octobre
LES TUILERIES
Comme le roi retournait vers six heures du soir des Tuileries à Saint-Cloud, ce conspirateur 1 déchargea contre la voiture royale une carabine qui ne contenait pas moins de treize projectiles, dans l’intention, proclamait-il avec orgueil, « de délivrer la France du plus grand tyran des temps anciens ' et modernes. » Parole aussi insensée qu’atroce , faite pour inspirer autant de pitié que d’horreur î On ne sortit de ce violent état de crise que par la formation du ministère du 29 octobre, dans lequel M. Guizot prit le portefeuille des affaires étrangères. La reine respira. Elle put se rendre avec l’esprit plus libre aux devoirs de la famille, et, prenant sa place de mère au lit de madame la duchesse d’Orléans, recevoir entre scs bras le petit duc de Chartres*, dont la chétive apparence causa une impression pénible à son père, mais qui, grâce à des soins bien entendus, devait démentir heureusement les alarmes conçues pour son enfance.
La frégate la Belle-Poule, pendant ce temps, faisait voile vers l’Europe, rapportant la dépouille mortelle de Napoléon. Elle mouilla le 30 novembre
f. Lorsque, dans son interrogatoire, on lui demanda, seton l’usage, quelle était sa profession , il répondit : « Conspirateur. »