Nelson cm bianeo corne una caria. ( Journal de itiOÜ
VI ü DE MAIUE-AMÉLIE.
quée à Livourne, y fut accueillie par les démonstrations du plus ardent enthousiasme. Il y avait dix jours que Gênes avait capitulé, et l’on était encore dans la première émotion de joie causée par le triomphe. Mais dès le lendemain arriva la nouvelle du passage des Alpes par Bonaparte, suivie presque aussitôt de celle d’une grande bataille, dans laquelle le baron de Mêlas écrivait lui-même à la reine qu’il était victorieux. Elle fit chanter le Te Deum, et s’endormit dans l’attente d’une autre dépêche qui lui confirmerait le succès des armes autrichiennes. Quelles furent sa stupeur et sa consternation, lorsqu’on l’éveilla au milieu de la nuit pour lui annoncer l’issue finale de la journée de Marengo! Elle en perdit connaissance, et faillit succomber à une attaque d’apoplexie. A peine rétablie, sa première pensée fut de s’informer si le passage lui serait libre pour atteindre Venise. Le cardinal Ruffo, qui l’accompagnait, fut envoyé k Florence pour s’en assurer, et rapporta une réponse négative; il y avait sur toute la route ou des troupes françaises, ou des populations soulevées. La reine alors se résigne a la cruelle nécessité de monter à bord d’une frégate napolitaine, mouillée en rade k Livourne : mais, après l’expérience qu’elle vient de faire de la mer, l’aspect de ce bâtiment lui rend toutes
ses terreurs, et elle prend aussitôt le parti de se rendre k Ancône, d’où la traversée sera peu longue pour gagner Trieste. Ce 11e fut que le 1er août, après un voyage plein de fatigues et de nouvelles perplexités, qu’une frégate russe la transporta dans cette dernière ville, d’où elle fit route lentement vers Vienne Elle n’y apportait plus ses superbes espérances, elle venait mettre en commun ses tristesses et ses craintes avec celles de la famille impériale.
Les soucis politiques n’agitaient point l’âme de la princesse Amélie comme celle de sa mère. Il y eut pour elle une joie sans mélange k se trouver parmi des parents qui lui ouvrirent leurs bras avec la plus cordiale affection. L’esprit de famille se conservait k Schônbrünn tel qu’au temps de Marie- Thérèse : des dix enfants de la grande impératrice , la reine Caroline et l’archiduchesse Élisabeth, abbesse d’Insprück, restaient seules; mais le feu empereur Léopold n’avait pas laissé une postérité moins nombreuse que celle de sa mère, et huit archiducs2 entouraient le trône
La princesse Amélie calcule dans son Journal que la urée totale du vo vage avait été de deux mois et cinq jours.