Confesseur du roi
prendre, jusquVi moment où le comte Charles de Damas, s’avançant vers lui d’un air triste et respectueux, lui dit : « Sire, le roi est mort. » Cette annonce ainsi faite a produit sur nous tous une vive impression. Alors le dauphin s’est jeté aux genoux de son père et lui a baisé la main; nous avons suivi son exemple, et le roi nous a embrassés tous en sanglotant. Nous nous sommes ensuite agenouillés autour du lit, et l’on a récité le De prof midis, après lequel le nouveau roi a jeté de l’eau bénite sur le corps de son frère, et, s’approchant de lui, lui a baisé la main. Nous avons tous successivement baisé cette main glacée... Le dauphin et la dauphine ont emmené le roi : M. de Blacas le précédait, et en ouvrant la porte de la galerie de Diane, il a crié : Le roi , messieurs. Il fallait voir, à ces mots, comme toute la foule des courtisans, en un clin d’œil, a laissé la galerie vide pour entourer et suivre le nouveau roi. C’était comme un torrent : nous en avons été entraînés, et ce n’est qu’à la porte de la salle du trône que mon mari s’est avisé que nous n’avions plus rien à y faire. Nous sommes rentrés chez nous en faisant de grandes réflexions sur la faiblesse de notre pauvre humanité et sur le néant des choses de ce monde. »
Un nouveau règne commençait qui promettait
au duc d’Orléans et aux siens des relations de parenté plus faciles et plus douces, mais qui leur faisait en même temps pressentir d’orageuses destinées pour la France.