Lettre de Mgr de Laval à la Propagande, octobre
leur sang. Appuyée sur de pareils sr , notre Eglise a bien raison de se réjouir: on pe’ dire qu’e.le est ‘ fondée sur le fondement des apô et placée dans de ‘ gras pâturages 1, ”
‘ Vraiment, que ferions-nous, si ces auxiliaires nous manquaient, et si nous étions laissés à nos propres forces ? Comment sans eux la parole de l'Evangile pourrait-elle pénétrer dans nos missions les plus lointaines ? N’aurait-
on pas raison de nous adresser le reproche des saintes
Ecritures: ‘‘ Les petits enfants ont demandé du pain, et il
‘n’y avait personne pour leur en donner ?? ”
‘ Oui, sans aucun doute, la parole de Dieu resterait muette dans nos forêts, et l’on y verrait une foule innombrable, privée de ce pain céleste, mourir de faim.
‘Je ne puis donc que me féliciter, auprès de votre Paternité, d’avoir avec moi de tels collaborateurs, des auxiliaires si dévoués, qui s'occupent avec tant de zèle des affaires de cette Eglise.
‘ Continuez, je vous en conjure, de nous témoigner votre affection en envoyant des ouvriers évarngéliques à cette jeune Eglise du Canada. Je me recommande à vos saints sacrifices et à ceux de vos pieux religieux 5.”
Il est évident, par la lecture de cette lettre, que les jésuites avaient eu des craintes sérieuses pour leurs mis-
1 — Ephés., II, 20 ; Ps. XXII, 2.
2 — Lumenutations de Jérémie, IV, 4.
3 — Lettre de Mgr de Laval au géueral de la Cuipaguie de Jésus, octobre 1676.
lise est \ de
ous es ?
elle raitntes et il
rait om-
iterires s de
otre ette
nts
les nis-
sus,
sions, par suite du retour des récollets au Canada. Malgré toute la confiance qu'ils avaient en Mgr de Laval, n’avaientils pas lieu d'appréhender la présence de ces nouveaux religieux, qui allaient peut-être les déranger dans leurs travaux, tout en voulant en partager les fatigues et les mérites ?
Le prélat les rassure : il ne peut se passer du concours des jésuites; leur collaboration lui est absolument indispensable ; il ne peut être aucunement question de leur enlever même la plus petite partie de leurs missions sauvages. Il leur conserve d’ailleurs une reconnaissance éternelle.
Mais la moisson est immense. Il y a encore place pour de nombreux ouvriers évangéliques dans la vigne du Seigneur. Le prélat saura mettre à profit le zèle des récollets.
Déjà quelques-uns sont partis pour la mission de Percé, avec l’autorisation de M. de Bernières, au printemps de 1675. Dans l’automne de l’année suivante, Mgr de Laval leur adjoint le P. Chrétien Leclerc !; et il donne aussi des vouvoirs au P. Claude Moireau pour la mission de la rivière Saint-Jean.
Il envoie en même temps le P. Limosin aux Trois- Rivières, avec pouvoir d’y exercer toutes les fonctions curiales.
1 —- L'auteur du livre intitulé : Premier établissement de La Foi dans Le norveanr morte,
RER On mr mm 1 done