‹ Vie de Marie-Amélie reine des FrançaisChapitre 6 sur 98 · Ferdinand, grand-duc do Toscane · texte numérisé non relu

Ferdinand, grand-duc do Toscane

2° Archiduc Charles, l’illustre commandant des armées Autrichiennes;

de François If, tous jeunes et vivant ensemble dans une intimité vraiment fraternelle. Ce qui combla le bonheur de la princesse Amélie fut de retrouver à la cour d’Autriche ses deux sœurs aînées mariées l’une à l’empereur, l’autre au grand-duc de Toscane.

Un Journal très-régulièrement tenu par la princesse rend un compte exact de l’emploi de son temps pendant les deux années qu’elle passa au sein de la famille impériale. Je ne puis songer à en reproduire tous les détails; il me suffira de dire que, dans ces pages écrites pour elle seule, elle se peint au vrai, telle que l’avait faite son excellente éducation. Pour n’être plus placée sous l’autorité d’une gouvernante, elle ne se regarde point comme affranchie de la loi du travail, et elle ne se fait pas de son changement de séjour un prétexte au désœuvrement et à la dissipation. L’étude des langues, du dessin, de la musique continue avec ce que Vienne offre de plus habiles maîtres, et une place est toujours réservée dans le cours des

3° Joseph-Antoine, palatin de Hongrie;

4° Antoine, évéque de Bamberg;

5° Jean-Baptiste, président du parlement germanique en 1849;

G0 Renier, vice-roi du royaume lombard-vénitien;

7° Louis;

8° Rodolphe, cardinal.

journées aux lectures sérieuses et instructives, particulièrement à celle de l’histoire. Il ne faut pas croire non plus que, parmi les distractions d’une existence plus animée et plus gaie que celle de Naples et de Palerme, elle se relâcfie en rien de ses habitudes religieuses ; l’assistance quotidienne à la messe, les visites aux églises, le goût de la prière et de la parole de Dieu sont attestés presque à chaque page du Journal. Il est vrai qu’avec la même simplicité, la princesse Amélie avoue le plaisir qu’elle trouve au bal, au spectacle et dans les joyeuses réunions de famille : il est vrai qu’elle ne dissimule pas le soin plus étudié qu’elle commence à prendre de sa toilette, la satisfaction qu’elle a éprouvée un jour à recevoir une jolie robe de Paris, un autre jour à paraître coiffée à son avantage, innocentes jouissances qu’elle se reprochera dans les années qui suivront, que déjà même quelquefois elle se reproche au plus fort pe ce premier enchantement de la jeunesse. Mais qui ne sait qu’à entendre les saints ils ont été les plus grands de tous les pécheurs, uniquement à cause du plus pur idéal de perfection qu’ils portent au dedans de leur conscience?

Je dois ajouter que cette vie si pleine d’agréments pour la princesse Amélie n’était nullement la

vie du monde avec son entraînant tourbillon;

c’était, h strictement parler, la vie de famille, ayant conservé dans ses amusements mômes les habitudes de dignité et de simplicité patriarcales qui étaient une des traditions de la cour de Marie- Thérèse. Il y avait toute une jeune génération de princes et princesses qui se suffisait à elle-même pour égayer les résidences impériales de Vienne et de Schonbrünn. Cette époque ne pouvait d’ailleurs être celle des fêtes de cour. Après Marengo, après Hohenlinden, le deuil était dans un trop grand nombre de maisons, et la fortune même de l’Empire était trop menacée pour qu’il y eût lieu aux réjouissances. Ce ne fut qu’au mois de février 1801, lorsqu’eut été signée la paix de Lunéville, que Vienne commença à redevenir la ville des plaisirs. Le carnaval y fut assez brillant, et les bals masqués donnés à la cour eurent pour la princesse Amélie un charme dont elle ne se défendit pas, jusqu au mement où le carême vint la rappeler à des pensée» plus sérieuses. Elle a toujours aimé à redire le spectacle d’édification profonde que lui offrit la famille impériale réunie tout entière le jeudi saint au pied de l’autel dans l’accomplissement du devoir pascal.

On peut dire que ce fut alors que l’étude et la connaissance du monde commencèrent pour elle. Le rétablissement de la paix avait attiré à, Vienne

un grand nombre d’étrangers de haut rang l, non moins empressés de faire leur cour à la reine Caroline qu’à l’empereur. Ce ne furent pas seulement de nouveaux visages qui passèrent sous les yeux de la princesse Amélie, avantage qui n’était pas à dédaigner pour une personne de sa condition. Son coup d’œil observateur et la finesse italienne qu’elle possédait à un rare degré lui révélèrent dès lors sur les hommes bien des • choses qu’elle ne devait pas oublier. Son admirable esprit de charité faisait heureusement équilibre à l’excès de clairvoyance et au sentiment trop vif du ridicule qui lui étaient naturels. Aussi est-ce comme à voix basse qu’elle laisse de temps en temps échapper dans son Journal certains mots que sa conscience lui eût reproché de prononcer tout haut, et l’on voit combien il lui eût été facile, si elle l’eût voulu, de se faire aux dépens d’autrui le renom de ce que nous appelons l’esprit en France. Mais, devant Dieu, elle fuyait la tentation de la vanité et le péché d’une langue médisante; devant les hommes, elle ne tenait pas à briller, mais bien plutôt à se faire aimer, et elle y réussissait à mervêille. Toute la famille impé-

1. Les ducs d’Àngoulôme et do Berri, le prince de Condé et son petit-fils le duc d'Enghien furent du nombre de ces illustres visiteurs.

riale la chérissait; son oncle le duc Albert de Saxe-Teschen 1 et son beau-frère le grand-duc de Toscane lui portaient surtout une extrême affection. Il y eut (pourquoi ne pas le dire?) entre elle et l’un de ses jeunes parents un échange de sentiments plus tendres. L’archiduc Antoine, non content de prodiguer ses attentions à sa cousine dans la libre familiarité de leurs rencontres journalières, lui adressait les secrets hommages d’une respectueuse galanterie. On le vit plus d’une fois, pour obtenir d’elle un regard, se promener sous ses fenêtres. Mais il était destiné à l’Eglise, et ne tarda pas à entrer en possession de l’évêché de Bamberg, l’une des seigneuries ecclésiastiques les plus riches de l’Empire. La reine Caroline, craignant que cette décision souveraine de l’empereur ne fît le malheur de sa fille, offrit un jour à celle-ci de faire relever le jeune prélat de ses vœux ; la princesse Amélie refusa. Un tout autre mariage, dont la pensée lui causait un extrême effroi, fut en ce temps négocié pour elle; il s’agissait de la donner pour épouse au prince des Asturies 2. Elle eut le bonheur de voir échouer cette négociation : l’héritier du trône d’Espagne

Veuf de l’archiduchesse Marie-Christine et dernier gou verneur ries Pays-Bas autrichiens.

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