‹ Vie de Martin LutherChapitre 5 sur 31 · DU TRADUCTEUR. IX · texte numérisé non relu

DU TRADUCTEUR. IX

jurons ni en Luther, ni en aucun homme. Mais puisqu'il a phi à l'Éternel de choisir des mains pures pour relever les murailles de Sion, puisqu'il nous a doublement bénis, et dans le don qu'il nous a fait, et dans la personne par laquelle il nous l'a octroyé : nous sied-il de renier timidement l'héroïque serviteur de Christ, qui nous a reconquis, au péril de sa vie, la précieuse Parole de notre Dieu ?

Eh quoi ! quand on viendra vous dire que c'est par ambition humaine, que c'est par jalousie de métier, que c'est pour pouvoir prendre femme (!!!) que Luther a conçu le dessein de réformer l'Église : cette accusation vous trouvera muets j et vous n'aurez puisé ni dans les faits , ni dans les sentiments du Réformateur la ferme conviction du contraire? — Si Luther avait été incontinent, pourquoi donc aurait-il déserté une Église qui lui offrait toute facilité d'assouvir dans le sanctuaire même, et dans le sanctuaire plus impunément que partout ailleurs, les appétits charnels les plus déréglés? — Si Luther n'avait été qu'un moine avide de réputation et d'argent, pourquoi n'aurait-il pas fait avec Rome une paix, que celle-ci lui aurait payée au poids de l'or? — S'il avait été ambitieux, pourquoi n'aurait-il pas profité du désir que le pape avait de le faire taire, pour se procurer chapeau de cardinal, mitre d'évêque, des prébendes et des bénéfices?

Ce n'est pas non plus, comme se le persuadent une foule de protestants mêmes, imbus des idées de nos temps; ce n'est pas pour extirper quelques abus extérieurs, pour fronder ses supérieurs, ni pour introduire dans l'Église une déplorable anarchie , que le moine d'Erfurt est descendu dans l'arène des combats Comme il a fallu rapetisser l'imposante figure de Luther pour en faire le champion de l'indolence charnelle, le représentant de cette masse

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