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70 VIE DE MAKIE- AMtë LIE.
maladie, et leur donna de longues inquiétudes. On le transporta à la Bagherîa, dont l’air aida à son rétablissement. A leur retour dans leur résidence temporaire de Santa-Croce, le duc et la duchesse d’Orléans se virent aussitôt pressés d’en sortir par la reine qui réclamait cette habitation pour elle-même, ne voulant pas séjourner au palais, siège de la royauté, dont les fonctions étaient dévolues à son fils. Ils furent obligés de précipiter leur établissement à Santa-Teresa; quoique cette maison ne fût pas encore en état de les recevoir.
Marie-Caroline, soit que le fait fût réel, soit que ce ne fût de sa part qu’une imprudente vanterie, avait donné à entendre à lord William que, malgré les changements introduits dans le gouvernement, c’était encore elle « qui menait tout derrière la toile ». Elle y gagna de recevoir une lettre foudroyante, par laquelle Benlinck lui déclarait qu’ayant acquis la preuve qu’elle correspondai avec l’ennemi, il ne pouvait permettre qu’elle restât à Palerme pour y exercer sur le vicaire du royaume sa funeste influence. Au poids de cette menace se joignit pour l’accabler le vote de la nouvelle constitution sicilienne, constitution modelée sur celle de l’Angleterre et n’accordant à la couronne d’autres subsides que ceux qui seraient librement
consentis par les deux chambres du parlement 1 . Il était encore temps pour Marie-Caroline de s’ accommoder aux circonstances et d’user de son ascendant sur le roi et sur son fils pour qu’on essayât de gouverner franchement « selon le nouveau système ». Il n’y eut sorte d’instances qu’à cette heure décisive le duc d’Orléans ne fît auprès d’elle pour l’y déterminer; mais contre lui et contre tous elle ne savait que se répandre en violentes récriminations, et elle employait tout ce qu’elle avait de ressources dans l’esprit , tout ce qui lui restait d’influence, à entraver l’action du pouvoir dans la voie nouvelle où il était engagé. C’était lutter contre plus fort qu’elle, c’était jeter le gant au gouvernement anglais lui-même, qui avait permis d’abord, et qui finit par ordonner qu’elle fût éloignée de la Sicile. Bentinck, unissant la patience à la fermeté, s’efforça pendant plusieurs mois d’obtenir ce résultat à l’amiable ; il voulait que ce fût Ferdinand lui -même qui donnât ce gage de fidélité à l’alliance britannique. Plus il devenait pressant, plus le roi reculait, cédant toutefois à chaque pas en arrière le moins de terrain possible ; tout ce q’uon put lui arracher fut la vague promesse de faire partir la reine au printemps, et de