‹ Vie de Mgr de Laval [microforme]Chapitre 112 sur 163 · RÉ LEE · texte numérisé non relu

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M. Gaudais-Dupont d’aller prendre possession du Canada en son nom, ainsi que les instructions qui y étaient annexes (7 mai 1663). Le Conseil en ordonna l'enregistrement, et ce fut là le premier acte de son existence.

M. Gaudais ! avait instruction de s'informer des besoins de la colonie, de faire des recherches sur la population, le défrichement des terres, la traite des pelleteries, l’administration de la justice, l'emploi des deniers publics. Ce dernier article lui avait été particulièrement recommandé, sur les représentations de la compagnie des Cent associés. Il devait s'enquérir des accusations que Péronne

Dumesnil avait portées contre plusieurs des principaux citoyens du Canada.

‘ Mais lorsqu'il eut vu à Québec, dit Ferland, le sieur

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Péronne Dumesnil, il comprit que ses prétentions, bâties

sur des arguties de palais, n'avaient aucun fondement

réel, et il refusa de s’en occuper ?.

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Mgr de Laval, qui n'avait pas hésité à recommander che

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durs

pour les charges du Conseil quelques-uns de ces citoyens,

dont il connaissait la probité et la vertu, dut se sentir sou-

lagé, lorsqu'il apprit la décision de M. Gaudais. La seule

observation qu'avait faite à leur sujet le commissaire royal,

c’est ‘‘ qu'ils étaient illettrés, et qu’ils avaient peu d’expt-

rience et d'aptitude pour les affaires.” Maïs l’évêque et le

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1 — M. Gaudais-Dupont, d’après une chronique déjà citée, était uil ‘* fort ge homme et fort judicieux.” (Union Libérale de Quéhec, À novembre 1889.) Poe 2 — Ferland, t. I, p. 600. à en 1

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gouverneur avaient choisi ce qu’il y avait de mieux, dans le temps.

M. Gaudais fit faire le recensement de la colonie, exigea de tous les habitants le serment de fidélité au roi, porta plusieurs ordonnances sur la police et la justice, et prépara des mémoires sur les diverses plaintes qu’avaient faites le gouverneur et le clergé.

‘ Il le fit en honnête homme, dit Latour ; tout le monde fut satisfait, et les démélés furent apaisés. Le commissaire s’en retourna Ja même année, selon les ordres de la Cour.”

La Mère de l’Incarnation, après avoir parlé de l’œuvre bienfaisante de M. Gaudais, ajoute :

‘ Dans les règlements qui ont été faits, Québec se nomme ville, et la Nouvelle-France, province ou royaume. L'on a élu un maire et des échevins; et généralement tous les officiers, qui sont gens d'honneur et de probité, ont été faits par élection. On remarque entre tous une grande union. Mgr l’évêque et M. le gouvexneur sont nommés les chefs du Conseil 1... M. notre gouverneur, qui se nomme M. de Mésy, est un gentilhomme de Nofmandietrès pieux et très sage, intime ami de feu M. de Bernières, qui, durant sa vie, n’a pas peu servi à le gagner à Dieu ?. ”

Hélas! nous verrons bientôt que cette belle union ne dura pas longtemps, que M. de Mésy ne réalisa pas les espérances qu'il avait fait concevoir, qu’il se rendit coupable d’injustice à l’égard des mêmes officiers dont Marie

1— Notons ces paroles de Marie de l'Incarnation, hs reflètent bien l'opinion publique sur la situation nolitique faite à Mgr de Laval. 2 — Lettre historique 67e,

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de l’Incarnation vante ici l'honneur et la probité, et finit par se mettre en guerre ouverte avec Mgr de Laval, son ami, à qui il devait sa position.

La commission de M. de Mésy le nommait ‘‘ gouverneur et lieutenant général dans toute l’étendue du fleuve Saint- Laurent en la Nouvelle-France, îles et terres adjacentes de part et d’autres du dit fleuve et autres rivières qui se déchargent en icelui jue qu’à son embouchure.” Il était donc gouverneur non seulement de Québec, mais de tout le pays. Aussi le Conseil souverain enjoignit-t-il ‘‘ à tous gouverneurs de places et capitaines de l’étendue contenue ès dites lettres, qu’ils aient à lui obéir, tout ainsi qu'ils feraient à Sa Majesté 1”.

M. de Mésy se crut autorisé à révoquer la commission de gouverneur de Montréal que M. de Maisonneuve tenait des seigneurs de l’île, et à lui donner, de son chef, une nouvelle commission. Mais on ne voit pas que Mgr de Laval ait pris part à cette nomination. Il concourut seulement à la faire enregistrer au Conseil souverain. Les prêtres de Saint-Sulpice firent valoir le droit qu’ils prétendaient avoir, comme seigneurs de Montréal, d'en nommer le gouverneur. La nouvelle commission de M. de Maisonneuve fut enregistrée, mais seulement en attendant que le roi se füt prononcé sur la justice de leurs prétentions”. Trois ans après, on leur reconnut le droit de nommer le gouverneur de Montréal.

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