Mademoiselle do Monîponsier
auprès de lui et de la reine elle-même pour faire de cette circonstance un empêchement suprême à la célébration du mariage. Les loyales instances du duc d’Ascoli remportèrent cependant sur la malveillance obstinée de Circello, et il fut convenu cpie la cérémonie se ferait le 25 novembre, aprèsmidi, dans la chambre de l’auguste malade. Un autel fut dressé au pied du lit royal, et là, en présence des premiers dignitaires de l’Etat et des ministres étrangers, un des aumôniers du roi, monsignor Monarclu'a, unit les deux époux « par le lien le plus sacré et le plus indissoluble ». « Les jambes me tremblaient, ajoute la princesse, sachant la sainteté et la force de l’engagement que je prenais; mais le duc a prononcé son oui d’un ton de voix si résolu, qu’il m’en a tout remué le cœur. » On descendit de là à la chapelle du palais, où le Te Deum fut chanté et la bénédiction du saint sacrement donnée avec solennité; puis la mariée, dans sa toilette nuptiale, robe d’argent de fabrique sicilienne, brodée de même, diadème de brillants et plumes blanches, alla pour quelques instants avec son époux s’offrir aux acclamations de la foule rassemblée au théâtre. Rentrés au palais, le roi voulut qu’ils soupassent seuls avec lui et la reine; il les bénit, et leur ordonna de s’embrasser en sa présence, la princesse Amélie, au comble de ses
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vœux, exprimait sa pieuse joie dans les lignes suivantes : « Dieu, en me mettant dans un nouvel état, m’a uni à un époux vertueux et aimable. Puisse-t-il bénir cette union qu’il a formée, et nous faire vivre tranquillement et saintement sur cette terre, pour nous faire jouir ensuite de lui dans le ciel! »