‹ Vie de Marie-Amélie reine des FrançaisChapitre 28 sur 98 · mai · texte numérisé non relu

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LE PALAIS-ROYAL

le soir même la duchesse, cet événement ne m’en a pas été moins douloureux. Je suis mère, et c’est le premier de mes enfants que je perds, et juste le même jour où, il y a douze ans, j’ai perdu ma bien-aimée sœur Toto. Mon unique consolation est qu’elle est un ange dans le ciel, où elle jouit d’une félicité inaltérable, à l’abri de toutes les vicissitudes de ce monde. Si je pouvais lui rendre la vie, je ne le ferais pas; ce serait égoïsme de ma part, puisque je la tiens pour assurée du beau sort que je souhaite à, tous les objets de mes plus tendres affections. » Et ce ne sont pas là des paroles destinées à être entendues du monde : c’est seule devant Dieu que la mère chrétienne les dépose dans le Journal qui reçoit les plus intimes confidences de son âme. La naissance du prince de Joinville fut pour elle, peu de temps après, une compensation que lui envoya la Providence1. Trois fils et trois filles formaient pour son front maternel une assez belle couronne ! Aussi sa reconnaissance envers Dieu, si bon pour elle, remplit-elle son âme, et semble continuellement en déborder. Elle le remercie avec effusion de toute la douceur qu’il a mise dans son existence, de la paix en particulier dont elle a joui dans son cher Neuilly, qu’il lui en

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