Elle eut heu le 9 août
me suis enfermée avec le roi dans son cabinet, et nous sommes restés à y pleurer ensemble., »
La reine, en racontant ainsi la douleur de toute sa famille, semble oublier le cœur qui souffrit le plus de cette séparation. Ce n’était pas oubli, c’était ignorance de ce qui se passait dans l’âme de la princesse Marie. Comme tout le monde, la reine croyait sa fille insouciante et légère, et ne soupçonnait point la profondeur du sentiment qui l’attachait à sa sœur. Les deux princesses, depuis leur berceau, n’avaient jamais été séparées, et leur mutuelle affection avait été pour elles comme une de ces bénédictions de la Providence dont on jouit sans y songer, comme l’air qu’on respire, comme le soleil dont on reçoit la lumière et la chaleur. Dès leur enfance, elles avaient commencé à s’aimer sans se le dire, sans même se le témoigner par aucune caresse. Elles ne s’embrassaient qd’à de certains jours déterminés, jours de fête et de félicitations réciproques, et encore était-ce moins un acte de tendresse qu’une sorte de formalité officielle qui les faisait rire. Du reste, nul échange de ces riens affectueux qui font le charme d’autres liaisons. La leur alla ainsi croissant avec les années, et leur donna un bonheur dont elles ne se rendirent compte qu’après l’avoir perdu. Vivre ensemble du malin au soir, sans être séparées,
LES TUILERIES