Histoire manuscrite du séminaire de Québec
4 — Lettres des PP. Lamberville et La Chaise à Mgr de Laval, 22 mai 1702, ‘
On le voit partout au chevet des malades, dans la ville de Québec, prodiguant les trésors de sa charité, et s’efforçant de rassurer les peuples dans l’effroi général.
Bien plus, c’est précisément dans cette année de maladie qu’il monte à Montréal pour y porter les secours de son ministère.
Le gouverneur, M. de Callière, tombe bien malade d’un vomissement de sang, dans la cathédrale même, pendant la grand’messe, le jour ce l’Ascension 1703. On le transporte immédiatement au château Saint-Louis, et Mgr de Laval s’empresse d'aller le visiter, afin de rendre agréable à Dieu la mort de ce bon gouverneur.
‘Il mourut le 26 mai, dit Ferland 1, laissant la réputation d’un excelent général, d’un homme intègre et d’un
véritable ami du pays, où il avait passé une partie de sa
vie 2.”
1 — Cours d'histoire du Canada, t. IT, p. 347.
2 — Le marquis de Vaudreuil, qui lui succéda, était le 9e gouverneur que voyait Mgr de Laval. M. de Beauharnois avait été envoyé au Canada l’année précédente (1702), pour remplacer M. de Champigny comme intendant. C’était le 7e intendant, du temps de Mgr de Laval. Voici le portrait qu’en faisait M. Tremblay :
‘ Il est d’une famille fort amie de M. de Brisacier. Il nous a paru avoir envie de bien faire.... Il est jeune, bien fait, et est séparé de sa femme ; mais il paraît sage, a envie de s’avancer, et ce n’est pas sa faute s’il n’est pas avec Mme son épouse.
‘* Nous lui avons donné à dîner, conjointement avec Mgr l’évêque de Québec. Les jésuites lui en donnent aussi à leur tour. MM. de Saint-Sulpice l’ont aussi fait.
‘* Il a l'oreille du ministre ; ila de l'esprit; il paruît bien intentionné.
‘Il est d’une famille qui n’est pas jésuite ; car Mme sa sœur est la grande dévote de l'Oratoire à Orléans. Il saura cependant ménager les Jésuites, d'autant plus qu’il sait que le Ministre les aime. Mgr l’évêque
ouverpnvoyé
ampigr de
a paru aré de pas sa
Svèque M. de
intenest la
ger les svêque
S'agit-il de faire plaisir aux communautés religieuses, en assistant à leurs fêtes, le saint vieillard est toujours prêt. Quelquefois même, il veut y officier, malgré son grand âge, afin de rehausser l’éclat de leurs solennités.
‘ À la fête de sainte Madeleine (1704), disent les annales de l’'Hôpital-Général, nous avons eu la consolation de voir Mgr de Laval officier pontificalement le matin et le soir... T1 était accompagné d’un clergé nombreux tant du séminaire que des missions circonvoisines...
‘ On regarda cette faveur comme une marque de l’affection qu'avait ce saint prélat pour notre établissement, car il n'officiait jamais hors de la cathédrale; encore ne l'y faisait-il que très rarement, à cause de sa grande vieillesse, Il avait alors plus de quatre-vingts ans.
‘ La présence d’une personne aussi vénérable par son caractère, ses vertus et son grand âge, releva beaucoup cette fête.
‘ Il donna aux religieuses de grandes marques de sa bienveillance, dans la visite qu'il voulut bien leur rendre à la salle de communauté !, ”
Qui n’admirerait en cette circonstance la bonté de Mgr
de Laval et son attention à faire plaisir à son successeur,
de Québec l’a prié dé ne pas se livrer à la Congrégation, et de se réserver pour la messe de paroisse,
‘Il a promis de vous aider en tout ce qui dépendrait de lui. Nous lui avons fait remarquer qu’il peut vous gratifier en bien des manières. ”
M. de Boauharnois, aussi bien que M. de Callière, montra beaucoup d'amitié aux MM. du séminaire de Québec ; et M. de Champigny continua de leur être très utile à Paris.
1 — Mgr de Suint-Valier et l'Hôpital-Gneral de Québec, p. 187.
HT [8 SN 4 x | M? 1 AIT H : , F "2% 1 pe 1Y :
14 Ÿ } - | ; $ | î Ja ; | À | 118 |
Mgr de Saint-Valier ? Il sait que l'Hôpital-Général est son œuvre favorite, qu’il lui a voué sa fortune, son cœur et sa vie. Eloigné de ses enfants, et retenu en Europe, il n’a pas le bonheur de célébrer avec elles cette fête si touchante de la Sainte-Madeleine. Mgr de Laval veut bien le remplacer, dans le double but, sans doute, et de consoler les religieuses, et de faire plaisir à leur pieux fondateur.
Du reste, Mgr de Saint-Valier continuait à être dans les meilleurs termes avec les messieurs du séminaire de Québec, et avec leur représentant à Paris, M. Tremblay. Le temps et l'expérience lui avaient clairement démontré qu’il ne pouvait avoir de meilleurs soutiens de son autorité que ces prêtres si désintéressés et si vertueux. Dans l'affaire de l’'Hôpital-Général, MM. de Maiïizerets et Glandelet ne l’avaient pas moins appuyé que Mgr de Laval.
Au printemps de 1703, après son retour de Rome, il dit à M. Tremblay qu’il en était bien revenu de ses anciennes préventions contre l’union des cures au séminaire de Québec, et qu’il avait même formé le dessein de donner à cette maison le soin de toutes les paroisses depuis le lac Saint-Pierre jusqu’à la baie Saint-Paul et à la Rivière- Ouelle, et qu’il s’efforçait de faire consentir M. L’Echassier, supérieur de Saint-Sulpice, à ce que le séminaire de Montréal se chargeñt de toute la partie supérieure du diocèse.
C'était le seul moyen, disait-il, d’avoir de bons sujets, et de se débarrasser des récollets, qui ne cherchaient que les dîmes, et qui abandonnaient un endroit dès qu’ils n’y recevaient plus rien.
1 dit à ennes e de bner à le lac vièrechasre de e du
ets, et ue les ls n’y
Il offrait, du moins, au séminaire de Québec les paroisses de Charlesbourg et de la Pointe-Lévi 1, avec celles qui sont situées en descendant le fleuve et dans l’île d'Orléans, ainsi que les cures de l’île Jésus.
Il ne demandait que des sujets, et promettait de pourvoir à leur subsistance, en y affectant une large part des 8000 francs de supplément accordés par le roi.
M. Tremblay, qui connaissait par expérience le caractère variable du saint évêque, se contenta de répondre qu’il en écrirait aux MM. du Canada pour savoir leur opinion.
Peu de temps après, le jour de la Pentecôte, Mgr de Saint-Valier lui fit de nouvelles confidences. Il lui dit combien il était content des MM. du séminaire de Québec, qui l'avaient appuyé d’une manière si généreuse dans ses difficultés au sujet de l’Hôpital-Général. Sa reconnaissance pour le séminaire était sans bornes. Il désirait leur être uni pour toujours, et remplacer à leur égard Mgr de Laval, quand Dieu le retirerait du monde.
Puis il faisait de nouvelles instances pour que le séminaire de Québec se chargeât d’une vingtaine de cures, espérant, disait-il, que les MM. de Saint-Sulpice en feraient autant. Et alors il serait content de voir tous les ecclésiastiques s’agréger au séminaire ?.
Que de chemin les idées de Mgr de Saint-Valier avaient fait depuis quelques années! Après tout, le plan de Mgr
1 — La Pointe-Lévi doit son nom à Henri de Lévi, duc de Ventadour, qui succéda en 1625 au duc de Montmorency, comme vice-roi de la Nouvelle-France. Ce dernier donna son nom à la rivière et aux chutes Montmorency.
2 — Histoire manuscrite du séminaire de Québec.
de Laval devait être bien sage et bien adapté aux besoins particuliers d’une Eglise naissante, puisque son successeur y revenait de lui-même, après l'avoir brisé de fond en comble, et qu’il souhaitait de rétablir l'union du clergé au séminaire.
D'un autre côté, c'était sans doute la divine Providence qui avait dirigé l’action de Mgr de Saint-Valier, et lui avait fait remettre le diocèse sur le pied de toutes les Eglises ordinaires.
Le séminaire de Québec avait pris son parti du nouvel état
de choses, et ne se soucia guère de voir revivre l’ancienne union des cures. Ilse trouvait alors dans des embarras financiers assez sérieux ! ; et, pour compliquer ces embarras, deux grands malheurs vinrent fondre presque coup sur coup sur cette vénérable institution : nous voulons parler des deux incendies qui détruisirent complètement le séminaire, à cette époque, et répandirent une si grande tristesse sur les dernières années de Mgr de Laval. Ces deux incendies feront le sujet du chapitre suivant.
1 — 200e anniversaire de la fondation dir séminaire de Québec, p. 42 ct 44,
oins seur
d en é au
lence avait rlises
1 état lenne ATTAS axTAS, p sur parler sémistesse ncen-