CHAPITRE II
Voyage à Vienne de Marie-Caroline avec ses filles et le plus jeune d< ses fils. — Débarquement à Livourne : la reine y reçoit l’avis trompeur de la victoire des Autrichiens h Marengo; cruel démenti donné le lendemain à cette nouvelle. — Impossibilité de gagner Venise, où elle devait s’embarquer. — Elle se rend par terre à Ancône, et, débarquée à Trieste, n'arrive à Vienne qu’après un voyage de plus de deux mois. — Joie de la princesse Amélie de retrouver ses deux sœurs mariées dans la famille impériale. — Elle commence à écrire régulièrement son journal. — Ses habitudes pieuses et studieuses ne sont point interrompues à Vienne. — La paix de Lunéville, quoique ruineuse pour l’Autriche, permet à la cour quelques divertissements, auxquels la princesse prend part avec l’entrainement du son âge. — Sentiment d’affection universelle qu’elle inspire à la famille impériale; sentiment particulier de l’archiduc Antoine pour elle. — Spectacle intéressant que lui donnent l’ouverture de la diète de I’resbourg et la réception do l’archiduc Charles comme chevalier de l’ordre Teutonique. — Pèlerinage de Maria Zell. — La paix d’Amiens achève de dissiper les ambitieuses illusions de Marie-Caroline, et décide son retour A Naples. — Tristes adieux de Schonbrüun ; débarquement à Manfredouia.
Ici sc place dans la vie de la reine Marie-Amélie celui des événements de sa première jeunesse qui lui devait laisser le plus agréable souvenir : son voyage et son séjour à Vienne.
L’Italie, au commencement de l’année 1800,
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semblait entièrement perdue pour les Français; M asséna seul tenait- encore dans Gènes avec un héroïsme désespéré. La reine Caroline crut le moment venu de réclamer le prix des sacrifices faits par le royaume des Deux-Siciles pour la cause commune des rois et pour celle du saintsiège en particulier. Mieux que tout autre négociateur, elle se flattait d’obtenir de l’empereur, son neveu, devenu l’arbitre de l’Italie, l’accroissement de territoire qu’elle ambitionnait, et elle se résolut en conséquence à partir pourVienne, afin d’y traiter elle-même cette grande affaire. Ses trois filles non’ mariées et son second fils le prince de Salcrne s’embarquèrent avec elle, le 9 juin, à Païenne sur le Foudroyant, vaisseau amiral de Nelson.
Après que les quatre enfants eurent reçu à genoux la bénédiction paternelle, le navire prit le large, et fut porté rapidement par un vent favorable sur les côtes de Toscane. Mais là une furieuse tempête vint rappeler aux princesses celle que, dix-huit mois auparavant, elles avaient essuyée au sortir du golfe de Naples; elles en furent glacées d’effroi et Nelson en pâlit lui-même1. Heureusement, cette fois, la crainte et la souffrance furent de courte durée, et, le 1 h, Marie-Caroline, débar-