novembre
3 Du 12 mars 1833 au 22 février 1836.
meilleures et les plus désirables pour mon pays : je ne suis que le biographe, aussi lidèle que je le puis, de la reine Marie-Amélie, et mon devoir est de la montrer, ce qu’elle était, associée inséparablement à toutes les circonstances de la vie de son mari. jOr ceux qui ont vu le roi Louis-Philippe, dans cette laborieuse continuité de crises ministérielles , peuvent dire s’il n’y avait pas là pour sa compagne une bien large part à prendre de contrariétés et de dégoûts.
Ce n’était cependant que le commencement de ce que réservait à la reine la funeste année 1835 *. Le parti républicain, avec ses bandes dispersées, ses chefs emprisonnés pour la plupart et mis en jugement devant la cour des pairs, n’était plus en état de tenir la campagne contre le gouvernement. Le plan d’attaque du fanatisme se dirigea dès lors contre la vie du roi; la doctrine du régicide fut prêchée parmi les débris assemblés des sociétés secrètes, et les tentatives d’assassinat commencèrent pour ne plus discontinuer pendant douze années consécutives. Plusieurs de ces projets crimi-
4. C’est au commencement de l’année 4835, le 6 janvier, que la reine écrit ces lignes regrettables :
« Non avendo mollo tempo per iscrivere, dorenavanti non noterô piü cho allorche vi sarâ qualche cosa straordinaria, e allorche avro un morncnto libero. »
nels avaient été déconcertés par la vigilance de la police, lorsque dans les premiers jours du mois de juillet le complot de Ncuillv fut au moment d’être mis à exécution. Tout était préparé pour jeter un baril de poudre dans la voiture du roi. M. Thiers, qui en était instruit, voulait monter -dans cette voiture avec les deux aides de camp de service, et aller s’offrir au danger de l’explosion, pour que ses agents apostés pussent mettre la main sur les assassins. Le roi s’y refusa obstinément, réclamant pour lui le péril, s’il y en avait, et il invoqua à l’appui de sa résolution l’opinion de la reine, qui au même instant entrait dans son cabinet. « Tu as raison, mon ami, lui répondit-elle, et j’irai avec toi.» De la part de l’un et de l’autre la détermination était inébranlable, et tout ce qu’obtint M. Thiers fut de prendre place avec eux .dans la voiture royale. Mais la police, par quelques arrestations précipitées, avait laissé voir qu’elle était maîtresse du secret; il n’y eut rien de tenté contre le roi sur son passage; les conjurés n’en furent pas moins saisis, avec l’instrument de leur crime, et condamnés par la cour d’assises.
L’assassinat cependant était dans l’air, et le crime avorté n’était que le prélude d’un autre bien plus grand crime.
L’cpouvantable attentat de Fieschi a été cent
LUS TJjlLEIUES.