LUTHER A L^UNIVERSITÉ DE WITTEMBERG , ETC
ft temps ; choisissez donc un homme plus capable et « plus robuste que moi. » — « Il y a toute apparence, « lui répliqua Staupitz, qu'avant peu le bon Dieu aura « beaucoup de besogne au ciel et sur la terre ; il lui « faudra alors des docteurs jeunes et laborieux, qu'il « puisse charger de ses affaires: soit donc, que vous «viviez, soit que vous mouriez. Dieu aura besoin «de vous dans son conseil.» Pour vaincre sa résistance il lui rappela alors le serment d'obédience qu'il avait prêté en entrant au couvent. Luther ne fit plus d'objection , et partit peu après pour Leipsic pour y toucher les sommes que l'électeur avait promises. Luther fut donc proclamé docteur en théologie, le 19 octobre 1512. «Au reste il estimait que « si le pape , l'empereur et les universités ont le pou- « voir de créer des docteurs ès-arts , en médecine, en « droit, le Saint-Esprit seul a celui de créer d,es doc- « teurs de la sainte Ecriture. » C'est à cette occasion qu'il fut obligé de prêter serment à Dieu, à la sainte Ecriture et à l'université. « A la sainte Ecri- «ture, dit-il, à cette écriture chérie, que j'ai juré « de prêcher et d'enseigner avec fidélité et en toute «pureté.» — Dans la suite, quand son âme était dans la détresse, et qu'on lui demandait avec amertume, « d'après les ordres de qui il agissait, et com- « ment il pourrait répondre devant Dieu des trou- «bles qu'il causait dans toute la chrétienté?» il trouvait une grande consolation à se rappeler son serment de docteur. « Il y puisait un. nouveau cou- «rage pour soutenir sa cause, qui était celle de
« Dieu , et qu'il sut , grâce à son secours , défendre «vaillamment, à la gloire de Jésus-Christ et pour le « salut de bien des hommes. » (Matthésius.)