septembre. Attentat de Quènisset
•j u i VIE DE MARIE-AMELIE.
contrarier les habitudes intérieures de la vie royale; les séjours de Neuilly, d’Eu, de Saint-Cloud, se succédèrent dans leur ordre accoutumé; l’hiver rassembla tous les princes autour de leurs parents aux Tuileries, et la session de 1842, session livrée principalement à des discussions de l’ordre administratif, laissa en se terminant l’esprit public assez calme pour que les ministres proposassent au roi la dissolution de la Chambre des députés, et la convocation deS collèges électoraux pour le 9 juillet.
Je touche, hélas! à une date fatale. Ces élections intéressaient beaucoup M. le duc d’Orléans, qui, encore que séparé sur quelques points de la politique du cabinet , lui souhaitait très-sincèrement la victoire. 11 prenait note avec le soin le plus exact des opérations de chaque collège, supputait les gains et les pertes du ministère et de l’opposition, et,- comme il me savait de mon côté occupé du même travail, il aimait à conférer ses calculs avec les miens. Je le vis donc et l’entretins plus que je n’en avais l’habitude dans les deux journées qui précédèrent celle du 13. Jamais je ne l’avais trouvé d’une amabilité plus expansive, souriant plus gaiement à la vie, envisageant l’avenir avec plus de confiance. Le lendemain il n’était plus.
Probablement n’apprendrais-je rien à aucun de
LES TUILERIES
mes lecteurs en racontant les détails de la mort de ce malheureux prince. Je n’écris pas d’ailleurs son histoire, j’écris celle de sa mère. Mais il se trouve que cette mère, quelques semaines après les funérailles de son fils, a pris la plume pour se redire à elle-même ses souvenirs, pour recueillir les impressions de sa douleur, et ces pages, qu’elle semble avoir écrites avec le sang de son cœur déchiré, sont là sous mes yeux, et je crois qu’il entre dans les convenances de ma tâche d’en citer quelques-unes, persuadé que personne n’échappera à l’émotion que je viens d’éprouver en les lisant*.
« Mon Chartres, mon fils bien-aimé, celui dont la naissance avait fait mon bonheur, dont l’enfance et l’adolescence avaient fait toute mon occupation, dont la jeunesse était ma gloire et ma consolation, et qui, j’espérais, serait l’appui de mes vieux jours, n’existe plus! Il nous a été enlevé, au milieu du plus complet bonheur, et de la plus heureuse perspective pour l’avenir, lorsque chaque jour il gagnait en vertus, en raison, en sagesse, suivant les traces de son noble et excellent père. C’était pour moi plus qu’un fils, c’était mon meilleur ami. Et Dieu me l’a ôté! Que sa sainte volonté soit