‹ Vie de Mgr de Laval [microforme] (volume 2)Chapitre 16 sur 95 · Lettre de M, de la Barre au ministre · texte numérisé non relu

Lettre de M, de la Barre au ministre

laissés

jait au 1, Sans donné incom- 'évêché tes, ont ne soit a voulu enir, ce

pas de ent que tendent ons de peuple

er son es aux pour se

ttre le ipal, la gr de cquérir

leur monastère de Notre-Dame-des-Anges, dans le but d'y installer l’Hôpital-Général, ils se transportèrent à la haute ville, remirent le clocher à sa place, et se logèrent définitivement dans leur nouveau couvent.

Vers le même temps où Mgr de Laval était en lutte avec les récollets au sujet de leur hospice de la haute ville, survint un incident qui mit de plus en plus en relief le mauvais vouloir de ces religieux.

Le prélat avait invité le P. Adrian à prêcher l’Avent dans sa cathédrale, ieur donnant ainsi un témoignage éclatant de cette bienveillance et de cet esprit de conciliation, qui étaient le fond de son caractère. Comme il avait l'exemple du P. commissaire des récollets 1, qui, dans quelques sermons précédents, avait fait des allusions imprudentes aux différends qui existaient à cette époque entrc Frontenac et Duchesneau, il crut devoir recommander au P. Adrian d'éviter avec soin de traiter de pareils sujets. Celui-ci ne tint aucun compte des avis de son évêque ; et, dès le premier sermon, se lança dans les personnalités les plus regrettables, faisant allusion aux querelles qui divisaient alors le pays.

Le jour de l’Immaculée-Conception, le prélat lui réitéra les remarques qu’il lui avait déjà faites. Le Père fit semblant de regretter ses paroles et de convenir qu'il avait eu tort. Cependant, dès le dimanche suivant, il retombait

1 — Eustache Maupassant. C'était un homme de talent, que Mgr de Laval avait entendu prêcher à Paris, dans son dernier voyage. Il arriva au Canada en 1673 avec M. de Bernières, et devint le confesseur ce Frontenac. Au témoignage de Latour, sa conduite à Québec était si peu convenable, que la communauté le déposa de sa charge de supérieur.

dans la même faute, et l’aggravait même, si possible, en prononçant en chaire à plusieurs reprises les mots cabale,

divisions, partialité, qu’il était facile d'appliquer à certains personnages désignés d'avance.

Pour la troisième fois, Mgr de Laval fait venir le P. Adrian, et s'efforce de lui faire comprendre le mauvais effet de ces personnalités dans un sermon. ‘‘ Elles ne peuvent servir, dit-il, qu'à augmenter la division.” Ille prie, il le conjure, au nom de Dieu, de ne plus parler de ce sujet à l’avenir.

Le P. Adrian demande du temps, avant de donner une réponse définitive. Puis, au bout de quelques jours, l’évêque le fait mander de nouveau, pour avoir cette réponse, en présence de MM. de Maizerets et de Bernières, ses grands vicaires.

‘ Eh bien, t’. Adrian, lui dit-il, avez-vous songé à ce que je vous ai dit l’autre jour, qu’i: ne fallait plus parler en chaire des malheureuses divisions qui existent entre le gouverneur et l’intendant, au Conseil souverain ? Etes-vous décidé à suivre mes avis là-dessus ? ”

Le P, Adrian ne répondait pas.

‘ Ce que vous avez dit à M. de Bernières, continue l’évéque, me porte à croire que vous n'êtes pas encore persuadé que vous avez tort. Et pourtant, quel bien pensez-vous donc obtenir de votre prédication? Convertir le gouverneur, ou l’intundant ? Mais vous savez bien que chacun d’eux croit avoir raison. Ce n’est pas à nous à juger leur différend, mais au roi. Chacun d’eux peut être dans le

ble, en cabale,

ertains

enir le auvais Iles ne * Ille r de ce

er une 'évêque nse, en grands

ce que rler en ntre le eg-vous

e l’évêbrsuadé ez-vous OU veErchacun rer leur

intérieure.”

Hans le

tort, et faire bien du mal; je ne vous blâmerais pas de leur donner de bons conseils en particulier. Mais convient-il de le faire en public?

‘ En parlant en chaire, comme vous le faites, des cabales, des divisions, des partialités qui existent contre certains hommes publics, ne vous exposez-vous pus à ce que l’on dise de vous, comme on l’a dit du P.commissaire, que vous avez un parti pris pour le gouverneur? L'Eglise doit rester étrangère à ces débats et à ces différends. Il faut prêcher la paix, l’union, la charité, la vertu en général ; il ne faut pas paraître faire d'application à personne.”

Le P. Adrian, confus sans doute de s’entendre dire la vérité d’une manière si franche et si apostolique, en présence des grands vicaires, espérant aussi peut-être se tirer d'affaire par des faux-fuyants, manifesta le désir d'être seul

avec le prélat.

‘Je veux, dit celui-ci, que mes grands vicaires soient présents. Si vous m’obéissez, vous ne devez pas avoir de difficulté de le faire en leur présence ; si vous me désobéissez, je veux qu'ils en soient témoins.”

Alors le P. Adrian de se mettre à genoux aux pieds de l’évêque, pour lui faire mille protestations de respect; mais le prélat de le relever aussitôt avec empressement. A

plusieurs reprises, le Père veut s’agenouiller de nouveau;

l’évêque ne veut pas le lui permettre: ‘ Ce n'est pas un acte d’humiliation ni de déférence purement extérieure que je vous demande, lui dit-il, c’est un acte de soumission

Le Père, poussé au pied du mur, lui dit alors qu’il ne peut promettre de ne plus parle: en chaire des divisions qui existent entre le gouverneur et l’intendant.

On se lève aussitôt; et, comme le Père allait sortir, il revient sur ses pas, et demande à l’évêque la permission de lui exposer ses raisons.

Mgr de Laval le fait rasseoir, et lui laisse dire tout ce qu’il a sur le cœur. Voici, à peu près, le résumé de son discours :

‘ Notre-Seigneür n’a-t-il pas dit à ses apôtres: Nolite cogr-

tare quomodo aut quid loquamini.…. Non enim vos estis qui loquimini, sed Spiritus Patris vestri qui loquitur in vobis 1? C’est donc l'Esprit saint qui parle en lui quand il prêche, et qui lui inspire ce qu’il faut dire.

‘Quand il est en chaire, il est la voix de Jésus-Christ pour prêcher l'Evangile: il reçoit sa mission de l’évêque; mais la parole, il la tient de Jésus-Christ.

‘ On peut considérer Monseigneur ou comme évêque ou comme particulier. Comme particulier, il n’est pas infaillible, et ne peut exiger de lui qu’il s’abstienne de parler de tel ou tel sujet. Lui, P. Adrian, est obligé d’obéir à Dieu plutôt qu'aux hommes.

‘“ Il ne prêche que ce qu’ordonnent l'Evangile, l'Eglise ev les Pères. Notre-Seigneur a ordonné à ses apôtres de prêcher la paix. Sa règle lui commande d'ailleurs de pré-

1 — ‘* Ne pensez ni comment, ni ce que-vous devez dire..,. Car ce n'est pas vous qui parlez, mais l'Esprit de votre Père qui parle en vous.” (Matth., X, 19 et 20.)

qu’il ne ivisions

ortir, il ssion de

tout ce ; de son

lite cogrui loqui- ? C'est e, et qui

Page 1