CHAPITRE PREMIER
Enfance et éducation de Ferdinand IV. — Son mariage avec 1’arcliiduchesse Marie-Charlotte. — Caractère de cette princesse : les vices de son gouvernement n’ôtent rien à ses vertus maternelles. — Soins attentifs et éclairés qu’elle donne à l’éducation de ses enfants. — Enfance de la princesse Marie-Amélie : sa frêle santé et sa précoce intelligence. — Lettre du roi d’Espagne Charles III il sa petite-fille. — Bénédiction de saint Alphonse de Liguori. — Madame d’Ambrosio est donnée pour asafalla à la jeune princesse. — Son mérite supérieur. — La régularité introduite par elle dès le principe dans l’éducation est secondée par la reine. — Accord entre Marie-Antoinette et Marie-Caroline pour marier le dauphin de France à la princesse Amélie. — Impression produitè sur celleci par les morts tragiques de Louis XVI et de Marie-Antoinette. — Sa première communion. — Elle est de bonne heure exercée à la
science du sacrifice. — Caractère dénué par madame d’Ambrosio à son éducation religieuse. — Développement de son intelligence et étendue de ses connaissances. — Événements de 1798 : marche de Championnet sur Naples; embarquement précipité de la cour pour Païenne ; tempête affreuse au sortir de Naples; mort du jeune prince Albert- sous les yeux de sa mère et de sa sœur. — Réaction monarchique dans les provinces de terre ferme, sanglantes exécutions dont elle est accompagnée. — La princesse Amélie atteint l’âge de dix-huit ans, et est affranchie des assujettissements de l’éducatioD.
La reine Marie-Amélie , sans avoir joué un rôle dans l’histoire, a été de notre temps un personnage très-considérable. Ses vertus étaient partout connues et admirées; le pape Grégoire XVI ne manquait jamais de lui donner le nom de « sainte femme » ; un diplomate célèbre 1 la proclamait la dernière grande dame qui existât en Europe; vénérée sur le trône, elle l’a été, s’il est possible, davantage encore dans l’exil, et, morte, elle a eu ce rare privilège, dans notre époque de divisions et de haines politiques, que d’unanimes respects ont été rendus à sa mémoire. Offrir sa vie en exemple et en enseignement à la génération présente ne sera donc pris par personne pour un acte de flatterie posthume; la voix de l’historien ne sera que l’écho de la voix publique, et le récit simple et